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Une personne passe devant des véhicules blindés russes détruits exposés à Kiev en Ukraine le 23 février 2026, alors que le conflit avec la Russie atteint son quatrième anniversaire.
Crédit : HENRY NICHOLLS / AFP
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En février 2024, l'Inde s'inquiétait du sort de certains de ses ressortissants, enrôlés par la Russie et "coincés" sur le front ukrainien. En janvier 2025, l'ONU alertait sur la présence de combattants nord-coréens dans le pays. Plus récemment, des vidéos montrant des combattants africains présentés comme engagés sur le front aux côtés des forces russes circulaient encore sur les réseaux sociaux.
La guerre en Ukraine s'est-elle internationalisée ? Est-on face à une troisième guerre mondiale ? "La Russie veut imposer au monde un mode de vie différent", affirme le président ukrainien Volodymyr Zelensky, interrogé par la BBC. "Je pense que Poutine a déjà commencé cette guerre et nous empêchons qu'elle ne se transforme en une troisième guerre mondiale à grande échelle."
"Juridiquement, ce conflit met aux prises deux États et seulement deux États", répond Cyrille Bret, expert à l'Institut Montaigne, spécialiste de la défense et de l'Europe centrale et orientale, interrogé par RTL.fr à l'occasion des quatre ans de la guerre, ce mardi 24 février. La définition d'un conflit mondialisé est beaucoup plus stricte sur le plan du droit international : il n'y a pas ici pas de déclaration de guerre des soutiens de l'Ukraine à la Russie d'un côté, ni déclaration de guerre officielle de guerre des soutiens russes, comme la Biélorussie, note l'expert.
Si le conflit était officiellement international, la Russie serait légalement fondée à frapper le territoire des États qui sont en guerre contre elle, et réciproquement, l'Ukraine serait fondée à frapper la Biélorussie, ce qu'elle ne fait pas", précise-t-il.
Certes, des milliers de combattants étrangers ont bien rejoint les Russes en Ukraine. Pour recruter, Moscou a notamment tiré partie de ses liens historiques avec des pays comme le Kazakhstan, le Tadjikistan et Cuba, ainsi que de ses relations croissantes avec les pays du Sud (Népal, Sri Lanka, Irak, pays africains...). Et au moins 1.417 Africains ont été enrôlés dans les rangs de l'armée russe dans le cadre du conflit en Ukraine et plus de 300 y sont morts, selon un rapport publié début février par le collectif All Eyes on Wagner (AEOW).
Mais cette présence de combattants étrangers ne suffit pas à modifier la nature du conflit. "S'il y a des combattants de nationalité ni ukrainienne ni russe, c'est-à-dire des combattants tiers, ils le font à titre personnel ou à titre professionnel, mais ils ne le font pas au nom de leur pays", affirme Cyrille Bret.
Pour autant, le conflit a incontestablement des répercussions internationales. Soutien militaire occidental, sanctions économiques massives, repositionnement stratégique de nombreuses puissances : le théâtre ukrainien structure désormais une partie des équilibres mondiaux. Mais pour Cyrille Bret, cela ne signifie pas que la guerre soit un affrontement direct entre la Russie et "l’Occident".
"Le conflit, il est bilatéral entre deux anciennes républiques socialistes soviétiques qui faisaient partie durant le XXe siècle et jusqu'en 1991 du même pays."
Cyrille Bret, expert à l'Institut Montaigne
"C'est une réinterprétation russe délibérée pour justifier l'invasion", analyse Cyrille Bret. "Le conflit, il est bilatéral entre deux anciennes républiques socialistes soviétiques qui faisaient partie durant le 20 siècle et jusqu'en 1991 du même pays, du même Etat." "Ceux qui en Russie considèrent qu'ils font la guerre à l'Occident en Ukraine comme ceux qui en Ukraine considèrent que se battre contre la Russie, c'est défendre la démocratie occidentale, ont une approche idéologique assez exagérée", estime le spécialiste.
Les déclarations russes évoquant un risque de Troisième Guerre mondiale relèvent, selon lui, d’une stratégie calculée. "C'est une façon d'intimider pour réduire le soutien dont bénéficie l'Ukraine, exactement comme l'Ukraine de son côté dénonce la présence sur le front russo-ukrainien de combattants nord-coréens, de combattants de pays tiers, pour prendre à témoin l'opinion internationale et l'opinion européenne sur sa vulnérabilité et donc sur la nécessité de le soutenir davantage, pour compenser ses difficultés de personnel militaire par des équipements plus efficaces", estime Cyrille Bret.
Ces derniers mois, les relations entre la Russie et les États du flanc nord-est européen, notamment l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Finlande, se sont tendues sur fond d’incidents aériens. Des survols jugés provocateurs, des violations alléguées d’espace aérien et la présence de drones ont ravivé les inquiétudes. Les États baltes dénoncent régulièrement des manœuvres russes destinées à tester leurs capacités de réaction, tandis que Moscou rejette ces accusations.
Si ces épisodes ne constituent pas une extension formelle de la guerre en Ukraine, ils illustrent un climat de confrontation durable entre la Russie et les membres de l’Otan. "C'est un autre affrontement qui se joue, mais là ce n'est pas une guerre, c'est un bras de fer international de pression, ou c'est une guerre froide si vous voulez, au sens où on est en dessous du seuil de déclenchement d'une guerre, d'un conflit armé international officiel, mais on n'est plus du tout dans un rapport de paix et de coexistence pacifique dans ces États", explique Cyrille Bret.
Ces tensions illustrent une guerre dont les effets s'étendent bien au-delà de ses frontières, sans toutefois atteindre le niveau d'une confrontation militaire mondiale.
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