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Primaire de la droite : la majorité des candidats condamne les accords du Touquet, signés par Sarkozy

Invités à s'exprimer sur la question de l'immigration en France, une grande partie des candidats a mis en cause les accords du Touquet, signés en 2003 par... Nicolas Sarkozy, candidat présent sur le plateau.

Débat de la droite et du centre
Débat de la droite et du centre Crédit : Capture d'écran iTélé
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
Journaliste

Que feraient-ils des migrants s'ils accédaient au pouvoir ? C'est par cette question que s'est ouvert, jeudi 3 novembre à 20h30, le deuxième débat en vue de la primaire de la droite. Après un premier débat le 14 octobre, Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy sont invités à s'exprimer sur le sujet du sort des migrants, tandis que vient d'être démantelé le camp de la Jungle de Calais et qu'une partie d'entre eux se trouvent désormais sous la ligne 2 du métro parisien.

À la suite d'un tirage au sort, Jean-Frédéric Poisson est le premier à prendre la parole. "Il me semble que la France est dans l'incapacité d'accueillir des migrants dans des conditions dignes et décentes", estime le président du Parti Chrétien-démocrate. Celui-ci propose de "ne pas contraindre, jamais, les communes (à accueillir des migrants, ndlr), mais solliciter la solidarité des Français".

Jean-François Copé, maire de Meaux, affirme pour sa part que sa ville accueille déjà des migrants. L'ancien premier secrétaire de l'UMP déplore "un pays incapable d'avoir une politique d'immigration" et dénonce l'incapacité de la France d'appliquer une politique de droit d'asile qui soit claire". Il propose de "renégocier d'urgence" la politique sur l'immigration.

Nathalie Kosciusko-Morizet rappelle, elle, l'importance du droit d'asile qui "fait partie de notre identité". "Quand on fuit la guerre, les persécutions, on a le droit d'être accueilli en France" affirme celle qui met l'accent sur un problème autour "du mot 'migrant'". "Nous devons réussir à faire la différence entre ceux qui sont des réfugiés - la France peut les accueillir et doit le faire - et les autres qui sont des migrants économiques", estime l'élue de Paris, qui invite par ailleurs à repenser la frontière britannique, qui "n'a pas à être en France".

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Selon Alain Juppé, favori du débat précédent et des pronostics en vue de cette primaire, "le gouvernement n'a pas traité les causes" qu'il cible. Le maire de Bordeaux dénonce les accords du Touquet. Concernant les migrants, "pour ceux qui sont en situation légale, il faut faire un effort", dit-il, comme "un accord avec les communes, sous la responsabilité de l'état qui doit assurer la sécurité".

L'importance de la Grande-Bretagne

Pour Bruno Le Maire, les migrants peuvent rester en France “tant que la décision définitive n'a pas été prise” quant à leur possibilité de rester sur le sol français. Ce dernier propose toutefois que les migrants désireux de formuler un derniers recours “auprès du Conseil d’État” le fassent "depuis leur pays d'origine" en attendant la décision ultime. S’il salue le démantèlement de la Jungle de Calais, Bruno Le Maire insiste sur la nécessité de mettre en place “une négociation avec Theresa May pour que la Grande-Bretagne prenne ses responsabilités”.

Nicolas Sarkozy, auteur des accords du Touquet en 2003, prend la parole sur un ton passablement agacé. “J'ai envoyé les 4.000 personnes présentes à Sangatte en Angleterre” lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, affirme-t-il. Compte tenu du fait que la plupart des migrants veulent se rendre en Angleterre, l’ancien chef de l’État propose lui aussi de “négocier avec Theresa May l'ouverture d'un hot spot - un centre - pour que les anglais décident eux-même de ceux qu’ils veulent accueillir et de ce qu’ils refusent”.Concernant les migrants situés en France, “ceux qui n'ont pas vocation à rester en France doivent rester dans leur pays d'origine”, dit-il, affirmant que l’Afghanistan n’est pas dangereux pour ses habitants.


L’ancien Premier ministre François Fillon répète pour sa part l’importance du droit d'asile, “aussi ancien que la chrétienté”, dit-il. “Il doit être respecté, mais une immense partie des personnes à Calais et aujourd’hui à Paris ne sont pas des droits d'asile”, affirme le candidat, qui estime qu’”il faut que les frontières européennes fonctionnent, que l'on mette 2 heures pour les passer” et “que tous les clandestins soient reconduits chez eux”. Pour ce faire, François Fillon propose, en amont, une “aide au développement des pays qui doivent accueillir leur propres ressortissants”.

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