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Ursula von der Leyen et Mark Carney
Crédit : AFP
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Plus d'un mois après qu'Ursula von der Leyen a évoqué l'idée de faire du Canada un "membre associé" de l'Union européenne, Montréal organise un sommet UE-Canada, les 29 et 30 octobre pour réfléchir à la forme que pourrait prendre ce rapprochement. Ce jeudi, le Premier ministre canadien Mark Carney, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa discuteront de ce qui promet d'être un tournant dans les relations entre l'Union européenne et le Canada.
Cette alliance, dénoncée par Donald Trump, vise à renforcer les liens économiques, industriels, technologiques et de défense entre le Canada et l'Union européenne. Face aux tensions avec les États-Unis, au poids économique de la Chine et à la guerre menée par la Russie en Ukraine, Européens et Canadiens cherchent à réduire leurs vulnérabilités.
Le Canada et l'Union européenne cherchent à réduire leur dépendance économique et stratégique envers les États-Unis et la Chine en s'appuyant sur des partenaires qui partagent leurs valeurs démocratiques et leur attachement au multilatéralisme.
Le 16 septembre dernier, Ursula von der Leyen a surpris plusieurs capitales européennes en proposant que le Canada devienne le premier "membre associé" de l'Union européenne. Cette proposition présentée lors de son discours sur l'état de l'Union à Strasbourg, constitue une innovation majeure puisque ce statut n'existe pas actuellement dans les traités européens.
Contrairement à l'adhésion classique, il pourrait permettre à un pays extérieur de participer étroitement à certaines politiques européennes sans devenir membre à part entière de l'Union. Les contours de cette association restent à définir et certains États membres ont quelques réserves.
Le Monde révèle que Paris et Berlin ont particulièrement mal accueilli l'initiative de la présidente de la Commission, notamment parce qu'elle n'avait pas fait l'objet d'une consultation au préalable des États membres. Le quotidien français précise toutefois que le désaccord porte surtout sur la forme de ce rapprochement, plus que sur son principe.
Plusieurs États membres se sont depuis montrés très réticents à utiliser cette expression de "membre associé", sans pour autant contester l'idée d'une "association toujours plus étroite, juste en deçà d'une adhésion". C'est d'ailleurs cette formulation qui devrait finalement être retenue dans la déclaration finale du sommet, selon des diplomates à Bruxelles.
La France et l'Allemagne apparaissent parmi les principaux États membres réticents à l'utilisation du terme de "membre associé". Pour Paris, le problème ne réside pas dans le rapprochement avec Ottawa mais dans les conséquences d'un tel précédent. Si le Canada peut obtenir un statut particulier, pourquoi celui-ci ne serait-il proposé à d'autres partenaires stratégiques comme la Corée du Sud ou le Royaume-Uni ?
La France est favorable à une coopération approfondie avec le Canada parce qu'elle sert ses ambitions en matière de défense du territoire et d'indépendance industrielle et de défense mais Paris estime que la Commission ne peut seule, décider d'une telle évolution de l'Union européenne.
L'Allemagne exprime des réserves comparables et s'inquiète également des conséquences de cette nouvelle terminologie pour les pays candidats à l'adhésion et particulièrement à l'Ukraine.
Le chancelier Friedrich Merz avait lui-même envisagé un statut de "membre associé" pour l'Ukraine dans le but d'accompagner le rapprochement entre Kiev et l'UE. Appliquer une expression similaire au Canada, qui ne souhaite pas devenir membre de l'Union pourrait brouiller la distinction entre association durable et étape préparatoire à l'adhésion. À ce stade, les divergences concernent surtout la nature juridique et politique de la future alliance.
De son côté, le Premier ministre canadien privilégie l'idée d'une "alliance pour l'avenir", une formule plus souple destinée à rassurer l'opposition qui dénonce les risques d'une alliance susceptible de réduire l'autonomie du pays.
Malgré les quelques désaccords, les discussions qui vont avoir lieu à Montréal devraient porter sur des projets concrets. Parmi les principaux sujets du sommet figurent la défense et le commerce. Le Canada participe déjà au mécanisme européen SAFE, qui finance des investissements communs dans les capacités de défense.
L'objectif est désormais de renforcer la coopération entre les industries de défense, de sécuriser les chaînes d'approvisionnement et de développer des capacités industrielles communes.
Sur le plan économique, le CETA a renforcé les échanges, même si sa ratification complète n'est toujours pas achevée. Ottawa souhaite aussi approfondir sa coopération avec l'Union européenne dans le numérique, l'intelligence artificielle et les matières premières critiques. La coopération devrait également concerner la recherche, l'innovation, l'éducation et la mobilité des jeunes.
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