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Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, le 9 avril 2020.
Crédit : Mariscal / POOL / AFP
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Le leader espagnol est dans la tourmente alors que son entourage est au cœur de plusieurs affaires judiciaires. Si Pedro Sánchez a assuré ce mercredi 24 juin devant les députés qu'il n'y a pas de "corruption généralisée" au sein de son parti, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), et de son gouvernement, l'opposition demande sa démission ou au moins des élections anticipées.
Car le Premier ministre de gauche est éclaboussé par les déboires de figures clés (ou d'anciennes figures clés) de sa garde rapprochée. En cause, des scandales de corruption qui durent depuis plus d'un an. Ironique pour un homme politique qui est arrivé au pouvoir en 2018 en promettant l'intégrité, après de nombreux scandales touchant les précédents gouvernements de droite.
Un nouveau coup de massue a été reçu lundi 22 juin avec la condamnation de José Luis Ábalos - ancien ministre des Transports, poids lourd du Parti socialiste et figure importante dans l'ascension de Pedro Sánchez - à 24 ans de prison pour corruption.
L'homme politique comparaissait depuis le 7 avril dernier avec son ancien conseiller Koldo García (également condamné mais à 17 ans de prison) et l'homme d'affaires Víctor de Aldama, condamné à 4 ans de prison mais dont la peine a été suspendue pour sa contribution à l'enquête.
Ces trois hommes étaient impliqués dans une affaire qui date de la pandémie de Covid-19. L'ancien ministre aurait profité de l'attribution de contrats pour l'achat de masques sanitaires pour recevoir des avantages : des compléments de salaire mensuels, le paiement de vacances en famille, des faveurs pour ses maîtresses et même le paiement de prostituée.
Le jugement, "adopté à l’unanimité", "conclut que les trois accusés ont constitué une organisation criminelle avec une répartition des fonctions, qui a commis de graves délits de corruption", précise le Tribunal suprême.
Mais les problèmes du Parti socialiste espagnol ne s'arrêtent pas là. José Luis Ábalos a été remplacé par un premier temps par Santos Cerdán... également visé par une autre affaire de corruption et écarté du parti. Et pour encore ajouter aux controverses : l'ancien Premier ministre socialiste espagnol José Luis Rodríguez Zapatero (2004 - 2011) a aussi été inculpé en mai pour trafic d'influence.
Le Premier ministre était-il impliqué dans une de ses affaires ? Lors d'un interrogatoire début mai, l'homme d'affaires Victor de Aldama a assuré que Pedro Sánchez était le meneur de la "bande organisée". Ce dernier s'est exprimé mercredi 24 juin devant les députés, démentant toute "corruption généralisée" du Parti socialiste et de son gouvernement.
"Certains acteurs politiques et médiatiques essaient de tout mélanger, pour tout mettre sur le même plan et ainsi embrouiller les gens [et] créer un sentiment de corruption généralisée, qui, je vous le dis, n’existe pas", a-t-il martelé. Le leader socialiste assure n'avoir été "jamais au courant ni toléré aucune de ses pratique", être "très sereins" tout en reconnaissant que le PSOE et l'exécutif ne sont "pas parfaits" ou "infaillibles".
En juillet 2025, Pedro Sánchez balayait déjà l'idée de démissionnait en assurant son innocence : "Après avoir beaucoup réfléchi, j'ai compris que jeter l'éponge n'était pas une option. (...) Je n'étais pas au courant des faits de corruption dans lesquels (José Luis) Abalos et (Santos) Cerdan étaient mêlés."
Le chef du gouvernement avait annoncé dans la foulée en juillet 2025 un "plan de lutte contre la corruption", notamment la création d'une "agence d'intégrité publique indépendante".
Mais les esprits ne semblent pas s'être apaisés en Espagne : des milliers de personnes ont manifesté à Madrid le 23 mai dernier pour demander sa démission, armées de pancartes "La corruption a un prix". La démonstration était soutenue par le parti d'extrême droite Vox et le Parti populaire conservateur.
Surtout que Pedro Sánchez est aussi éclaboussé par les affaires de sa propre famille. Sa femme Begoña Gómez a été inculpée en avril dernier pour détournement de fonds, trafic d'influence et corruption dans des opérations commerciales et malversations. Elle est accusée d'avoir utilisé sa position d'épouse à des fins privées, notamment pour la création et la gestion d’une chaire à l’Université Complutense de Madrid.
Le couple Sánchez-Gómez a toujours nié les accusations, dénonçant des tentatives de déstabilisation : la plainte qui a lancé l'affaire a été déposée par un groupe anticorruption lié à l’extrême droite.
Samedi 20 juin, le tribunal a rendu une ordonnance pour interdire à Begoña Gómez de quitter le territoire : elle doit remettre son passeport et de se présenter aux autorités deux fois par mois jusqu’au jugement, alors que la date du procès n'est toujours pas connue. Des mesures qui "dépassent toutes les limites du raisonnable", d'après le leader socialiste.
Enfin, le frère de Pedro Sánchez, compositeur et chef d'orchestre, est également au cœur d'une affaire de corruption et en l'attente de son jugement. Il est accusé d'avoir bénéficié d'un traitement de faveur dans l'obtention d'un poste.
Alors que Pedro Sánchez est une figure clé de la gauche internationale, n'hésitant pas à prendre position contre Israël et Donald Trump, il semble de plus en plus affaibli au sein de sa fragile coalition gouvernementale. Ce mercredi, les députés de l'opposition ont une nouvelle fois demandé la démission de celui qui doit être en poste jusqu'à 2027. Certains lui ont proposé de suivre l'exemple de Keir Starmer, le Premier ministre de gauche anglais qui a démissionné le 22 juin dernier.
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