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Vatican : enquête sur de possibles malversations sur des dons réinvestis dans le luxe

La justice vaticane enquête sur le circuit d’achat opaque d’un immeuble de luxe londonien financé grâce aux dons à l’Église.

Une enquête sur de possibles malversations sur des dons réinvestis dans le luxe est en cours au Vatican
Une enquête sur de possibles malversations sur des dons réinvestis dans le luxe est en cours au Vatican Crédit : Vincenzo PINTO / POOL / AFP
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
et AFP

C'est une affaire qui vient perturber le Saint-Siège. La justice vaticane enquête sur le circuit d'achat opaque d'un immeuble de luxe londonien financé grâce aux dons à l'Eglise, nouvelle affaire délicate touchant aux finances du Vatican qui a vu le pape limoger le chef de la gendarmerie chargé du dossier.

Gestion discutable des dons destinés aux pauvres ou règlements de comptes au sommet du Vatican? L'enquête, commencée durant l'été, pointe "de graves indices de malversations, fraude, abus de fonction et blanchiment", selon le mandat de perquisition publié par le magazine italien L'Espresso. Tout semble confirmer que le pape François a des difficultés à imposer sa réforme de transparence financière au sommet du Saint-Siège.

Cinq personnes, dont le numéro deux de l'autorité anti-blanchiment et un prélat, ont été "suspendues par précaution" de leurs fonctions dans le cadre de l'enquête, a ensuite révélé une affichette à usage interne de la gendarmerie vaticane, portant leurs photos et noms, tels des repris de justice. Selon son porte-parole, le pape aurait peu apprécié cette méthode bafouant "la présomption d'innocence".

Une enquête à la demande du pape

Les fuites de documents, distillées en trois vagues de plus en plus détaillées, qui font également l'objet d'une enquête à la demande du pape, sont toutes arrivées entre les mains du journaliste d'investigation Emiliano Fittipaldi, du magazine italien L'Espresso
Il avait déjà publié des documents volés sur les pratiques financières internes du Saint-Siège dans un vaste scandale baptisé "Vatileaks II" en 2015, qui avait conduit à un procès et à la condamnation d'un prélat espagnol pour avoir divulgué les papiers secrets.

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Dans le viseur des enquêteurs aujourd'hui, les 650 millions d'euros de fonds à disposition de la Secrétairie d'Etat en 2019, "provenant en majeure partie des dons reçus par le Saint-Père pour des oeuvres de charité et le fonctionnement de la Curie romaine", dont le célèbre "Denier de Saint-Pierre", indique le mandat de perquisition. Environ 500 millions d'euros de cette cagnotte ont été confiés ces dernières années à la banque Crédit Suisse chargée de les réinvestir.

L'enquête est partie d'un signalement de l'Institut pour les oeuvres religieuses (IOR), la "banque du Vatican", à qui la Secrétairie d'Etat demandait sans trop d'explications en 2018 un versement de 150 millions d'euros pour boucler le rachat final d'un immeuble dans le chic quartier londonien de Chelsea (17.000 m2 transformés en une cinquantaine d'appartements de luxe). L'opération est évaluée à 200 millions d'euros au total.

Une première participation avait été prise dans le projet en 2014 via un fond luxembourgeois géré par la holding d'un homme d'affaires italien, Raffaele Mincione, qui au final aurait fait une plus-value juteuse. La gestion financière peu avantageuse, via la Suisse et le Luxembourg, a incité le Vatican quatre ans plus tard à y mettre fin en rachetant l'ensemble de l'immeuble londonien, et en cédant ensuite le contrôle à un autre financier basé à Londres, Gianluigi Torzi, selon des éléments de l'enquête.

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