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Notre-Dame de Paris : polémique après l'abattage d'une centaine de chênes dans le Nord

VU DANS LA PRESSE - Dans la forêt de Mormal (Nord), une centaine d'arbres ont été abattus, dans le cadre de la reconstruction de la cathédrale de Notre-Dame. Une décision qui réjouit certains... Mais en fait grincer d'autres des dents.

Après l’incendie du 15 avril 2019 qui a ravagé une bonne partie de l’édifice, l’ONF (Office National des Forêts) a répondu à l’appel aux dons lancé par l’Etablissement pour reconstruire la cathédrale.
Après l’incendie du 15 avril 2019 qui a ravagé une bonne partie de l’édifice, l’ONF (Office National des Forêts) a répondu à l’appel aux dons lancé par l’Etablissement pour reconstruire la cathédrale.
Crédit : Martin BUREAU / AFP
Charline Vergne

Une centaine de chênes qui se trouvaient dans la forêt de Mormal (Nord), qui s'étend sur plus de 10.000 hectares, viennent d'être abattus. Ils serviront à reconstruire la charpente de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, qui avait été ravagée par un incendie, le 15 avril 2019.

Cette décision, racontée dans un article de 20 minutes, réjouit les amateurs de patrimoine… mais pas les personnes soucieuses de la protection environnementale. Pour comprendre cette décision, il faut remonter deux ans plus tôt, au mois d'avril 2019, lorsque la cathédrale parisienne a été victime d'un terrible incendie, qui a détruit une grande partie de son édifice. Dans les jours qui ont suivi, l'Office national des forêts (ONF) a répondu à l'appel aux dons, lancé pour participer à cette reconstruction.

L'ONF, en charge de la gestion des forêts domaniales et communales françaises, a choisi d'offrir 325 chênes, sur les 1.300 nécessaires à la reconstruction de la charpente de la flèche et du transept, précisent nos confrères. 

Les chênes de Mormal sont faits d'un bois "idéal"

Et si les chênes de la forêt de Mormal ont été retenus, ce n'est pas par hasard : ils sont faits d'un bois idéal pour Notre-Dame de Paris. "On a des pièces conséquentes allant de 60 à 80 centimètres de diamètre et avec des hauteurs de charpente de 13 mètres. On avait des parcelles où nos chênes étaient arrivés à maturité (environ 150 ans). C’est pour ces raisons que ce bois a été sélectionné", explique Éric Marquette, directeur de l’ONF Nord-Pas-de-Calais, à 20 minutes.

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Les chênes en question ont été coupés, à la tronçonneuse, avant l'arrivée du printemps. Dans les prochaines semaines, ils seront transportés dans des scieries locales, où le bois sera transformé en charpente, avant de sécher à l'air libre durant 18 mois, indique le journal. Une fois l'étape de séchage close, le bois sera apporté chez des compagnons charpentiers. Normalement, il devrait être ensuite monté à Notre-Dame avant 2024, date annoncée pour la fin des travaux.

Une décision commentée et pas au goût de tous

La forêt de Mormal fait la fierté des habitants du Nord. Certains ont confié à 20 minutes leur fierté naissante, quant au fait de voir leur région prendre part à ce projet. D'autres, comme Jean-Claude Bonnin, maire de Locquignol, commune située au cœur de la forêt, semble moins enthousiaste : "Ça peut être une fierté pour la forêt de Mormal et pour Locquignol, mais ce n’est pas pour ça qu’on va aller au ciel", ironise le premier édile auprès du média. Même son de cloche du côté d'Éric Braem, son deuxième adjoint. "Ils vont couper 200 chênes pour être sûr d’en avoir 100", souffle-t-il.

En parallèle de ces réactions, de nombreuses critiques ont fusé quant à l'abattage de chênes centenaires. Éric Marquette, pour rassurer, a tenu à ajouter, lors de son entretien avec 20 minutes, que l'ONF gérait les forêts sans pour autant négliger la protection environnementale. "Le bois est un matériau naturel et renouvelable que l’on exploite pour satisfaire les besoins de l’Homme, pour du chauffage ou encore de l’ameublement. Mais quand on coupe un arbre, il y a soit de la régénération naturelle soit du replantage, si l’essence en place n’était pas adaptée. Par exemple, les chênes de Notre Dame sont pédonculés. Ils vont être remplacés par des chênes sessiles plus résistants aux périodes de sécheresse, que nous allons connaître dans les années à venir".

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