Une nouvelle affaire de chantage sexuel qui suscite l’indignation sur les réseaux sociaux. De nouvelles accusations d'harcèlement sexuel dans une école au Maroc ont déclenché des appels aux éventuelles autres victimes à briser le silence alors qu’un scandale similaire avait déjà éclaté début décembre. Un responsable du ministère de l'Éducation a rapporté, vendredi 31 décembre, la suspension d’un enseignant jusqu'à sa présentation devant un conseil disciplinaire. Ce professeur, exerçant dans un établissement à Oujda (nord-est), aurait réclamé des faveurs sexuelles à une étudiante en échange de bonnes notes, comme le rapporte la presse locale.
Alors qu’une loi rendant pour la première fois passible de peines de prison des actes "considérés comme des formes de harcèlement, d'agression, d'exploitation sexuelle ou de mauvais traitement", est entrée en vigueur en 2018, après des années de combat, cette nouvelle polémique n’a pas manqué de provoquer la colère des internautes sur les réseaux sociaux. Une campagne de dénonciation sur internet a été lancée par le groupe intitulé les "hors-la-loi" avec l’objectif de récolter des témoignages d'éventuelles autres victimes.
Par ailleurs, une affaire similaire avait fait scandale au début du mois de décembre. Quatre professeurs de l'université Hassan Ier de Settat, ville proche de Casablanca, ont comparu devant la justice marocaine pour des faits de chantage sexuel sur des étudiantes en échange de bonnes notes. Un cinquième universitaire faisait l’objet de poursuite pour "attentat à la pudeur avec violence", un chef d'accusation plus grave.
Le Maroc a été pointé du doigt pour avoir passé en 2018 un nouveau texte de loi jugé "insuffisant" par les mouvements de défense des droits des femmes qui appellent à plus de sévérité face à ce fléau.
Des cas de harcèlement sexuel subi par des étudiantes de la part de leurs professeurs au sein des universités marocaines ont été médiatisés ces dernières années : quand bien même, certaines plaintes n’ont pas été déposées. Et lorsqu'elles l'ont été, la plupart sont restées sans suite.