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Une photo diffusée par la présidence iranienne le 29 août 2023 montre une vue d'ensemble de la phase 11 du gisement de gaz de South Pars, situé dans le port d'Asaluyeh, dans la province de Bushehr, au sud-ouest du pays,
Crédit : Iranian Presidency / AFP
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Trois semaines après le lancement de l’opération "Epic Fury", le conflit iranien connaît une escalade majeure après l'intensification des frappes visant directement des infrastructures énergétiques. L'attaque israélienne contre le gigantesque champ gazier de South Pars, l'un des plus importants au monde, constitue un tournant stratégique et fait craindre le pire aux acteurs du secteur.
En riposte, l'Iran a multiplié les frappes de missiles et de drones contre des installations pétrolières et gazières dans toute la région, touchant notamment le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ces attaques ont provoqué des incendies et des dégâts sur des sites clés et entraîné une perturbation immédiate des marchés mondiaux.
"C'est la première fois, dans ce conflit, que des installations directement liées à la production d’énergie fossile sont visées, et non plus seulement des sites plus largement associés à l’industrie pétrolière et gazière."
Cette stratégie de ciblage des ressources énergétiques fait entrer le conflit dans une phase particulièrement dangereuse puisqu'elle pousse les pays du Golfe à rejoindre pleinement le conflit. Ciblé régulièrement par des drones, l'Arabie saoudite a indiqué ce jeudi qu'elle se réserve le droit "de mener des actions militaires si cela s'avère nécessaire".
Le Qatar, deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a également été touché par des frappes visant le complexe gazier de Ras Laffan, le plus grand site de GNL au monde. Doha a annoncé de nouveaux "dommages considérables" sur le site déjà touché la veille par l'Iran. Selon la défense civile qatarie, les incendies ont pu être maîtrisés et aucun blessé n’est à déplorer. Emmanuel Macron a dénoncé "une escalade incontrôlée" et plaidé pour "une trêve" pendant l'Aid.
En réaction à l’escalade du conflit et aux dernières frappes iraniennes, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon ont annoncé leur volonté de participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz.
Face à cette montée des tensions, Donald Trump a adopté une position ambivalente. D'un côté, il affirme vouloir éviter une escalade incontrôlée, appelant publiquement à la retenue et laissant entendre qu'aucune nouvelle frappe majeure ne serait menée sans provocation. De l'autre, il maintient une ligne dure en brandissant la menace de frapper des installations énergétiques iraniennes en cas de poursuite des attaques contre les pays du Golfe.
"Plus aucune attaque ne sera menée par Israël concernant ce champ de South Pars extrêmement important et précieux, à moins que l'Iran ne décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar. Dans ce cas, les États-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a-t-il écrit sur son compte Truth Social.
L’escalade actuelle fait peser des risques majeurs sur le marché mondial de l’énergie. Le Golfe persique concentre une part essentielle de la production et du transit mondial de pétrole et de gaz, notamment via le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un tiers du commerce maritime d’hydrocarbures.
Les frappes sur les infrastructures énergétiques ont provoqué une flambée des prix de l’énergie. Ce jeudi, le baril de Brent a bondi de près de 7%, atteignant 114,64 dollars, après un pic à plus de 10% dans la matinée. Le gaz européen a également connu une envolée spectaculaire, grimpant jusqu’à 35%. Cette tension sur les marchés de l’énergie, alimentée par les frappes répétées sur les infrastructures du Golfe, fait craindre une crise économique majeure.
"Même lorsque la guerre prendra fin, les répercussions sur l'approvisionnement pourraient durer des mois, voire des années, le temps que les réparations soient effectuées", a déclaré au Financial Times Saul Kavonic, analyste énergétique chez MST Financial.
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