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L'ombre du Premier ministre du Parti national écossais (SNP), John Swinney, est visible lors d'une conférence de presse à Édimbourg, en Écosse, le 25 mai 2026.
Crédit : ANDY BUCHANAN / AFP
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L'union des quatre nations composant le Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles, Écosse et Irlande du Nord) est-elle en train de s'effilocher ? D'après les informations du journal The Telegraph de ce dimanche 13 septembre, les trois premiers ministres pro-indépendantistes de trois provinces britanniques ont prévu de se rencontrer lundi, à Cardiff, pour "déclencher l'éclatement du Royaume-Uni", comme l'écrit le quotidien.
Pour la première fois, trois partis nationalistes dirigent les trois provinces du Royaume-Uni. En 2024, Michelle O'Neill est devenue la première militante républicaine à prendre les rênes du gouvernement nord-irlandais pour le compte du parti Sinn Féin, autrefois lié au groupe terroriste IRA.
En mai, les électeurs écossais et gallois ont placé en tête des élections régionales des partis pro-indépendance : le SNP (Scottish National Party) en Écosse, déjà au pouvoir depuis 2007, et Plaid Cymru au Pays de Galles, une grande première.
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"Chaque nation de ces îles se trouve à un moment charnière (...). Il n'y a pas de signe plus clair que le statu quo n'est pas viable et que Westminster doit se préparer à un avenir post-Royaume-Uni", a déclaré dimanche John Swinney, le patron du SNP reconduit à la tête de l'exécutif écossais en mai.
D'après le Telegraph, les trois leaders signeront un protocole d'accord à Cardiff, la capitale galloise, et demanderont le droit d'organiser des référendums d'indépendance concernant l'Écosse et le Pays de Galles, et un référendum de réunification de l'Irlande pour l'Irlande du Nord, où une frange de la population réclame une fusion avec la République d'Irlande.
Les règles constitutionnelles pour organiser des référendums d'autodétermination sont très strictes au Royaume-Uni. En Irlande du Nord, un petit bout de terre secoué par trente ans de guerre civile entre 1968 et 1998, l'organisation d'un référendum est encadrée par l'accord de paix du Vendredi saint. Le secrétaire d'État à l'Irlande du Nord peut organiser un vote s'il apparaît probable qu'une majorité en faveur d'une réunification de l'Irlande existe. Tout dépend ainsi des sondages.
En Écosse, il faut que le Parlement britannique donne son accord pour organiser un nouveau référendum. Lors du dernier, en 2014, le "Non" à l'indépendance l'avait emporté avec 55% des voix. Au lendemain des élections régionales de mai, le leader indépendantiste avait appelé à organiser un nouveau référendum d'ici 2028.
Drapeau de l'Écosse (illustration)
Crédit : Julien Ortet Flikr
Dans tous les cas, l'organisation d'un scrutin sur l'autodétermination doit passer par Londres. Si le Labour (Parti travailliste), au pouvoir depuis 2024, a fait campagne sur le maintien d'une union forte entre les quatre nations, rejetant l'idée de tout nouveau référendum, son nouveau dirigeant, Andy Burnham, est moins catégorique sur la question.
Le Premier ministre avait dans un premier temps indiqué qu'un référendum en Écosse était "hors de question". Mais, pour lui qui a fait de la décentralisation du pouvoir une de ses marques politiques, a finalement dit mercredi dernier qu'un nouveau vote était possible s'il y avait un "consensus clair" sur la question. Le modèle serait donc similaire à celui de l'Irlande du Nord : si une majorité en faveur d'un changement constitutionnel semble se dégager, alors un référendum pourrait être organisé.
Un revirement au 10 Downing Street qui fait les affaires des trois dirigeants pro-indépendantistes des trois provinces britanniques, dopés par les conséquences politiques et économiques du Brexit. John Swinney, du SNP, vise 2028 pour l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse, meilleur moyen selon lui de faire barrage à l'extrême droite de Nigel Farage.
Rhun ap Iorwerth, le nouveau Premier ministre du Pays de Galles, est moins vindicatif dans ses désirs de liberté. S'il a fait campagne sur l'indépendance avant les élections de mai, il plaide aujourd'hui plutôt pour une plus grande autonomie de sa province. "Nous sommes une nation, pas une région d'Angleterre", a-t-il rappelé dimanche dans les colonnes du Guardian. "Nos besoins sont différents. Nous collaborerons étroitement avec le gouvernement britannique pour définir ce que signifie l'autonomisation des communautés."
La co-dirigeante du parti républicain irlandais Sinn Féin, Michelle O'Neill, à Belfast le 17 octobre 2022.
Crédit : PAUL FAITH / AFP
Pour la Première ministre d'Irlande du Nord, Michelle O'Neill, un référendum sur la réunification irlandaise est "tout à fait envisageable" d'ici 2030. La cause républicaine irlandaise a d'ailleurs trouvé un allié inattendu en la personne de Donald Trump, qui, samedi, au détour d'un déplacement en Irlande pour faire du golf, a estimé que l'Irlande réunifiée serait "fantastique".
Si leurs horizons sont différents, l'objectif de ces dirigeants nationalistes est le même : s'éloigner de Londres. Lundi, à Cardiff, John Swinney, Michelle O'Neill et Rhun ap Iorwerth acteront le début de la désunion du Royaume-Uni.
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