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"Sans électricité, ça peut entraîner la mort des patients" : face aux coupures de courant, des Bretons font livrer des générateurs en Ukraine après quatre ans de guerre

Au moment où l'Ukraine entre dans sa cinquième année de guerre, la solidarité ne désemplit pas. En Bretagne, un fabriquant de groupes électrogènes a envoyé un convoi pour acheminer des générateurs vers Kiev, où les hôpitaux sont touchés par de multiples coupures de courant.

Vue nocturne de Kiev alors que le maire de la ville a déclaré un couvre-feu, le 24 février 2022 en Ukraine.

Crédit : Pierre Crom / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

4 ans de guerre en Ukraine : la solidarité des Bretons

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Charles Guyard & Gabriel Joly

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C'était il y a exactement quatre ans. Le 24 février 2022, Vladimir Poutine déclarait la guerre à l'Ukraine, causant plusieurs années d'attaques, d'angoisses, de privations et privant le pays de perspectives de solution à court terme. Mais malgré la souffrance et la fatigue, la population ne cède rien à l'agresseur. Elle peut aussi compter sur la solidarité de ses alliés comme la France, d'où des générateurs électriques ont été acheminés vers Kiev par un convoi parti de Bretagne.

Il y a quelques jours, trois semi-remorques stationnées à Plérin dans les Côtes-d'Armor devant l'entrepôt de Gelec Energy, un spécialiste des groupes électrogènes industriels, ont été chargés de générateurs électriques financés par une myriade de donateurs français publics et privés.

Avec l'aggravation du conflit en Ukraine, Didier Briolat, l'un des responsables du fabricant breton, est particulièrement sollicité : "On a une forte demande depuis à peu près un mois. Ces groupes peuvent servir à la fois de production, donc tourner en permanence 24 heures sur 24. Ils peuvent servir aussi de secours quand il y a des coupures de courant. Il se trouve que justement en Ukraine, avec les bombardements, le courant n'étant plus là, ces groupes-là vont tout de suite être installés. La plupart des groupes ont des autonomies qui vont de 24 heures à 48 heures de fonctionnement intégré", précise-t-il.

Une fois le chargement terminé, le chauffeur ukrainien Sergui et ses collègues prennent la route, avec sur le papier six jours pour boucler près de 3000 kilomètres. Ils vont mettre en fait une semaine entière pour rallier l'Ukraine, passant par l'Allemagne et la Pologne.

"Mon fils est sur le front, c'est lui qui fait le plus dur"

Au fil du périple, pas mal de degrés perdus : on est passé de la pluie bretonne à la neige ukrainienne. Forcément éreinté à l'arrivée, Sergui se dit soulagé de contribuer à l'effort de guerre, même si son rôle lui semble très modeste. "C'était difficile et long, mais mon fils est sur le front, c'est lui qui fait le plus dur", estime-t-il.
Sa cargaison était néanmoins particulièrement attendue sur place par l'association Aide médicale et caritative France-Ukraine. "Pour monter cette opération, nous avons recensé les besoins en utilisant les données des ministères de la Santé. Il y a de la puissance électrique qui manque partout en Ukraine. Donc, fournir ces sources d'électricité de secours, c'est important. Si vous êtes sous respiration artificielle, s'il y a plus d'électricité, ça peut entraîner la mort des patients", souligne sa directrice des opérations, Diana Dols.

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Blessures, maladies, mais aussi troubles psychiques… Dans les établissements de santé, comme l'hôpital pédiatrique de Boyarka, à une heure de Kiev, le nombre d'admissions ne cesse d'augmenter en raison de la guerre. En face, l'installation électrique fragilisée par les attaques russes ne suit plus la cadence, obligeant les soignants à faire des choix, comme l'explique la directrice Katerina Savenava.

"Avant cela, on choisissait les priorités, même si c'était difficile. Les services d'urgence étaient en priorité, mais il y a beaucoup d'enfants qui ont besoin de soutien respiratoire. Donc imaginez, sans l'électricité, c'est leur vie qui est en danger. Nous remercions le peuple français pour leur aide", dit-elle.

En dépit de cette solidarité hexagonale, le courant est encore en mode très alternatif en Ukraine où il reste de nombreux hôpitaux fonctionnant au gré des coupures, parfois longues, de plusieurs jours.

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