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Syrie : "La France a une absence totale de vision", dit un spécialiste du Moyen-Orient

INVITÉ RTL - Le spécialiste du Moyen-Orient, Frédéric Pichon, est revenu sur la prise de la ville stratégique de Palmyre par l'État islamique en Syrie jeudi 21 mai.

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Syrie: "La France a une absence totale de vision", dit un spécialiste du Moyen-Orient Crédit Image : Sana/AFP | Crédit Média : Christophe Pacaud, Agnès Bonfillon | Durée : | Date : La page de l'émission
Christophe Pacaud
Christophe Pacaud et Agnès Bonfillon

Un constat sévère. Frédéric Pichon, chercheur et consultant en géopolitique spécialiste du Moyen-Orient et auteur du livre Syrie, pourquoi l'occident s'est trompé (éditions du Rocher), n'est pas tendre avec la politique française au Moyen-Orient. Jeudi 21 mai, le groupe jihadiste État islamique (EI) s'est emparé de la ville de Palmyre en Syrie après avoir conquis celle de Ramadi en Irak, deux victoires significatives qui lui ont permis d'élargir sa zone d'influence de part et d'autre de la frontière.

Le spécialiste a confirmé que cette défaite est la "perte d'un symbole et d'un endroit stratégiquement important pour le régime syrien". "Cela ouvre la voie du désert syrien pour Daesh et la voie vers Damas (la capitale), précise-t-il. C'est un coup dur pour l'État et le gouvernement syrien."

Je ne pense pas pas que la destruction du patrimoine soit l'objectif de Daesh

Frédéric Pichon, spécialiste du Moyen-Orient
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De nombreuses personnalités du monde entier, dont la présidente de l'Unesco, ont appelé à sauver le patrimoine culturel de la cité antique, mais les jihadistes ne comptent pas forcément le détruire. "Je ne pense pas pas que la destruction soit leur objectif mais plutôt la prise de la garnison, les pipelines et la prison", rectifie Frédéric Pichon.

La stratégie d'affaiblissement de l'état syrien va nous revenir en pleine figure un jour où l'autre.

Frédéric Pichon, spécialiste du Moyen-Orient
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Frédéric Pichon est assez critique concernant la politique de la France de ces dernières années. "Au moment où on s'aperçoit que l'État islamique est aux portes du pouvoir dans la région, enfin on se pose la question de savoir s'il ne faudrait peut-être pas que, malgré ses défauts, cet État syrien se maintienne. Car on n'a pas de plan B. Pourquoi frapper l'EI en Irak et pas en Syrie ? La stratégie d'affaiblissement de l'état syrien va nous revenir en pleine figure un jour où l'autre."

Je crois qu'il y a une absence totale de vision, on n'a plus de politique arabe en France.

Frédéric Pichon
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"Le régime syrien est imparfait mais il faut faire des choix, poursuit-il-t-il. Et le choix est très simple, si demain l'EI ou des groupes terroristes arrivent à Damas, on a un Moyen Orient qui connaîtra des soubresauts totalement incontrôlables qui nous toucheront de toutes façons par ricochet."

Frédéric Pichon est également revenu sur les alliés de la France dans la région, et notamment l'Arabie Saoudite "qui est devenu un grand ami de la France". "En réalité on joue avec le feu, juge-t-il. On a laissé nos alliés intervenir massivement. Indirectement on a laissé faire, on a livré des armes. Je crois qu'il y a une absence totale de vision, on n'a plus de politique arabe en France. À la limite, les USA ont une vision plus claire dans la région".

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