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"On a expliqué que ça allait créer un problème" : l'afflux de migrants à Ceuta a-t-il été favorisé par une récente décision de la justice espagnole ?

Selon un haut responsable marocain cité par l'AFP, Rabat a alerté Madrid sur les effets d'une récente décision de la justice espagnole susceptible d'encourager les départs

Des migrants rebroussant chemin vers la région de Fnideq, dans le nord du Maroc, après avoir quitté l'enclave espagnole de Ceuta, située en Afrique du Nord, le 1er août 2026

Crédit : Abdel Majid BZIOUAT / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Alors que les Européens échangent à couteaux tirés ce mardi pour tirer les enseignements de la crise migratoire à Ceuta, le Maroc avance une autre explication à l'afflux observé ces derniers jours. Rabat affirme avoir alerté Madrid, avant la crise, sur les effets d'une récente décision de la justice espagnole susceptible d'encourager les départs, selon un haut responsable marocain cité par l'AFP, qui écarte toute faille du dispositif sécuritaire du royaume.

Ces derniers jours, près de 60.000 personnes, essentiellement des Marocains, ont rejoint ou tenté de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta à pied ou à la nage depuis la ville voisine de Fnideq. Cet afflux inédit a rapidement saturé l'enclave espagnole avant de donner lieu à des milliers de retours vers le Maroc.

Selon ce très haut responsable, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat lundi soir auprès de l'AFP et de quelques autres médias, les autorités marocaines avaient alerté Madrid sur le risque posé par une récente décision de la Cour suprême espagnole stipulant que le renvoi immédiat d'un migrant ne s'appliquerait pas aux personnes arrivées par la mer. "On a expliqué que ce jugement allait nous créer un problème. Et il a créé un problème", a-t-il déclaré.

"Ce n'est pas une responsabilité exclusive du Maroc de gérer ce phénomène"

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait estimé vendredi que la crise migratoire alors en cours à Ceuta était liée à une rumeur lancée "par les mafias de trafiquants d'êtres humains", avec une interprétation malhonnête de cette décision de justice.

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Selon le haut responsable marocain, les échanges ont débuté avec la partie espagnole autour du "22-23 juillet, quand les réseaux commençaient à parler" de cette nouvelle décision. Il a soutenu qu'il n'y avait pas eu de défaillance du dispositif sécuritaire marocain.

"C'est réducteur que de dire que le Maroc aurait dû juste utiliser la force pour les arrêter. C'est ne rien comprendre à ce phénomène", a-t-il estimé, affirmant que les forces de l'ordre ne pouvaient pas entrer en confrontation avec un tel nombre de personnes.

"Ce n'est pas une responsabilité exclusive du Maroc de gérer ce phénomène", a-t-il insisté, affirmant que le coût de la gestion migratoire pour le royaume atteignait environ 500 millions d'euros par an. Il a cependant assuré que Rabat et Madrid avaient agi "en partenaires fiables" et continuaient de travailler "en coordination parfaite" sur les questions migratoires. 

"Aujourd'hui, c'est à l'Espagne de trouver les réponses à ces défis posés par ce jugement", a-t-il estimé.

Réunion au sommet des 27 sur Ceuta ce mardi

De son côté, l'Espagne s'est abstenue de critiquer Rabat sur les arrivées massives de la semaine dernière, interprétées par certains analystes comme un moyen pour le Maroc de faire pression sur l'Espagne. Madrid s'est contenté de souligner lundi que sa souveraineté sur l'enclave de Ceuta était "incontestable".

L'arrivée en masse de ces jeunes a déclenché une crise diplomatique entre l'Espagne et certains de ses partenaires européens. L'Italie ou le Danemark ont appelé à suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, même si la ville autonome de Ceuta n'appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation.

Les ministres européens de l'Intérieur doivent échanger ce mardi pour tirer les leçons de l'épisode migratoire de Ceuta et des vives tensions qu'il a suscitées. D'un côté l'Espagne. De l'autre, les Etats de l'UE partisans d'une ligne migratoire très ferme, comme l'Italie ou le Danemark.

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