2 min de lecture Justice

Russie : deux sœurs jugées pour le meurtre de leur père qui les violentait

Trois adolescentes ont tué leur père violent il y a plus d'un an. Deux d'entre elles seront jugées pour meurtre en Russie. Elles sont devenues un symbole de la violence domestique, largement passée sous silence dans le pays.

Une prison à Moscou en Russie (illustration)
Une prison à Moscou en Russie (illustration) Crédit : KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
Venantia
Venantia Petillault et AFP

L'affaire des trois sœurs, Krestina, Angelina et Maria Khatchatourian, a secoué l'année passée la Russie. Jugées pour "meurtre commis en groupe avec préméditation", ce crime est passible de 20 ans de prison. Les enquêteurs leur ont néanmoins reconnu des circonstances atténuantes.

Les jeunes filles ont tué de multiples coups de couteau et de marteau leur père Mikhaïl à Moscou, en juillet 2018. Elles étaient alors âgées respectivement de 19, 18 et 17 ans. "Il a été établi que le mobile du crime des accusées étaient des griefs personnels dus aux douleurs physiques et psychiques infligées par le père à ses filles pendant longtemps, ce que l'enquête considère comme des circonstances atténuantes", écrit le Comité d'enquête de Russie, en charge des investigations jugées les plus importantes.

L'avocate d'Angelina Khatchatourian, Mari Davtian, a dénoncé cette décision, estimant "qu'il y a plus qu'assez de preuves établissant qu'elles ont agi en situation de légitime défense". Concernant la benjamine, Maria, mineure au moment des faits, le Comité a demandé au parquet d'ordonner "une obligation de soins médicaux". Il n'a pas précisé la nature de ces mesures.  

Indifférence des autorités

L'affaire des sœurs Khatchatourian avait fait d'autant plus de bruit en Russie que peu avant, en 2017, les violences domestiques, hors cas de récidive et de blessures graves, avaient été largement décriminalisées. 

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Le cas des sœurs était emblématique de l'indifférence des autorités dans ce type d'affaires : des voisins et des proches avaient à plusieurs reprises alerté la police, sans résultat, des sévices infligés par le père à ses filles. Depuis, les milieux associatifs et certains élus se battent pour que la Russie se dote d'une législation ayant trait spécifiquement aux violences dans l'intimité familiale. 

Une proposition de loi a été rendue publique la semaine passée, mais son adoption reste hypothétique. D'autant que d'influents dignitaires de l'Église orthodoxe se sont prononcés contre, et 200 organisations, religieuses notamment, ont adressée une pétition au président Vladimir Poutine pour qu'il bloque de telles mesures.

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