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"Pas conforme aux consignes" : comment le porte-avions Charles-de-Gaulle a été localisé grâce à l'application Strava

Un militaire embarqué sur le porte-avions Charles-de-Gaulle a, sans le vouloir, révélé la position du navire en Méditerranée via l'application Strava. Une simple séance de footing a exposé une faille de sécurité, relançant le débat sur l'usage des objets connectés dans l'armée.

Le porte-avions français Charles de Gaulle, à Toulon (illustration)

Crédit : AFP

Jérémy Descours

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Quand un simple footing devient une affaire sensible. Comme l'a révélé le journal Le Monde le 19 mars la position du porte-avions français Charles-de-Gaulle a été exposée publiquement en Méditerranée à la suite d'une activité enregistrée sur Strava, cette application sportive très populaire qui permet suivre ses performances via GPS.

Le 13 mars dernier, vers 10h30, un jeune officier de la Marine nationale a effectué son jogging quotidien sur le pont du navire. En 35 minutes, il a parcouru un peu plus de sept kilomètres, des performances enregistrées via la montre connectée qu'il portait. 

Problème : son profil sur Strava a été configuré en mode "public". Résultat, ses données ont été accessibles à tous et ont permis de localiser avec précision, quasiment en temps réel, le groupe aéronaval français, alors déployé au nord-ouest de Chypre, à environ 100 kilomètres des côtes turques.

Une faille de sécurité préoccupante

Si la présence du porte-avions dans la région n'est pas un secret, depuis l'annonce officielle du président de la République, la divulgation de sa position exacte a constitué une faille particulièrement préoccupante. 

À écouter aussi

Dans une zone marquée par des affrontements récents et des frappes ayant déjà touché des installations françaises, cette exposition involontaire a renforcé les enjeux de sécurité déjà très élevés. Pour rappel, un militaire français a récemment été tué en Irak - tandis que plusieurs autres ont été blessés - lors d'une attaque de drone.

L'enquête du Monde souligne que cette publication n'est pas un cas isolé. En analysant les activités du militaire sur Strava, il a été possible de retracer les déplacements récents du bâtiment : au large de Cherbourg en février, puis à Copenhague lors d'une escale. 

"Des mesures adaptées seront prises par le commandement"

Contacté par le quotidien du soir, l'état-major des armées a reconnu une pratique "non conforme aux consignes en vigueur", rappelant que les militaires ont été régulièrement sensibilisés aux règles d'"hygiène numérique". L'état-major a également annoncé que "des mesures adaptées seront prises par le commandement" afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Cette affaire a rappelé les "StravaLeaks", révélés en 2024 par Le Monde, qui avaient exposé les déplacements de gardes du corps de dirigeants français, américain et russe. Ce fut également le cas en 2018 avec des agents de la DGSE en Irak. Une nouvelle illustration des risques liés à l'usage d'applications connectées dans des environnements sensibles, où la moindre donnée partagée peut devenir une information stratégique pour l'ennemi. 

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