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Royaume-Uni : pourquoi la mort de Sarah Everard fait exploser la colère des Britanniques

Sarah Everard, 33 ans, a été tuée le 3 mars alors qu'elle rentrait à pieds chez elle à Londres. Un drame qui bouleverse le Royaume-Uni et en particulier les Anglaises qui témoignent de la peur qui les habite lorsqu'elles doivent se déplacer seules la nuit.

Deux femmes se tiennent devant le mémorial en hommage à Sarah Everard, tuée alors qu'elle rentrait chez elle en pleine nuit le 3 mars à Londres.
Deux femmes se tiennent devant le mémorial en hommage à Sarah Everard, tuée alors qu'elle rentrait chez elle en pleine nuit le 3 mars à Londres.
Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP
Marie Zafimehy

"Text me when you get home", pour "Écris-moi quand tu es rentrée chez toi". Depuis le 12 mars dernier, cette phrase fait le tour des réseaux sociaux, lancée par l'influenceuse britannique Lucy Mountain. Dix jours plus tôt, une jeune Anglaise, Sarah Everard, avait disparu alors qu'elle rentrait chez elle à pied en pleine nuit. Son corps a été retrouvé dans la province voisine du Kent et identifié quelques jours plus tard. Un homme, agent de police, a été interpellé et inculpé de son meurtre.

"Je n'arrive pas à arrêter de penser à Sarah Everard et au fait qu'une femme n'a pas pu rentrer chez elle à pied, écrit Lucy Mountain en légende de ce qui ressemble à une capture d'écran de conversation WhatsApp. C'est insupportable." Comme des milliers de Britanniques, l'influenceuse a été bouleversée par l'histoire de Sarah Everard. En l'espace de quelques jours, la jeune femme est devenue le symbole de la peur qui habite les femmes lorsqu'elles rentrent seules, la nuit.

Que s'est-il passé ?

Sarah Everard, responsable marketing de 33 ans, a disparu le 3 mars dernier alors qu'elle quittait la maison d'une de ses amies dans le quartier londonien de Clapham Town, aux alentours de 21h. Elle, habitait dans le quartier voisin de Brixton. Le trajet aurait dû lui prendre 50 minutes, estime The Guardian, mais elle n'est jamais rentrée chez elle.

Le lendemain, son petit ami a donné l'alerte. Une enquête a été ouverte, et en exploitant les films de vidéo-surveillance, la police londonienne est parvenue à retracer le parcours de la jeune femme puis à interpeller un homme de 58 ans, Wayne Couzens. Agent de l'unité de la police de Londres chargé de la protection des représentations diplomatiques, il a été inculpé samedi 13 mars pour "enlèvement" et "meurtre" et est actuellement en détention. Son procès est prévu le 25 octobre prochain.

Nous avons toutes tenues nos clés entre nos doigts

Lucy Moutain
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À la suite des révélations concernant l'identité du principal suspect, l'organe de contrôle de la police britannique a indiqué qu'une enquête interne était également en cours. "Je sais que le public est blessé et énervé après ce qui s'est passé", a déclaré un représentant de la police londonienne vendredi 12 mars. "J'entends aussi les préoccupations plus larges qui ont été soulevées de manière pertinente au sujet de la sécurité des femmes dans l'espace public à Londres et dans le pays. L'organisation (la police, ndlr) reste engagée dans la protection des Londoniens et Londoniennes, qu'importe où ils se situent dans la ville".

Une prise de parole insuffisante pour calmer la colère des Britanniques, et surtout des femmes, qui ont commencé à partager leurs propres histoires de harcèlement et d'agression dans l'espace public. Dans son post, l'influenceuse Lucy Mountain détaille d'ailleurs les stratégies que nombre d'entre elles mettent en place pour se sentir (un peu plus) en sécurité. 

"Nous avons toutes tenu nos clés entre nos doigts. Nous avons toutes passé des appels, pour de vrai ou pour de faux", cite-t-elle en exemple. "Ce qui est insidieux avec ces choses c'est qu'on n'y pense pas comme des 'outils spéciaux de sécurité'. Ce sont simplement des comportements et des actions ancrées en nous et que nous avons dû mettre en place depuis que nous sommes des petites filles".

La police sous le feu des critiques

Samedi, un rassemblement a été organisé à Londres pour dénoncer les violences faites aux femmes mais aussi l'inaction de la police, voire sa culpabilité comme il se pourrait être le cas dans l'affaire Sarah Everard. La manifestation d'hommage à la jeune femme a été violemment réprimée, comme le montre la vidéo postée par un journaliste britannique ci-dessous. La police a justifié son intervention en insistant sur le fait que le rassemblement était interdit en raison des restrictions sanitaires

Les images de femmes maîtrisées par la police et menottées ont fait le tour des médias, attisant un peu plus la colère des Britanniques contre leur police. Tout cela, au même moment où une loi doit être débattue au Parlement pour renforcer les moyens de la police. Un texte contre lequel s'est prononcé le groupe féministe Sisters UncutDans un communiqué, les militantes estiment que "donner plus de pouvoirs à la police augmentera la violence envers les femmes" et que le gouvernement ferait mieux de "financer les organisations de défenses des droits des femmes". 

Face aux critiques, le Premier ministre Boris Johnson a assuré la cheffe de la police londonienne, Cressida Dick, de son soutien. Il a par ailleurs annoncé lundi soir qu'il allait dégager des fonds supplémentaires pour améliorer l'éclairage des rues le soir et a promis des patrouilles de police renforcées. "Le pays est toujours sous le choc et le chagrin de ce qui est arrivé à Sarah Everard, et nous devons tout faire pour trouver des réponses", a-t-il plus tard déclaré.

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