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"Parlons en dans 20 jours" : après l'intervention au Venezuela, Donald Trump relance l'idée d'un Groenland américain malgré l'objection du Danemark

Après avoir notamment lié la capture de Nicolas Maduro à des enjeux pétroliers au Venezuela, le président américain a estimé que Washington a "besoin du Groenland", ce dimanche 4 janvier.

Donald Trump à bord d'Air Force One, le 4 janvier 2026.

Crédit : JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

AFP - édité par Gabriel Joly

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Donald Trump a réaffirmé dimanche 4 janvier dans la soirée son souhait de voir le Groenland passer sous la coupe américaine, après que la Première ministre danoise a exhorté les États-Unis à "cesser leurs menaces" d'annexer le territoire ce week-end.

L'intervention militaire américaine au Venezuela, qui a mis en exergue l'intérêt de Donald Trump pour les vastes ressources pétrolières du pays, a ravivé les craintes pour le Groenland, convoité par le président américain pour ses importantes ressources minières et son emplacement stratégique.

"Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper", a réaffirmé le président américain aux journalistes à bord d'Air Force One dimanche soir. "Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois... Parlons du Groenland dans 20 jours", a-t-il ajouté.

"Je demande instamment aux États-Unis de mettre fin à leurs menaces"

Plus tôt déjà, Donald Trump a poussé la cheffe du gouvernement danois Mette Frederiksen à sortir de sa réserve. Interrogé lors d'un entretien téléphonique par The Atlantic sur les implications de l'opération militaire au Venezuela pour le Groenland, il a déclaré que c'était à ses partenaires de les évaluer, selon le magazine.

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"Ils vont devoir se faire leur propre opinion. Je ne sais vraiment pas", a déclaré le président américain, ajoutant : "Mais nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour notre défense."

La Première ministre danoise s'est élevée contre sa convoitise : "Je demande instamment aux États-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire, et un peuple, qui ont clairement fait savoir qu'ils n'étaient pas à vendre", a écrit Mette Frederiksen dans un communiqué dimanche soir. "Je dois le dire très clairement aux États-Unis : il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland", a-t-elle ajouté.

Samedi, une publication sur X de l'épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, avait ravivé les craintes danoises. Katie Miller a publié une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d'une courte légende en capitales: "SOON" ("BIENTÔT" en français). Elle a été un temps conseillère et porte-parole de la Commission pour l'efficacité gouvernementale (Doge), alors dirigée par Elon Musk, avant d'être employée par le milliardaire dans le secteur privé.

"Garantie de sécurité"

La Première ministre danoise a rappelé que le Royaume du Danemark, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, "fait partie de l'OTAN et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l'alliance". Le Danemark est un allié historique et traditionnel des États-Unis, se fournissant largement auprès de Washington pour son armement.

Le Premier ministre du territoire autonome danois avait jugé auparavant "irrespectueux" la publication de Katie Miller. "Les relations entre les pays et les peuples sont fondées sur le respect et le droit international, et non sur des symboles qui ignorent notre statut et nos droits", a dit Jens-Frederik Nielsen sur Facebook. Pour autant, "il n'y a aucune raison de paniquer ou de s'inquiéter", selon lui.

L'ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Møller Sørensen, avait lui répondu à la carte de Katie Miller en disant "attendre le respect total de l'intégrité territoriale du Royaume du Danemark". L'annonce fin décembre par Donald Trump de la nomination d'un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois avait déjà provoqué un accès de fièvre entre les deux pays.

Le Groenland, immense île arctique peuplée de 57.000 habitants, répète ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir. En janvier 2025, 85% des Groenlandais s'étaient dits opposés à une future appartenance aux États-Unis, selon un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq. Seuls 6% y étaient favorables.

Fin mars 2025, le vice-président américain, JD Vance, avait provoqué un tollé en prévoyant de se rendre sur le territoire sans y avoir été invité. Il y avait finalement renoncé pour se contenter de visiter la seule base militaire américaine du territoire. En août, la télévision danoise avait révélé qu'au moins trois Américains liés à Donald Trump avaient réalisé des opérations d'influence dans ce territoire polaire.

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