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Otages de l'EI : le Japon et la Jordanie dans l'incertitude

Plusieurs heures après l'expiration de l'ultimatum de l'État islamique, Tokyo et Amman n'ont pas des nouvelles de leurs otages.

Safi al-Kassasbeh, le père du pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh capturé le 24 décembre par l'État islamique, le 28 janvier 2015 à Amman.
Safi al-Kassasbeh, le père du pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh capturé le 24 décembre par l'État islamique, le 28 janvier 2015 à Amman. Crédit : KHALIL MAZRAAWI / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Ce mercredi 28 janvier, la Jordanie et le Japon attendaient toujours des nouvelles de leurs deux ressortissants otages du groupe État islamique, plusieurs heures après l'expiration d'un ultimatum exigeant la libération d'une jihadiste pour leur laisser la vie sauve.

La Jordanie s'est dit prête à libérer Sajida al-Rishawi en échange de son pilote si elle avait des assurances qu'il était bien en vie. Mais plusieurs heures après la proposition, aucun échange ne semblait avoir eu lieu.

Côté japonais, l'incertitude semblait aussi de mise. "Nous n'avons reçu aucune information indiquant de grands développements à venir", a déclaré le ministre japonais des Affaires étrangères, Fumio Kishida, alors que l'ultimatum des jihadistes expirait à 15h heure française, selon Tokyo.

Sajida al-Rishawi, une jihadiste condamnée à mort en 2006

Dans une vidéo diffusée mardi, l'EI avait averti qu'il exécuterait dans les 24 heures le pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh et l'otage Japonais Kenji Goto si Sajida al-Rishawi n'était pas libérée. Cette dernière est emprisonnée en Jordanie et a été condamnée à mort pour complicité dans des attentats ayant fait 60 morts à Amman en novembre 2005.

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Le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Joudeh a affirmé sur Twitter à 15h50 : "Nous avons demandé depuis un moment des preuves que le héros Maaz est en vie et en sécurité mais nous n'avons rien reçu".

Une heure plus tôt, il avait affirmé également sur son compte Twitter que la prisonnière irakienne n'avait pas été libérée: "Nous avons dit dès le départ que sa remise en liberté était liée à la libération de notre fils Maaz".

La libération des otages pas mentionnée

"Il y a en effet tout un tas de rumeurs qui circulent. Nous devons être prudents", a déclaré Fumio Kishida au sujet d'un possible échange.

Des sources officielles et militaire jordaniennes avaient souligné plus tôt que dans l'enregistrement, l'EI réclame la libération de l'Irakienne en échange du Japonais mais que le groupe jihadiste ne mentionne pas la libération du pilote. "En revanche, il menace de tuer les deux", selon ces sources.

Tokyo et Amman collaborent

"Depuis le début, la position de la Jordanie a été d'assurer la sécurité de notre fils, le pilote Maaz al-Kassasbeh", a déclaré le porte-parole du gouvernement Mohammad Al-Momeni, cité par la télévision d’État. Mardi soir, le père du pilote a exhorté les autorités à accéder aux demandes de l'EI, lors d'une manifestation à Amman de dizaines de membres des tribus de Karak (sud) dont il est originaire.

Maaz al-Kassasbeh a été capturé le 24 décembre après le crash de son F-16 en Syrie, où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale antijihadistes. Kenji Goto est un journaliste indépendant, vraisemblablement retenu depuis fin octobre en Syrie.

En visite à Amman pour tenter de trouver une issue, le vice-ministre japonais des Affaires étrangères, Yasuhide Nakayama, a affirmé que les discussions se poursuivaient. "Nous ne renoncerons pas" à œuvrer pour la libération des otages, a-t-il ajouté.

La Jordanie entre le marteau et l'enclume

Dans une précédente vidéo publiée le 20 janvier, l'EI réclamait au Japon une rançon de 200 millions de dollars sous 72 heures pour relâcher Goto et un autre otage japonais, Haruna Yukawa. Faute d'avoir obtenu satisfaction, le groupe a annoncé samedi avoir exécuté Yukawa et réclame depuis la libération de la prisonnière irakienne.

Pour Hiroyuki Aoyama, de l'Université de langues étrangères de Tokyo, l'EI "enregistre des défaites sur le terrain et son emprise se réduit. Dans ce contexte, ces nouvelles revendications montrent l'intention de casser cette situation".

Pour les experts, la position d'Amman est de facto entre le marteau de l'EI et l'enclume de l'opinion publique -qui veut le pilote sans libérer l'Irakienne-, sous la pression du Japon -qui privilégie son ressortissant- et des États-Unis qui refuse de céder aux jihadistes.

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