2 min de lecture Explosions à Beyrouth

Liban : quels sont les problèmes de corruption dont parle Emmanuel Macron ?

En déplacement à Beyrouth ce jeudi 6 août, le président de la République a appelé à "des initiatives fortes pour lutter contre la corruption" et "l'opacité du système bancaire".

Le président de la République Emmanuel Macron en visite au Liban le 6 août 2020
Le président de la République Emmanuel Macron en visite au Liban le 6 août 2020 Crédit : Thibault Camus / POOL / AFP
Victor
Victor Goury-Laffont Journaliste

Avant la double explosion du mercredi 4 août 2020, le Liban était déjà soumis depuis plusieurs mois à une crise politique, avec un pouvoir inchangé depuis des décennies et désormais contesté par sa population et accusé de corruption.

En octobre 2019, un sondage de la société Gallup indiquait que 93% des Libanais considéraient que leur gouvernement était corrompu. Le total le plus élevé de tous les pays du monde. 

L'ONG Transparency International révélait, en décembre, qu'un Libanais sur deux s'était déjà vu proposer de l'argent en l'échange d'un vote à l'approche d'une élection. Le clientélisme gangrène le pays, associé à une dimension communautaire. Sur le site du quotidien libanais l'Orient le Jour, un élu de la région du Chouf décrit "un système mafieux", où "pour obtenir un service normalement offert par l'État, il faut souvent passer par les hommes politiques de sa communauté."

Un système bancaire controversé

Arrivé à Beyrouth, Emmanuel Macron a aussi exigé la fin de l'opacité du système bancaire libanais. L'organisation de la banque centrale du pays est régulièrement décrite comme étant un schéma de Ponzi, dans lequel l'État s'endette régulièrement pour rembourser des retards de paiement déjà accumulés.

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Le pays porte une dette de 90 millions d'euros, ce qui correspond à 170% de son PIB. Il souffre également d'une inflation rampante : en juillet 2020, les prix au Liban avaient augmenté de plus de 400% en un an, rapporte Reuters.  

Pendant que la crise financière sévit, une partie de la classe dominante libanaise sortirait son argent du pays, outrepassant les contrôles normalement prévus. L'ancien directeur général des finances publiques libanaises Alain Bifani expliquait, quelques semaines seulement avec les explosions, que 6 milliards de dollars avait été illégalement exfiltrés du pays. Dans le Financial Times, il déplorait une élite politique et bancaire qui "continuait à bénéficier du système sans pertes" pendant que le reste de la population "pourrait payer un lourd tribut avec la crise."

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