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Guerre en Iran : Sentinelle, porte-avions Charles de Gaulle, Israël... Ce qu'il faut retenir de l'allocution d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a fait plusieurs annonces, ce mardi 3 mars, face à l'escalade au Moyen-Orient : envoi du porte-avions Charles de Gaulle, renforts militaires, vols de rapatriement pour les Français et renforcement du dispositif Sentinelle sur le territoire national.

Le président de la République Emmanuel Macron à l'Élysée le mardi 3 mars 2026.

Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP

Édition spéciale - Allocution d'Emmanuel Macron

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Jérémy Descours

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Emmanuel Macron a pris la parole ce mardi 3 mars pour s'adresser aux Français en pleine crise au Moyen-Orient. Dès les premières minutes de son allocution, le chef de l'État a rappelé que "sa responsabilité était d'agir pour protéger" la France, "garantir la sécurité" des ressortissants français présents sur place et de "défendre l'intérêt national". 

Car la situation se tend chaque heure un peu plus depuis le début de la guerre ce samedi 28 février. Les frappes menées par Israël et les États-Unis continuent de viser l'Iran et le Liban, tandis que Téhéran riposte en touchant des villes de pays voisins comme Doha, Abou Dhabi ou encore Dubaï. 

Le risque d'une escalade régionale inquiète d'ailleurs de plus en plus la communauté internationale. Pour répondre aux menaces, la France a annoncé, ce mardi, le déploiement de systèmes antimissiles et anti-drones à Chypre, après l'attaque d'une base britannique par l'Iran. 

L'Iran porte la "responsabilité" de la guerre

Durant son discours, Emmanuel Macron a d'abord affirmé que l'Iran portait la "responsabilité première" du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Il a ajouté que si les États-Unis et Israël ont mené des frappes contre ce pays "en dehors du droit international", "aucun bourreau" ne sera "regretté".

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"La République islamique d'Iran porte la responsabilité première de cette situation", a-t-il dit, en rappelant son "programme nucléaire dangereux", le soutien à des "groupes terroristes" au Liban, au Yémen et des milices en Irak et "l'ordre de tirer sur son propre peuple".

Le président met en garde Israël

Le président de la République a également averti Israël qu'une opération terrestre au Liban constituerait "une escalade dangereuse et une erreur stratégique", tout en jugeant que le Hezbollah avait commis "une faute majeure" en lançant les premières frappes contre Israël.

"Depuis ces dernières heures, la guerre s'étend au Liban, à partir duquel le Hezbollah a commis la faute majeure de frapper Israël et mettre les Libanais en danger", a-t-il expliqué. Emmanuel Macron a aussi appelé l'État hébreu à "respecter le territoire libanais et son intégrité".


Plus de 58.000 personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes au Liban, ont indiqué mardi les autorités libanaises, alors que le pays subit de violents bombardements en riposte aux attaques du Hezbollah pro-iranien. Selon l'unité de gestion des catastrophes du gouvernement, ce chiffre a doublé par rapport au bilan communiqué la veille.

De son côté, Israël a annoncé que ses forces prenaient le contrôle de "nouvelles positions" dans le sud du Liban, dans le but de créer une "zone tampon" entre le Hezbollah et les populations locales.

Le dispositif Sentinelle renforcé dans l'Hexagone

Emmanuel Macron a précisé que des mesures avaient été prises pour renforcer la sécurité sur le territoire national. À sa demande, le gouvernement a renforcé le dispositif Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées, avec des patrouilles de soldats sur le sol français.

Par ailleurs, deux "premiers vols" rapatriant des Français du Moyen-Orient arriveront ce mardi soir à Paris, a annoncé le président. Selon les chiffres du quai d'Orsay, "près de 400.000 Français sont présents dans la région", avait expliqué, lundi 2 mars, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. 

Après la fermeture de nombreux espaces aériens au Moyen‑Orient, provoquée par les frappes iraniennes en représailles à l’offensive américano‑israélienne, des touristes et des expatriés se retrouvent toujours bloqués dans différents pays de la région. 

Le porte-avions Charles de Gaulle déployé en Méditerranée

Emmanuel Macron a aussi confirmé l'envoi de renforts militaires au Moyen-Orient. Le président a précisé que le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte de frégates allaient "faire route" vers la Méditerranée, accompagnés de Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et de radars aéroportés récemment déployés. La frégate Languedoc et des moyens anti-aériens sont également envoyés à Chypre.

Le chef de l'Etat a ajouté que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit qui oppose Israël et les Etats-Unis à l'Iran, et que deux bases françaises avaient subi dans ce conflit des "frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels".

Macron veut "bâtir une coalition" pour sécuriser les "voies maritimes essentielles

Le président a indiqué qu'il cherchait à former une coalition pour mobiliser des moyens, "y compris militaires", afin de sécuriser les "voies maritimes vitales pour l’économie mondiale".

Emmanuel Macron a déclaré qu'"aujourd'hui, le détroit d'Ormuz est de fait fermé", et que le canal de Suez ainsi que la mer Rouge restent sous tension et menacés. 

Et d'ajouter : "Nous sommes à l'initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l'économie mondiale".

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