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Crise migratoire à Ceuta : au moins 72 migrants sont morts en tentant de rejoindre l'enclave, le Maroc annonce un premier bilan officiel de 11 morts

Au moins 72 migrants ont trouvé la mort en essayant de gagner illégalement l'enclave espagnole de Ceuta au Maroc. Le milieu associatif dénonce un "silence inquiétant" des autorités marocaines, qui viennent de publier leur premier bilan officiel, faisant état de 11 morts.

Le 31 juillet 2026, des migrants ont tenté de traverser à la nage les eaux situées près de la frontière avec le Maroc pour pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord.

Crédit : JORGE GUERRERO / AFP

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Au moins 72 migrants ont perdu la vie en essayant de gagner de force Ceuta depuis le Maroc, lors de l'afflux inédit de dizaines de milliers de personnes dans l'enclave espagnole en Afrique du Nord, selon Madrid. De son côté, le Maroc annonce un premier bilan officiel qui fait état de 11 morts. 

"Le dernier chiffre que nous ayons est de 72", a indiqué le délégué du gouvernement local de Ceuta, Miguel Angel Perez Triano, à des journalistes qui l'interrogeaient sur le nombre de morts. Beaucoup se sont noyés. Le ministère marocain de l'Intérieur a finalement donné dimanche soir un premier bilan, estimant que 11 personnes avaient perdu la vie en tentant de rejoindre Ceuta. 

Mais l'Association marocaine des droits humains (AMDH) a, elle, fait état de "près de 130 victimes" et de dizaines de disparus, et appelé samedi à l'ouverture d'une enquête indépendante sur les causes de cet afflux inédit de migrants entre la ville marocaine de Fnideq et l'enclave espagnole.  Elle a condamné "le silence inquiétant des responsables et des institutions" du pays estimant que ce mutisme a contribué à cet afflux.     

Le Maroc évoque des "interprétations erronées de dispositions légales"

Selon Madrid, la "quasi-totalité" des quelque 60.000 personnes ayant franchi illégalement la frontière, surtout des jeunes Marocains, ont depuis été renvoyées au Maroc, où les autorités ont mis longtemps à s'exprimer sur ce soudain afflux décrit par le gouvernement autonome de Ceuta comme le pire jamais vu dans l'enclave, et dont le bilan humain ne cesse de s'aggraver.

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Une source proche du milieu associatif a déclaré à l'AFP que "la façon dont les choses se sont passées" laissait penser que ces arrivées massives à la frontière n'avaient pas pu se produire sans l'"accord des autorités" marocaines. 

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Pour Rabat, cette crise migratoire résulte notamment de "l'exploitation malveillante" des réseaux sociaux, de "la diffusion d'informations trompeuses" et d'"interprétations erronées de dispositions légales". Le ministère marocain de l'Intérieur fait ainsi référence à une récente décision de la Cour suprême espagnole, selon laquelle le renvoi immédiat d'un migrant ne s'appliquerait pas aux personnes arrivées par voie maritime. 

Le ministère marocain a annoncé 40.000 "tentatives" de franchissement irrégulier de la frontière vers Ceuta, ajoutant que 1.135 personnes ont cherché à rejoindre l'autre enclave espagnole de Melilla, située à 400 kilomètres plus à l'est. Toutes les personnes arrivées à Melilla ont été renvoyées immédiatement sur le territoire marocain. 

Une crise diplomatique au niveau européen

Dimanche, la police et l'armée patrouillaient les rues de Ceuta où le calme est revenu. Seule une poignée de migrants étaient toujours là. Des canots pneumatiques d'une équipe de secours de mer sillonnaient les vagues à proximité de la frontière matérialisée dans l'eau par 500 mètres de ligne de flottaison neuve. Des membres de la garde civile espagnole ont fait descendre des migrants d'un bus pour les escorter vers le poste-frontière, pour retourner au Maroc. Un renvoi dans le calme, pendant que des employés nettoyaient les déchets et vêtements perdus durant le chaos de jeudi et vendredi. 

L'AFP avait rencontré samedi dans une zone industrielle désaffectée de Ceuta des centaines de mineurs isolés dormant en plein air et qui espèrent encore pouvoir rejoindre l'Europe continentale. "Tous les mineurs ici sont (venus pour) aller en Espagne", a dit à l'AFP Aziz Dabch, l'un des rares adultes présents au sein de la foule massée à l'ombre des entrepôts. 

Certains de ceux qui ont franchi la frontière de l'enclave ont déclaré qu'ils avaient entendu dire qu'elle était ouverte, une rumeur rapidement amplifiée sur les réseaux sociaux. L'Espagne a mis en cause "les mafias de trafiquants d'êtres humains". 

L'arrivée en masse de ces migrants a déclenché une crise diplomatique entre l'Espagne et ses partenaires européens les plus critiques de sa politique migratoire. Les ministres de l'Intérieur des pays de l'UE aborderont mardi en visioconférence les événements de Ceuta. 

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