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Syrie, Corée du Nord, Irak : ces élus français qui se rendent dans des dictatures

ÉCLAIRAGE - La délégation française qui a rencontré Bachar al-Assad n'est pas la première à se rendre dans un pays avec lequel la France n'entretient plus de relation.

Jean-Marie Le Pen et Saddam Hussein, en 1990
Jean-Marie Le Pen et Saddam Hussein, en 1990
Crédit : AFP
Romain Renner
Romain Renner

La visite inattendue de quatre parlementaires français en Syrie a provoqué une vive polémique. La France n'entretient en effet plus de relations diplomatiques avec ce pays depuis 2012 et le voyage des élus PS, UMP et UDI a été vivement critiqué.

"Cette initiative, je la condamne. Je la condamne parce qu'il s'agit d'une rencontre entre des parlementaires français qui n'ont été mandatés que par eux-mêmes avec un dictateur qui est à l'origine d'une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200.000 morts", a déclaré François Hollande en marge d'un déplacement aux Philippines.

Des parlementaires en Corée du Nord

Gérard Bapt, Jacques Myard, Jean-Pierre Vial et François Zochetto ne sont toutefois pas les premiers élus français à se rendre dans un pays avec lequel la France n'entretient aucun lien. L'existence d'un groupe d'études et de contact France-République populaire démocratique de Corée a notamment permis à des parlementaires d'effectuer plusieurs déplacement en Corée du Nord, en 2002, 2009 et 2011.

Menées par le sénateur Jean-Claude Frécon, président de ce groupe, les délégations françaises sont toutefois officielles puisqu'elles permettent d'entretenir le mince espoir d'une normalisation des relations entre la France et la Corée du Nord. Le Sénat et le Quai d'Orsay sont au courant de ces déplacements qui ont permis à ces élus de rencontrer le président Kim Yong-nam. Le site internet du Sénat a d'ailleurs mis en ligne le compte-rendu du déplacement du groupe d'études et de contact du mois de juin 2011.

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Slate précise également que Jean-Claude Frécon "est allé signer le livre de condoléances à la Délégation coréenne, au nom du groupe qu'il dirige", après le décès du chef suprême Kim-Jong-il en décembre 2011, alors que la France n'a présenté aucune condoléance à la Corée du Nord.

Jean-Marie Le Pen en Irak

En 1990, c'est Jean-Marie Le Pen, alors eurodéputé, qui se rend en Irak, où il est reçu avec les honneurs par Saddam Hussein, alors que la France ne soutient plus le dictateur qui vient d'envahir le Koweit. À la tête d'une délégation parlementaire de huit députés des droites européennes, Jean-Marie Le Pen s'affiche en pro-irakien et annonce avoir obtenu la libération d'otages. Un fait relaté dans sa biographie affichée sur le site internet du Front national.

Capture d'écran de la biographie de Jean-Marie Le Pen affichée sur le site du Front national
Capture d'écran de la biographie de Jean-Marie Le Pen affichée sur le site du Front national
Crédit : Front national

Très critiqué, Jean-Marie Le Pen répond violemment à la la classe politique, qu'il qualifie d'"ensemble de pourris qui se débat dans les problèmes de fausses factures, de détournement de fonds, qui se débat avec la crise de la jeunesse et avec beaucoup d'autres choses de ce style" et conclut : "Qu'ils s'occupent de leurs propres affaires avant de s'occuper de ce que je fais !"

La visite du président du Front national intervient cependant très peu de temps après que la France a coupé toute relation avec Saddam Hussein. Le président irakien était venu à Paris signer des accords sur le nucléaire en 1975, un an après avoir reçu Jacques Chirac à Bagdad, et considérait la France comme un allié jusqu'à la fin des années 1980. Rue89 rappelle que l'ancien chef de l'État a par la suite voulu minimiser l'importance de ces rencontres au cours desquelles les deux hommes sont apparus proches. "J’ai vu monsieur Saddam lorsqu’il était vice-président irakien, deux fois en 1974 et 1975 ou 1976. Je ne l’ai jamais revu (...) À l’époque, tout le monde avait d’excellentes relations avec Saddam Hussein".

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