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Ministre de la Défense tué, départ des mercenaires russes : ce qu’il faut savoir sur les attaques jihadistes au Mali

Au Mali, les attaques coordonnées menées ce week-end par des jihadistes alliés à des rebelles touareg ont visé le cœur du pouvoir militaire, jusqu’à provoquer la mort du ministre de la Défense. Dans le nord, les séparatistes affirment avoir repris plusieurs positions stratégiques, tandis que les mercenaires russes alliés du pouvoir apparaissent en grande difficulté.

Une colonne de fumée à Bamako au Mali alors que des affrontements ont lieu entre les jihadistes et l'armée malienne le 26 avril 2026.

Crédit : AFP

AFP & Eléonore Aparicio

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Au Mali, un calme très fragile est revenu ce lundi à Bamako et à Kati, près de la capitale, après deux jours de combats particulièrement violents entre l’armée malienne et des groupes jihadistes alliés à des séparatistes touareg. Ces affrontements, d’une ampleur inédite depuis plusieurs années, ont plongé le pays dans une nouvelle phase d’incertitude politique et sécuritaire. 

Tout a basculé samedi, avec une série d’attaques coordonnées menées contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir. Selon les autorités et plusieurs sources concordantes, ces offensives ont été conduites par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, en lien avec le Front de libération de l’Azawad, le FLA, une rébellion touareg indépendantiste active dans le nord du pays.

Le dernier bilan communiqué par les autorités remonte à samedi soir. Il faisait état de 16 blessés, civils et militaires confondus, ainsi que de "dégâts matériels limités". Mais au regard de l’intensité des affrontements, le nombre réel de victimes pourrait être bien plus élevé, en particulier parmi les civils.

Le ministre malien de la Défense tué

Figure centrale de la junte au pouvoir depuis le coup d’État de 2020, le ministre malien de la Défense, Sadio Camara a été tué samedi 25 avril lors des attaques menées contre Kati, selon un communiqué officiel. D’après les autorités, sa résidence a été visée par un véhicule piégé conduit par un kamikaze.

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Le général Camara a été blessé puis transporté à l'hôpital où "il a malheureusement succombé", dit le communiqué, selon lequel il aura droit à "des funérailles nationales".

Âgé de 47 ans, Sadio Camara était considéré comme l’un des hommes forts du régime militaire. Sa disparition porte un coup politique et symbolique très lourd au pouvoir en place. 

De son côté, le général Assimi Goïta, chef de la junte, n'a pas été vu et n'a pas pris la parole depuis le début des hostilités. Une source sécuritaire malienne a indiqué à l'AFP qu'il "a été exfiltré de Kati dans la journée de samedi et se trouve en lieu sûr", mais plusieurs observateurs s'étonnent de son silence.

Des mercenaires russes coincés entre les combats

Ce week-end, les rebelles du FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l'Azawad dans le nord du Mali, ont revendiqué le contrôle "total" de la ville-clé de Kidal (nord). Des mercenaires russes présents dans la région, désormais regroupés sous la bannière d’Africa Corps après le retrait de Wagner, se sont retrouvés dans une position très délicate en tant qu'alliés de la junte. 

Selon plusieurs sources locales citées dans le transcript, un accord aurait été trouvé pour permettre leur retrait de la ville, avec un départ envisagé par la Libye. Les rebelles touareg ont diffusé une vidéo présentée comme montrant le départ de troupes, sous les acclamations d’hommes armés, à la sortie du Camp 2. Le FLA affirme par ailleurs avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao, dans le nord du Mali.

Cette évolution illustre l’affaiblissement du dispositif sécuritaire mis en place par la junte avec l’appui de Moscou. Elle souligne aussi l’incapacité des autorités maliennes, malgré l’appui russe, à conserver durablement le contrôle de zones stratégiques dans le nord du pays.

Le JNIM proclame "la victoire"

Le JNIM, qui lutte depuis des années contre les militaires au pouvoir à Bamako, a proclamé samedi soir la "victoire". Il déclare assumer "la responsabilité" pour les assauts ayant visé samedi "le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l'aéroport international" de Bamako et "les sites militaires dans la ville de Kati".

La Coalition des forces pour la République (CFR), mouvement auquel appartient l'influent imam malien en exil Mahmoud Dicko, a estimé dimanche dans un communiqué que le Mali était "en danger". La junte "a promis aux Maliens la sécurité, la stabilité et le retour de l'État. Aujourd'hui, ces symboles sont frappés", selon la CFR.

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