2 min de lecture Russie

Russie : un ancien policier jugé pour les meurtres de 81 femmes

Arrêté en 2012, Mikhaïl Popkov avait déjà été condamné en 2015 à la prison à vie pour 22 assassinats. En 2017, il avouait 59 crimes supplémentaires, raconte "Le Parisien".

Un policier devant une prison russe (illustration)
Un policier devant une prison russe (illustration) Crédit : KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
lucie valais
Lucie Valais
Journaliste

On le surnomme le "maniaque d’Angarsk". Maniaque, à cause de la façon dont Mikhaïl Popkov a méticuleusement réussi à échapper à la justice pendant près de vingt ans. Une période durant laquelle il aurait assassiné 81 femmes. À l'aube des années 90, alors que l'URSS se dissout, le policier a fait de la Sibérie "son terrain de chasse", conte Le Parisien, profitant de la défaillance d'un système judiciaire en ruine.

Sa couse meurtrière s'arrête en 2012, lorsque Mikhaïl Popkov est finalement arrêté. Il sera, en 2015, reconnu coupable de 22 assassinats, avant d'en avouer 59 autres en 2017. Déjà condamné à la prison à vie lors de ses premiers aveux, l'ancien policier est de retour devant les juges à Irkoutsk, en Sibérie orientale. Le verdict est attendu cet été.

Pour chacune de ses victimes, un même procédé. Après les avoir tuées, Mikhaïl Popkov abandonnait leur corps mutilé le long de la voie rapide 53, qui relie Irkoutsk à Moscou, en passant par Angarsk - ville d'origine du tueur en série - et surnommée "route de la mort". Son premier meurtre remonte à 1992, raconte le journal. Au printemps, lorsque la neige fond, les corps refont surface. Après les analyses par la police, l'autopsie des corps montre "une forte consommation d'alcool", ce qui pousse les enquêteurs à ne pas chercher plus loin.

Une enquête longue et laborieuse

D'assassinat en assassinat, Mikhaïl Popkov commence à commettre des erreurs. En 1998, il laisse l'une de ses victimes lui échapper. Il la croyait morte, la jeune femme s'en sort, mais les nombreux coups qu'elle a reçu l'ont rendu amnésique. La procureure d'Angarsk ouvre une enquête, et pour la première fois, l’hypothèse d'un tueur en série, qui plus est un policier, est évoquée.

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Un homme est nommé à la tête de l'enquête en 1998 : Nikolaï Kitaev. "J’ai très vite compris que l’enquête avait été complètement bâclée", explique-t-il au Parisien. Il sera le premier à dresser le profil du suspect : "un homme de type caucasien, habitant Angarsk. Il est né probablement entre 1960 et 1969, connaît parfaitement le secteur et sa vie nocturne, possède une voiture ou a librement accès à un véhicule", relate le journal. Un homme "qui a développé une haine des femmes". Nikolaï Kitaev est sûr de lui : le suspect est un policier.

Les meurtres continuent. Certaines victimes sont même assassinées deux par deux. Finalement, Mikhaïl Popkov sera interrogé une première fois, puis relâché. En 2002, les doutes s'accumulent, il est mis à pied et quitte la police. C'est grâce aux progrès des techniques d'enquêtes, et notamment des analyses ADN que l'ancien policier sera interpellé, en 2012. Les tests sont formels : son ADN est identique à celui retrouvé sur trois victimes.

Il avoue alors 22 meurtres. Il explique, selon Le Parisien, avoir voulu "nettoyer la ville de ces femmes de mauvaise vie". Il sera condamné à la prison à vie. Une sentence qui devrait sans aucun doute être de nouveau prononcée à l'issue de ce procès, lors duquel Mikhaïl Popkov est jugé pour 59 assassinats supplémentaires.

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