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Symbole satanique, trouble bipolaire, abus sexuels : une femme doit être exécutée dans le Tennessee, une première depuis 200 ans dans l'État américain

Condamnée pour un meurtre barbare commis avec son petit ami en 1995, Christa Pike doit être exécutée ce mercredi 30 septembre. Mais cette peine est très critiquée aux États-Unis, alors que le compagnon de l'accusée n'a été condamné qu'à la prison à perpétuité.

La prison de Seysses, au sud de Toulouse.

Crédit : Antoine Berlioz / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Marine Langlois

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Le meurtre avait créé l'émoi en 1995. Cette année-là, à Knoxville dans le Tennessee (États-Unis), une jeune adolescente de 19 ans est sauvagement assassinée, un symbole sataniste est même retrouvé sur son corps mutilé. Derrière le meurtre de Colleen Slemmer, se trouvent deux autres jeunes : Christa Pike, 18 ans, et son petit ami Tadaryl Shipp, 17 ans.

Ce mercredi 30 septembre, Christa Pike doit être exécutée devenant la première femme à mourir de la peine de mort dans le Tennessee depuis 200 ans. Au niveau national, la dernière exécution d'une femme date de 2023, dans le Missouri, où une femme transgenre a été tuée pour un meurtre commis en 2003. Mais l'exécution de Christa Pike est loin de faire l'unanimité, mobilisant plusieurs organisations comme Amnesty International. 

Un meurtre horrible, un symbole satanique

Car Christa n'avait que 18 ans au moment des faits, quand elle rencontre la victime dans un camp pour jeunes en difficulté. Auprès des autorités, elle explique avoir été insultée par l'adolescente qui aurait tenté de lui voler son petit ami. Avec ce dernier, ils assassinent alors Colleen Slemmer dans des circonstances horribles, pendant qu'une troisième personne fait le guet. L'affaire est très suivie à l'époque à cause de l'âge des impliqués, de la violence des faits mais aussi du symbole retrouvé, les États-Unis étant en pleine panique satanique. 

En 1996, Christa Pike est condamnée à mort pour ce meurtre alors que son petit ami prend une peine de prison à vie, avec possibilité de libération conditionnelle. Pourquoi un tel écart des peines ? Tout simplement parce que l'adolescente est majeure au moment des faits mais que Tadaryl Shipp n'a que 17 ans. L'Américaine devient alors la jeune femme à se trouver dans le couloir de la mort. 

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Les avocats de Christa Pike ont récemment tenté, en vain, d'obtenir une grâce du gouverneur républicain du Tennessee. Ils pointent du doigt l'enfance compliquée de celle qui a aujourd'hui 50 ans, rythmée par de nombreux abus sexuels. "Tout au long de son enfance, Christa a été laissée pour compte par des personnes et des institutions qui auraient dû lui apporter de l’attention et une prise en charge adaptée. (...) Christa est aujourd’hui une femme de 50 ans pleine de remords, qui a conscience de ses actes, bénéficie d’un traitement adapté à sa maladie mentale", assurent-ils dans un communiqué relayé par le quotidien britannique The Guardian. 

Abusée sexuellement pendant son enfance

Christa Pike a été sexuellement abusée par le conjoint de sa grand-mère alors qu'elle était enfant, puis violée à 11 et 17 ans. L'Américaine a grandi dans un contexte familial compliqué : son père la battait, sa mère l'affamait... Elle a même tenté de se suicider à l'âge de 12 ans. Tous ces éléments n'ont pas été présentés par ses avocats à l'époque. 

"Ses deux avocats commis d'office n'avaient aucune expérience dans les affaires dans lesquelles l’accusé encourt la peine capitale : l'avocat principal n'avait jamais représenté une personne accusée d'un crime puni de la peine de mort et son associé n'avait aucune expérience dans le domaine des affaires de meurtre, quelles qu'elles soient", relate Amnesty International dans un communiqué. 

Ajoutant : "La veille du prononcé du jugement, ils ont changé leur stratégie et n’ont pas présenté de circonstances atténuantes, renonçant à appeler à la barre leur seul témoin pourtant spécialiste dans ce domaine (un psychologue) qui avait rédigé en trois volumes l’histoire sociale de l’enfance de Christa Pike".

Un trouble bipolaire diagnostiqué

Depuis sa condamnation, l'Américaine a également été diagnostiquée d'un trouble bipolaire et de stress post-traumatique. "J'étais une jeune de 18 ans souffrant de troubles mentaux. Il m'a fallu de nombreuses années pour prendre conscience de la gravité de ce que j'avais fait. Et encore plus pour accepter le nombre de vies que j'avais bouleversées. J'ai ôté la vie à l'enfant, à la sœur, à l'ami de quelqu'un. Ça me rend malade aujourd'hui de penser que j'ai pu commettre un tel crime", a assuré Christa Pike dans un communiqué.

De nombreuses raisons qui incitent à demander la clémence pour la quinquagénaire. "Si Christa Pike était jugée aujourd’hui, je ne pense pas qu’un jury, s’il avait connaissance des abus sexuels et de la négligence dont elle a été victime, la condamnerait à mort", a assuré à Associated Press, Robin M. Maher, le directeur du Death Penalty Information Center. 

Après le refus du gouverneur de gracier l'Américaine, elle n'a plus qu'une porte de sortie : un éventuel sursis de la Cour suprême des États-Unis. 

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