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Un immeuble détruit par les frappes israéliennes dans une banlieue au Sud de Beyrouth ce samedi 7 mars.
Crédit : AFP
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Une semaine après le début de la guerre initiée le samedi 28 février dernier par des attaques menées par Israël et les États-Unis contre l'Iran, c'est désormais le Liban qui est ciblé. Des bombardements israéliens sont lancés sur la banlieue sud de Beyrouth depuis le lundi 2 mars dernier, après des attaques du Hezbollah contre l'État hébreu en réaction à la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei.
Dans une communication publiée ce vendredi 6 mars, le ministère de la Santé libanais fait déjà état de plus de 217 morts, près de 800 blessés et plus de 300.000 déplacés à Beyrouth. Trois soldats ghanéens de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ont aussi été grièvement blessés par les attaques israéliennes.
Au micro de RTL, Monseigneur César Essayan, vicaire apostolique de Beyrouth, installé à quelques kilomètres des zones bombardées, décrit une catastrophe humanitaire et une situation de crise inattendue puisque le "Hezbollah avait annoncé qu'il n'attaquerait pas Israël".
"Nous pensions que le Liban resterait tranquille. Et d'un moment à l'autre, nous nous sommes retrouvés justement en pleine guerre, nous aussi. Nous sommes en pleine sidération", confie-t-il.
Monseigneur César Essayan raconte à quel point les Libanais sont épuisés par les épisodes de guerre qui traversent un pays déjà miné par une crise économique de longue date. Pour rappel, après l’attaque du Hamas en octobre 2023, les échanges de tirs entre le Hezbollah et Israël ont escaladé en guerre totale en 2024. Bilan : plus de 4.000 morts, 16.000 blessés et plus de 100.000 logements détruits, selon les chiffres de l'Unicef.
"Nous ne sommes pas dans un état psychologique qui nous permet d'affronter sereinement ce que nous avons vécu. Nous revoyons les mêmes scènes, les mêmes problèmes. Nous sommes plus préparés, c'est vrai, mais nous n'avons pas la force intérieure d'aller de l'avant. Mais nous nous efforçons à répondre à tous les besoins et nous espérons que ça ne dure pas plus longtemps. Déjà, le pays est au bord de la faillite économique. Les gens n'arrivent plus à s'en sortir. La pauvreté touche plus de 70%, 75% de la population", explique-t-il.
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Découvrir l'émissionMonseigneur César Essayan explique également que les Libanais qui n'ont jamais quitté le pays ont "perdu le goût de vivre". "Nous sommes fatigués, ça fait plus de 50 ans que nous vivons ce va-et-vient de trêves, de guerres. [...] Nous ne mesurons pas cet effet sur la vie des personnes qui ont un certain âge, qui ont 50 ans, 60 ans [...] qui continuent encore aujourd'hui à devoir lutter", rapporte-t-il.
Alors que le président libanais a appelé Emmanuel Macron à "intervenir auprès d'Israël afin d'empêcher que la banlieue sud de Beyrouth ne soit ciblée" jeudi 5 mars, les frappes n'ont finalement pas été freinées et la capitale a tout de même été ciblée à plusieurs reprises durant les derniers jours. Monseigneur César Essayan estime que si le Liban sollicite la France, c'est parce qu'il ne trouve pas de "cohésion interne".
"Le Hezbollah veut continuer sa propre politique. Ce n'est pas juste non plus, parce que le gouvernement libanais avait demandé à Hezbollah de remettre toutes ses armes et tous ses missiles aux mains de l'armée libanaise, qui devrait elle-même se charger de la protection du territoire libanais. Et le Hezbollah ne veut rien entendre à cela, et ça c'est un grand problème", regrette-t-il.
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En plus des dysfonctionnements internes au pays, l'homme d'Église pointe également du doigt le gouvernement israélien. "Toutes les instances internationales, toutes les résolutions internationales qui demandent à Israël de rester sur son propre territoire. Israël ne respecte aucune de ces résolutions internationales et fait ce qu'elle souhaite, ce qu'elle veut, ça ce n'est pas non plus possible. Donc il faut que tout le monde revienne un petit peu à la logique et qu'on comprenne que la guerre n'a jamais été une solution", appelle Monseigneur César Essayan.
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