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McDonald's transfère son siège fiscal à Londres

ÉDITO - Après le Brexit, Londres redevient attractive pour les multinationales. Ce qui intéresse ces grands groupes, ce sont bien sûr les impôts.

L'Union Jack devant Big Ben à Londres.
L'Union Jack devant Big Ben à Londres.
Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP
François Lenglet : McDonald's transfère son siège fiscal à Londres
03:27
McDonald's transfère son siège fiscal à Londres
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François Lenglet & Loïc Farge

McDonald's, le numéro un mondial du fast-food, vient d'annoncer qu'il allait transférer son siège social à Londres. C'est donc la preuve que le Brexit ne fait pas peur à tout le monde. Dès janvier prochain, le restaurateur aura installé le siège de toutes ses activités non américaines en Angleterre. Il était jusqu'ici au Luxembourg, pour des raisons fiscales.

Cette nouvelle fait suite à l'annonce, il y a quelques semaines, d'un gigantesque investissement à Londres de Google, avec la création de plusieurs milliers d'emplois. À compter de 2018, ce campus Google pourrait accueillir jusqu'à 7.000 salariés. Le Royaume-Uni post-Brexitest en train de devenir la base pour des multinationales américaines, celles-là même qui étaient jusqu'ici en Irlande ou au Luxembourg, dans l'Union européenne.

Qu'est-ce qui motive leur installation à Londres ? La question fiscale est déterminante. Comme par hasard, McDonald's et Google avaient été inquiétées par des enquêtes lourdes de la Commission européenne, qui cherche à limiter les pratiques d'optimisation fiscale. Jusqu'ici, ces grandes entreprises logeaient tous leurs profits au Luxembourg et en Irlande, avec des artifices comptables, de façon à profiter d'une taxation très faible. L'argent partait ensuite dans des paradis fiscaux. Apple est le champion de cette technique : l'entreprise dispose de plus de 100 milliards de profits qui ont ainsi largement échappé à l'impôt. Mais Bruxelles est de plus en plus sourcilleux.

Il faut se préparer à une guerre fiscale face à un Royaume-Uni qui veut devenir le Singapour de l'Atlantique

François Lenglet

Cela veut dire que l'Angleterre leur consent des conditions fiscales intéressantes. L'impôt sur les sociétés est à 20%, l'un des taux les plus bas d'Europe. Theresa May, le Premier ministre, a annoncé son intention de le réduire à 10%, sans même considérer les accords fiscaux spécifiques. Les sociétés concernées sont donc assurées de profiter d'une fiscalité faible, et d'échapper en partie aux poursuites européennes. Le dumping fiscal, c'est la stratégie de Theresa May pour contrer les effets négatifs du Brexit.

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Cela semble marcher. Tous ceux qui avaient enterré le Royaume-Uni en croyant qu'il allait devenir un désert économique, ont sous-estimé les effets de l'arme des impôts. Il faut même se préparer à une guerre fiscale face à un Royaume-Uni qui veut désormais devenir le Singapour de l'Atlantique.

Il  y a quand même les banques, qui annoncent leur départ de Londres. C'est vrai que le Brexit est beaucoup plus gênant pour un établissement financier, parce qu'il n'aura plus le droit d'exercer son activité à partir du Royaume-Uni, si le passeport financier est retiré à Londres. Mais on observe que les banques ont menacé de partir, et que ce n'est pas encore le cas. Vont-elles réfléchir si elles ont une bonne proposition, au moins pour une partie de leurs activités ?

Dans un tout autre domaine, le constructeur automobile Nissan - l'un des plus gros industriels d'Angleterre, puisqu'il y fabrique 500.000 véhicules par an - s'était lui aussi interrogé. Allait-il maintenir chez les Anglais la production du Qashqai, l'une des voitures les plus vendues en Europe ? Un petit rendez-vous entre Carlos Gohn, le patron de Nissan, et Theresa May, et tout s'est arrangé. Il y a probablement eu des engagements du gouvernement pour compenser les éventuels surcoûts du Brexit.

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