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Emmanuel Macron rencontre le pape Léon XIV : quel est le poids du Vatican dans la diplomatie internationale ?

Le pape Léon XIV recevra le président de la République française au Vatican ce vendredi 10 avril 2026. De Jean-Paul II à François, les chefs de l'Église catholique ont tenté à leur manière d'intervenir dans les affaires internationales.

Le pape Léon XIV lors de sa visite à Monaco, samedi 28 mars 2026.

Crédit : Valery HACHE / AFP

Que pèse le pape Léon XIV ? Que représente la diplomatie vaticane ?

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Que pèse le pape Léon XIV ? Que représente la diplomatie vaticane ?

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Georges Malbrunot - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Emmanuel Macron sera reçu au Vatican par le pape Léon XIV ce vendredi 10 avril 2026. Cette première rencontre entre les deux hommes permet de discuter du poids du chef de l'Église catholique sur le plan diplomatique. 

À la tête d’un micro-État de mille âmes, le pape n'est ni Monaco, qui ne prend aucune prise sur les relations internationales, ni le troisième grand derrière les États-Unis et la Chine. 

La diplomatie vaticane est d’abord une stratégie de médiation. En Irak sous le régime de Saddam Hussein, en Amérique du Sud ou en Chine, les diplomates en soutane cherchent à rapprocher les ennemis. Ils ont quelques succès à leur actif : en 1979, Jean-Paul II et ses missi dominici évitent de justesse la guerre entre l’Argentine et le Chili en établissant la frontière maritime entre les deux pays. 

L'engagement diplomatique varie selon les papes

En 2014, François, le premier pape latino-américain, est au cœur du rapprochement historique entre les États-Unis et Cuba. L'année suivante, le Vatican œuvre à la paix entre le gouvernement colombien et la guérilla des Farc. À chaque fois, le pape se repose sur son église locale pour régler les différends. 

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Cette diplomatie vaticane dépend beaucoup de la personnalité du pontife. Des couacs ont déjà existé entre le pape et son entourage. François, prédécesseur de Léon XIV, prônait une diplomatie protestataire et pacifiste contre l’hégémonie occidentale. Il s’était opposé à Barack Obama en 2013, quand le président américain voulait attaquer la Syrie de Bachar el-Assad, coupable d’avoir bombardé au gaz chimique la banlieue de Damas. 

Sa diplomatie fera encore grincer des dents lorsque son numéro 3 a été reçu par un proche de Vladimir Poutine, quelques jours seulement avant l’invasion russe de l’Ukraine. Un Vatican jugé trop complaisant à l’égard de Moscou, qui sera critiqué par la Curie romaine. Il faut dire qu’avec François, on était loin de la diplomatie conservatrice de son prédécesseur, Benoît XVI. 

Le Vatican peut discuter avec tout le monde

La diplomatie du Vatican s'est aussi marquée par le voyage très politique de Jean-Paul II en Pologne, son pays natal, en 1979. Un voyage historique de 8 jours dans une nation communiste, où le pape marcha sur des œufs en lançant à ses compatriotes "ne perdez jamais votre liberté spirituelle", un an avant le vent de contestation qui soufflera sur la Pologne. Les chefs de l'Église catholique jouent sur la neutralité de leur petit État qui parle à tout le monde, même à ceux avec lesquels on est en froid. 

Les papes portent des messages. Léon XIV en délivrera un au président algérien Abdelmadjid Tebboune la semaine prochaine, pour libérer le journaliste français Christophe Gleizes, prisonnier à Alger. Au final, dans la nouvelle jungle mondiale, cette posture de diplomates discrets au service d'un pays sans ambition militaire compte aussi.

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