3 min de lecture Boko Haram

Tchad : double attentat-suicide meurtrier à N'Djamena

Deux attaques simultanées, visant la police et portant la signature de Boko Haram, ont fait au moins 23 morts dans la capitale ce lundi.

Des soldats tchadiens dans le nord du Nigeria le 25 mai 2015 (illustration).
Des soldats tchadiens dans le nord du Nigeria le 25 mai 2015 (illustration).
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Les deux attentats n'ont pas encore été revendiqués, mais ils portent la signature de Boko HaramLe Tchad, en première ligne dans la guerre contre les islamistes armés nigérians, a été frappé ce lundi 15 juin par un double attentat-suicide très meurtrier. 

23 personnes ont été tuées et 101 blessées dans les deux attaques contre le commissariat central de N'Djamena et l'école de police, indique le gouvernement tchadien dans un communiqué. Quatre terroristes ont également été tués. Un responsables de la police de N'Djamena a indiqué à l'AFP que deux kamikazes avaient attaqué simultanément le commissariat et l'école de police, où se trouvaient de nombreux stagiaires en formation.

Cellule de crise

Bien que les attentats n'aient pas été revendiqués, les autorités pointent du doigt Boko Haram. Selon une source policière, le modus operandi des assaillants porte la marque du groupe islamiste armé nigérian. 

Mais "cette attaque ne découragera pas le Tchad de combattre ces bandits et le gouvernement poursuivra la lutte contre les criminels", assure ce dernier. 

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Face à un type d'attentats inédits dans la capitale tchadienne, le gouvernement annonce également la création d'une "cellule de crise" et interdit de circulation les véhicules aux vitres fumées. 

La sécurité avait été renforcée

Après les attaques, de nombreuses forces se sont déployées dans la ville, où les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées depuis plusieurs mois, face à la menace d'attaques de Boko Haram.

Le gouvernement a tenu une réunion de crise sur ces attentats sans le président Idriss Déby Itno, attendu dans la journée à N'Djamena. Il revient d'Afrique du Sud, où il participait au sommet de l'Union africaine

Soutien de la France

La France, l'ancienne puissance coloniale, a rapidement condamné ces attaques meurtrières et assure le Tchad de son "soutien dans la lutte contre le terrorisme". "La France condamne les attaques perpétrées le 15 juin contre le commissariat général et l’école de police de N’Djamena", a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay. 

Le Tchad est un allié de poids pour Paris, dans la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique sahélienne. L'armée française a établi à N'Djamena l'état-major de son opération Barkhane de lutte contre ces groupes. 

Au premier rang de la lutte contre Boko Haram

Après le Mali, le président Déby a engagé son armée en février au Nigeria contre les islamistes nigérians, dont le chef Abubakar Shekau a menacé à plusieurs reprises de s’en prendre aux intérêts tchadiens.

En effet, depuis février, l'armée tchadienne participe en première ligne à une opération militaire régionale visant à chasser Boko Haram de pans entiers de territoire qu'il occupe dans le nord-est du Nigeria

Fer de lance dans la guerre contre le groupe islamiste, le Tchad - comme le Cameroun voisin, lui aussi engagé dans la guerre contre Boko Haram - redoutait depuis des mois des attaques de ce genre sur son sol.

Une force régionale pour contrer les islamistes

N'Djamena ne se trouve qu'à une cinquantaine de kilomètres du nord-est du Nigeria, où sévissent les islamistes. Mais la ville, où est basé un important contingent militaire français, est relativement sûre et quadrillée par les forces de sécurité et les services de renseignements tchadiens. 

Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun et Bénin ont convenu le 11 juin, lors d'un sommet à Abuja, de mettre sur pied une force régionale, dans le but de mieux lutter contre Boko Haram, désormais affilié au groupe jihadiste État islamique. 

Cette MNJTF (son acronyme anglais), forte de 8.700 hommes, aura son quartier général à N'Djamena, sous commandement nigérian.

5.000 soldats tchadiens engagés

Le parlement tchadien a aussi approuvé, le 20 mai, une prolongation de l'intervention militaire contre Boko Haram. 

Selon des sources militaires tchadiennes, environ 5.000 soldats tchadiens sont engagés dans la lutte contre Boko Haram. En avril, N'Djamena avait déploré la mort de 71 soldats dans le cadre de cette opération. 

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Tchad : double attentat-suicide meurtrier à N'Djamena
Tchad : double attentat-suicide meurtrier à N'Djamena
Deux attaques simultanées, visant la police et portant la signature de Boko Haram, ont fait au moins 23 morts dans la capitale ce lundi.
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2015-06-15 17:19:00
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