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3 min de lecture
Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon
Crédit : AFP
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La saison des meetings des candidats à l'élection présidentielle a débuté. Gabriel Attal a ouvert le bal le 30 mai, puis Jean-Luc Mélenchon le 7 juin à Saint-Denis. Raphaël Glusckmann, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature à l'élection présidentielle, tiendra son grand rendez-vous le 13 juin.
Ces démonstrations de force incarnent les temps forts d'une campagne. L'objectif est de marquer les esprits. L'enjeu est tel que les équipes des candidats n'hésitent pas à s'espionner les unes les autres.
Cas concret au meeting de Gabriel Attal le 30 mai. Deux spectateurs pas comme les autres s'étaient faufilés incognito parmi les militants Renaissance.
Dans la salle, le premier, un haut cadre du RN, a été repéré par les équipes de Renaissance, d’emblée dès les contrôles de sécurité. Un petit message dans les boucles internes a donné l’alerte. Mais le deuxième a réussi à passer sous les radars des lieutenants de Gabriel Attal : un stratège de Bruno Retailleau.
Ce dernier s’est notamment donné pour mission de compter les chaises : 2.400, selon ses calculs savamment répercutés aux journalistes, alors que le star de Renaissance a revendiqué 5.000 participants.
Les Républicains préfèrent le terme "observateur" à celui d'espion, mais ils assument la démarche. Et ils sont loin d’êtres les seuls. LFI enverra ses éclaireurs au rassemblement de Raphaël Glucksmann le 13 juin. "On y va pour observer l'organisation, voir comment ils sont autonomes sur la sécurité, le placement, dit-on à RTL. C'est normal, ça s'est toujours fait". Mais par précaution, les partis préfèrent envoyer des visages inconnus de leurs adversaires. On est espion ou on ne l’est pas.
L'équipe de Gabriel Attal a aussi fait - discrètement, ben sûr - passer le mot à des stagiaires ou des militants : "Si vous êtes disponibles, ce serait bien de suivre les meetings des autres, a minima, à distance ou d'aller sur place". "C’est toujours intéressant de voir ce que les autres font et de pouvoir comparer. On a assez de militants et de ressources pour glisser des yeux et des oreilles", souffle-t-on dans les couloirs du parti.
Chez Horizons, les consignes ne sont pas aussi claires. "Je serais tenté de te dire que oui. Les meetings sont pas des exercices confidentiels", glisse un habitué du QG. Un autre jure que "c’est pas trop dans l’ADN du parti" d’envoyer des espions. Mais pour ajouter aussitôt : "On serait fous de ne pas regarder ce qui se fait ailleurs. C’est sûr qu’il y a une remontée d’infos sur tous les meetings, parce que c’est du bon sens". Au QG d’Edouard Philippe, on scrutera donc aussi tout cela avec attention. Notamment pour savoir qui s’assiéra au premier rang chez Bruno Retailleau.
Il faut dire que tous ces candidats jouent très gros. Comme le dit un proche d’Emmanuel Macron, artisan de sa campagne de 2017 : "Comme il y a beaucoup de candidats, il y a besoin d’écrémer. Et si vous n’êtes pas capable de faire un meeting, ça écrème".
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