3 min de lecture

Qui est Vladislav Sourkov, architecte de la propagande de Vladimir Poutine ayant inspiré "Le Mage du Kremlin" ?

Figure emblématique de la politique russe, Vladislav Sourkov a longtemps exercé son influence dans l'ombre du Kremlin. Stratège redouté et architecte du pouvoir de Vladimir Poutine, il est aujourd'hui au cœur d'une adaptation cinématographique signée Olivier Assayas.

Vladislav Surkov, au Kremlin à Moscou le 22 décembre 2022

Crédit : Yuri KADOBNOV / AFP

Eléonore Aparicio

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Il a été l’un des hommes les plus influents de la politique russe contemporaine. Vladislav Sourkov, longtemps qualifié d'"éminence grise" du Kremlin ou de "mage du Kremlin", a façonné le système politique qui a permis à Vladimir Poutine de consolider son pouvoir et de transformer la Russie post-soviétique en un régime autoritaire durable et redouté sur la scène internationale.

Cette réputation de stratège de l’ombre inspire aujourd’hui le cinéma. Sorti ce mercredi 21 janvier en France, Le Mage du Kremlin, film réalisé par Olivier Assayas et adapté du roman de Giuliano da Empoli, propose une relecture fictionnalisée de l’ascension de Vladimir Poutine à travers les yeux du personnage de Vadim Baranov, une figure librement inspirée de Sourkov. 

Porté par un casting international, Paul Dano (Little Miss Sunshine, The Fabelmans) dans le rôle de Baranov et Jude Law (Bienvenue à Gattaca, Stalingrad) dans celui de Poutine, le long-métrage a été présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2025 et mêle drame politique et réflexion sur la fabrication du pouvoir.

Un homme de médias devenu stratège politique

Né en 1964, Sourkov a commencé sa carrière dans la publicité avant de s'orienter vers les médias. En 1999, il est invité par le directeur de l'administration présidentielle à rejoindre le Kremlin. Rapidement, l'homme d'origine tchétchène s’impose comme un stratège politique hors norme, mêlant communication, idéologie et contrôle de l’espace public pour construire ce que ses détracteurs ont appelé une "démocratie souveraine", un système où les apparences démocratiques servent à légitimer un pouvoir fortement centralisé.

À écouter

Vladimir Poutine, l'espion (1/5)

00:23:24

Dans les années 2000, en tant que conseiller proche de Vladimir Poutine, Sourkov contribue à façonner la stratégie politique du régime. Il est considéré comme l’un des principaux artisans de la "verticale du pouvoir" russe et d’un contrôle systématique de l’opinion publique, notamment par des dispositifs de propagande et la création de feux partis d'opposition. 

Une position très ferme sur l'Ukraine

Son influence ne se limite pas au discours interne. Sourkov s’implique aussi dans les sujets extérieurs. En 2013, il devient conseiller spécial du président russe sur les questions relatives à "l'étranger proche".
Il devient un interlocuteur clef de Moscou sur les républiques séparatistes du Donbass. Cette période marque aussi son inscription sur la liste des personnalités sanctionnées par les États-Unis, accusé d’avoir contribué à l’"agression" contre l’Ukraine en 2014. 

À écouter

"Le mage du Kremlin" : Jude Law totalement bluffant dans le rôle de Vladimir Poutine

00:02:55

Vladislav Sourkov était présent lors des accords de Minsk et confiera quelques années plus tard que le Kremlin n'a jamais eu l'intention de les respecter. Dans un entretien à L'Express en mars 2025 il déclare : "Le monde russe est partout où l’on trouve une influence russe, sous une forme ou une autre : culturelle, informationnelle, militaire, économique, idéologique ou humanitaire… C’est-à-dire qu’il est partout. (...) Nous nous étendrons donc dans toutes les directions, aussi loin que Dieu le voudra et que nous en aurons la force. L’important est de ne pas s’emballer et de ne pas s’attaquer à un trop gros morceau".

En 2020, Sourkov quitte le pouvoir poutinien, une décision volontaire selon lui. Officiellement, son départ est présenté comme une réorganisation administrative, dans un contexte de réformes constitutionnelles. Selon certains observateurs, cette éviction s’explique surtout par un désaccord stratégique croissant sur le dossier ukrainien. À nos confrères de L'Express, il assure avoir accompli "99,9 % de ce qu’il devait faire". 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info