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Iran, Chine... et États-Unis : avec une hausse de 78% en un an, la peine de mort a atteint des records dans le monde en 2025

Dans son rapport annuel sur la peine de mort, Amnesty International fait état d'au moins 2.707 exécutions en 2025, soit une hausse de 78% par rapport à l'année précédente. Des chiffres inférieurs à la réalité, car certains pays, comme la Chine, refusent de communiquer les données officielles sur les condamnations à mort.

Une activiste contre la peine de mort à Singapour, le 3 avril 2022.

Crédit : Roslan RAHMAN / AFP

Laurène Rocheteau

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2.707 exécutions. Dans son rapport annuel paru ce lundi 18 mai, Amnesty International pointe du doigt une "hausse alarmante du recours à la peine de mort" dans le monde. Le nombre d'exécutions a en effet atteint son niveau record depuis 1981, et marque une hausse de 78% par rapport à 2024, où 1.518 exécutions avaient été recensées.

Un chiffre d'autant plus surprenant que le nombre de pays pratiquant encore la peine de mort est deux fois moins important qu'il y a 45 ans : en 1981, 34 pays avaient ainsi appliqué la peine de mort, contre 17 en 2025. À ce jour, 113 pays ont totalement aboli la peine de mort, tandis que 86 États l'appliquent encore.

Si parmi ces pays se trouvent des États aux régimes répressifs où la peine de mort est utilisée comme un moyen "de réduire au silence la dissidence", d'autres pays pourtant attachés aux droits de l'Homme se placent assez haut dans le classement d'Amnesty International : les États-Unis réapparaissent ainsi parmi les cinq principaux pays à avoir recouru à la peine de mort en 2025.

Un niveau record aux États-Unis

Avec 47 exécutions (un chiffre certes loin derrière les 2.159 recensés en Iran, ou les 356 en Arabie saoudite), le nombre d'exécutions aux États-Unis a atteint son plus haut niveau depuis 2009. Et pour cause : dès son retour à la Maison-Blanche début 2025, Donald Trump avait signé un décret ordonnant le recours systématique à la peine de mort pour les crimes les plus graves, rappelle Amnesty International. 

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En avril dernier, il avait également annoncé élargir les modes d'exécution autorisés, ajoutant ainsi le peloton d'exécution, l'électrocution et l'inhalation de gaz mortel en plus de l'injection létale, déjà utilisée aux États-Unis, où 27 états pratiquent encore la peine de mort. 

Une "arme contre les opposants au pouvoir"

Le rapport d'Amnesty International souligne la responsabilité de l'Iran dans la hausse des récents chiffres. Dans ce pays du Moyen-Orient, le nombre d'exécutions "a atteint un niveau qui n'avait pas été enregistré depuis plusieurs décennies et a plus que doublé par rapport à 2024". 

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Si la peine de mort est utilisée en Iran "comme une arme contre les opposants au pouvoir", comme l'ont prouvé les massacres visant les manifestants au début de l'année 2026, l'exécution est également une sentence pour les infractions "à la législation sur les stupéfiants". Amnesty International souligne par ailleurs que dans de nombreux pays, "près de la moitié des exécutions en 2025 étaient faites au nom de la guerre contre la drogue". 

Des données gardées secrètes en Chine

Alors que les chiffres de 2025 atteignent déjà des records, ils sont pourtant en dessous de la réalité : certains pays, comme la Chine et le Vietnam, considèrent les données liées aux exécutions comme "classées secret d'État". D'autres pays aux "pratiques restrictives" rendent également difficile l'obtention de chiffres officiels, notamment le Bélarus, la Corée du Nord et le Laos. 

Amnesty International estime toutefois que la Chine reste le premier pays à pratiquer la peine de mort, avec plus de 1.000 exécutions estimées en 2025. "La Chine n’a toujours pas publié de statistiques officielles sur le recours à la peine capitale ; toutefois, d’après les informations disponibles, des milliers de personnes sont condamnées à mort et exécutées dans ce pays chaque année", indique l'ONG. 

Cela vient également du fait que, contrairement à certains pays qui réservent la peine de mort aux crimes les plus graves, la Chine applique cette sanction dans le cadre de sa lutte anti-corruption. Les crimes financiers comme la fraude peuvent ainsi y être punis de la peine de mort. 

Des violations du droit international

En plus de sa position contre la peine de mort, Amnesty International alerte dans son rapport sur des violations du droit international dans des pays pratiquant cette peine : l'ONG dénonce des aveux "arrachés par la torture", des condamnations à mort prononcées au terme de procédures "qui n'ont pas respecté les normes internationales relatives à l'équité des procès", et affirme même que "des personnes présentant un handicap mental ou intellectuel étaient sous le coup d'une sentence de mort". 

L'ONG rappelle en outre qu'il "n'existe aucune preuve crédible que la peine de mort soit plus dissuasive qu'une peine d'emprisonnement". Elle cite notamment l'exemple du Canada, où deux fois moins d'homicides ont été enregistrés en 2008 qu'en 1976, année d'abolition de la peine de mort dans le pays.

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