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Tchernobyl vue par les archives du KGB : comment la culture du secret en URSS a participé à la catastrophe

PODCAST - Dans son nouveau livre "Le KGB à Tchernobyl", l’historienne Galia Ackerman montre, à partir des archives des services de renseignement soviétiques, comment la culture du secret en URSS, a participé à la catastrophe du 26 avril 1986.

La centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, le 26 avril 2022

Crédit : Sergei SUPINSKY / AFP

La rédaction numérique de RTL

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Culture du secret, déni des autorités, et failles d'un système... Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986, l'historienne Galia Ackerman éclaire le pire accident nucléaire de l'histoire d'une lumière nouvelle dans son livre Le KGB à Tchernobyl (Editions Premier Parallèle). À travers les archives des services de renseignements de l'époque, la spécialiste de la Russie soviétique montre comment le poids de l'URSS a pesé dans chaque étape de l'accident. 

Déjà, les fragilités techniques du nucléaire soviétique étaient connues, bien avant l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl, mais passées sous silence. En 1957, à Mayak, dans l'Oural, "il y a eu un accident nucléaire grave où les matières fissiles (ndrl : radioactives) se sont déversées dans la rivière des environs", explique Galia Ackerman dans le podcast RTL Tchernobyl - 1986 -2026, une bombe à retardement

"Cet accident est devenu un objet d'étude scientifique, biologique, des conséquences sur les humains, sur la faune, sur la flore, etc... Imaginez-vous que ces résultats n'ont pas été communiqués dans les autres centrales, parce que tout était frappé du sceau du secret". 

Et ce n'est pas le seul incident inquiétant qui préfigure la catastrophe. En 1975, à Leningrad, dans une centrale équipée du même type de réacteur, le cœur était devenu instable lors d’un fonctionnement à basse puissance. Une information capitale, qui, là encore, ne circulera pas avant l’accident de la centrale de Tchernobyl. 

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"Un sabotage", pour le KGB

Même après l'explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl, les autorités soviétiques et le KGB ne prendront pas toute de suite la mesure de l'accident. " Mikhail Gorbatchev (ndlr : président de l'Union soviétique) est informé très tôt le matin. Viktor Brukhanov lui-même, le directeur de la centrale, à ce moment-là, n'est pas du tout convaincu que c'est le réacteur qui a explosé. Donc, il constate des fonds de radiation qui très fort, mais son premier rapport, très laconique, cité par le KGB, est aussi assez optimiste. Les niveaux de radiation sont sous contrôle. On pourra remettre vite la centrale en marche, etc... C'est-à-dire que c'est totalement fou". 

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Le lendemain de la catastrophe, le 27 avril, la cellule locale du KGB, se fend même d'un rapport "où elle explique dans un langage purement bureaucratique comment, pendant trois ans, ils ont très bien travaillé", explique l'historienne, "comment ils ont élaboré des plans contre l'incendie et le plan pour accroître la sécurité de la centrale, pour empêcher que les étrangers ne puissent jamais pénétrer dans l'enceinte de la centrale. (...) Parce que pour eux, c'était clairement un sabotage. Ils voulaient se prémunir et prouver qu'eux, ils n'avaient pas défailli."

Devant ce déni et la paranoïa du régime, il faudra ainsi attendre 36 heures pour évacuer la ville voisine de Pripyat. Le monde, lui, ne sera informé que le 28 avril, alors que le nuage de Tchernobyl survole déjà l'Europe du nord. 

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