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Frappes américaines en Syrie : revivez la journée de toutes les incertitudes

À la suite des menaces de Donald Trump envers le régime de Damas, une frappe aérienne a été lancée contre une base de l'armée syrienne vendredi 7 avril.

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Bombardement de la Syrie par les États-Unis : les analyses de Pierre Servent et Frédéric Encel Crédit Image : AFP PHOTO / US NAVY / MASS COMMUNICATION SPECIALIST 3RD CLASS ROBERT S. PRICE | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date :
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Ludovic Galtier
avec Christophe Guirard et AFP

Accusant le régime syrien d'avoir utilisé un agent neurotoxique de type sarin lors de l'attaque qui a fait des dizaines de victimes, dont des enfants, mardi 4 avril dans une zone rebelle du nord-ouest du pays, les États-Unis ont lancé une série de frappes contre la base aérienne de Shayrat, au nord de Damas, a annoncé le président américain Donald Trump. Selon lui, cette base est "associée au programme" syrien d'armes chimiques et "directement liée" à l'attaque du 4 avril, qui a fait 86 morts, dont 27 enfants.

Bachar al-Assad "a arraché la vie à des hommes, femmes et enfants sans défense" a déclaré le président américain lors d'une déclaration à la presse. Il a appelé jeudi 6 avril toutes les "nations civilisées" à œuvrer pour faire cesser le bain de sang en Syrie. C'est la première fois que les États-Unis frappent directement le régime syrien. L'ancienne secrétaire d'Etat démocrate Hillary Clinton, qui avait milité pour une approche plus musclée de l'administration Obama contre Damas, s'est dite favorable aux frappes pour "détruire" les bases aériennes syriennes. 

Une soixantaine de missiles de croisière Tomahawk ont été lancés depuis deux navires de l'armée américaine patrouillant dans la région. La frappe visait à détruire des pistes, des avions, des réserves de carburants, des munitions, des radars. Le Pentagone assure à avoir cherché à éviter les pertes civiles.

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22h20 - Le secrétaire au Trésor américain annonce que les États-Unis préparent des sanctions économiques contre la Syrie.

20h40 - Deux avions militaires ont décollé de la base aérienne syrienne frappée par les États-Unis et ont mené des raids dans les environs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 

18h00 - L'agence de presse Tass annonce qu'une frégate russe a fait son entrée en mer Méditerranée. Le navire restera pour une présence "indéterminée", en fonction de "l'évolution de la situation".

17h00 - Le secrétaire général des Nations unies a appelé à la retenue. "Conscient du risque d'escalade, j'en appelle à la retenue pour éviter tout acte qui ajouterait encore à la souffrance du peuple syrien", a déclaré Antonio Guterres dans un communiqué, publié peu avant une réunion du Conseil de sécurité consacré à cette frappe.  

13h38 - La présidence syrienne a qualifié les frappes américaines contre une base militaire du régime d'acte "irresponsable" et "idiot". 
"Tout ce qu'a entrepris l'Amérique n'est qu'un acte idiot et irresponsable, et révèle sa vision à court terme (...) et son aveuglement sur les plans politique et militaire", a indiqué le communiqué de la présidence. 

12h15 - Selon l'agence officielle syrienne, dont le communiqué est relayé par l'AFP, les bombardements américains auraient tué neuf civils.

11h45 - Outre Marine Le Pen, d'autres candidats à la présidentielle ont réagi. Emmanuel Macron a ainsi répété son souhait de voir "une action coordonnée" après ce bombardement. Benoît Hamon a insisté, à l'instar de François Hollande, sur la responsabilité de Bachar al-Assad : "Il a gazé des enfants, massacrés par des armes chimiques, ce qui est un acte criminel inacceptable et insupportable". Quant à François Fillon, il dit "comprendre" la riposte américaine mais met en garde contre une "confrontation" entre Occident d'un côté, Russie et Iran de l'autre.

11h00 - En marge d'un déplacement en Ardèche, François Hollande a par ailleurs déclaré : "Je considère que cette opération était une réponse. Elle doit être maintenant poursuivie au niveau international dans le cadre des Nations Unies si c'est possible, de façon à ce que nous puissions aller au bout des sanctions contre Bachar al-Assad et empêcher qu'il y ait de nouveau utilisation des armes chimiques et l'écrasement par ce régime de son propre peuple".

10h39 - François Hollande a pris la parole pour annoncer qu'il réunira un Conseil de défense vendredi 7 avril à 19h.

9h56 - La diplomatie française reste ferme avec le régime syrien. François Hollande, dans une déclaration conjointe avec Angela Merkel, affirme que Bachar al-Assad est "seul responsable" de l'action militaire des États-Unis. Dans le même temps, Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, estime que ces frappes sont un "signal" envoyé aux Russes et aux Iraniens.

9h45 - La Russie hausse clairement le ton. Après avoir tout juste annoncé la suspension de son accord avec Washington sur la prévention d'incidents aériens, Moscou réclame une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

9h25 - Six personnes ont été tuées et d'importants dégâts matériels ont été causés par le bombardement, selon l'armée syrienne.

9h19 - Les réactions internationales s'enchaînent. C'est au tour de l'Allemagne de réagir, en déclarant que ces frappes sont "compréhensibles". Dans le même temps, le Japon soutient la "détermination" des Américains, tandis que la Chine se montre bien plus distante en appelant à "éviter toute détérioration" de cette crise. L'Élysée n'a pas encore officiellement communiqué.

9h08 - La Turquie considère les frappes américaines contre une base militaire du régime syrien comme "positives", a déclaré le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus.

8h56 - Le gouvernement britannique "soutient pleinement l'action des États-Unis", a déclaré un porte-parole de Downing Street. Ces frappes sont "une réponse appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique perpétrée par le régime syrien".

8h34 - Marine Le Pen se dit "étonnée" de la réaction de Donald Trump. Au micro de France 2, elle explique : "Trump avait indiqué à plusieurs reprises qu'il n'entendait plus faire des Etats-Unis le gendarme du monde, et c'est exactement ce qu'il a fait hier".

8h10 - L'Iran "condamne vigoureusement" les frappes américaines, Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. "Nous condamnons toute action unilatérale et l'attaque (...) contre la base aérienne d'Al-Chaayrate sous prétexte d'une attaque chimique suspecte mardi à Khan Cheikhoun", ajoute-t-il.

8h08 - Vladimir Poutine dénonce une "agression" contre la Syrie, "en violation des normes du droit international, (se fondant) sur des prétextes inventés".

8h02 - "La décision de Donald Trump va dans le bon sens", a déclaré Ségolène Royal au micro de RTL. "Ça commence à prouver qu'il écoute son administration, et la communauté internationale", a-t-elle souligné. Mais la ministre de l'Environnement nuance, privilégiant les négociations à l'ONU : "Il faut que la communauté internationale puisse décider ensemble".

7h30 - Quatre soldats syriens ont été tués vendredi par les frappes américaines en Syrie qui ont également "détruit presque totalement" la base aérienne du régime qui était visée, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "On a la confirmation de la mort de quatre militaires dont un général de brigade dans l'armée de l'air. L'aéroport a été presque totalement détruit : le tarmac, le dépôt de fuel et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés", a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

7h00 - Le gouvernement israélien a également affirmé son soutien au "message fort" envoyé par les États-Unis. "Israël soutient totalement la décision du président Trump et espère que ce message de détermination face aux agissements ignobles du régime de Bachar al-Assad sera entendu non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, Pyongyang et ailleurs", a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

6h30 -
"S'il y a des actions militaires, toute la responsabilité sera sur les épaules de ceux qui auront initié une telle entreprise tragique et douteuse", a déclaré l'ambassadeur russe Vladimir Safronkov à la sortie de la réunion du Conseil de sécurité tenue à huis clos. Peu de temps après l'attaque, le Pentagone a annoncé avoir prévenu la Russie du lancement de cette frappe. La télévision d'État syrienne a qualifié les frappes américaines d'"agression", tandis que le gouverneur de Homs a annoncé que celles-ci avaient fait des morts.

6h00 - L'opposition syrienne s'est félicitée de la frappe américaine contre une base de l'armée syrienne et a appelé à la poursuite des bombardements jusqu'à "neutraliser la capacité" du régime à lancer des raids contre ses adversaires, a déclaré un porte-parole. "La Coalition de l'opposition salue la frappe et appelle Washington à neutraliser la capacité d'Assad à mener des raids", a indiqué Ahmad Ramadan.  "Nous espérons la poursuite des frappes", a-t-il ajouté.


5h30 - La Russie avait mis en garde les États-Unis jeudi 6 avril contre une éventuelle intervention militaire contre son allié syrien, affirmant qu'il pourrait y avoir "des conséquences négatives", selon l'ambassadeur russe à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie.

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2017-04-07 03:44:00
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