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"La France est complètement hors-jeu" : pourquoi Israël et les États-Unis ont écarté Paris des négociations avec le Liban

Un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah libanais a été annoncé jeudi 16 avril par Donald Trump, au bout de tractations auxquelles la France n'a pas été conviée. Un coup dur pour l'ancienne puissance mandataire au Liban.

Donald Trump, Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu.

Crédit : AFP / montage RTL.fr

La France hors-jeu au Liban, le seul pays ou elle comptait encore un peu

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La France hors-jeu au Liban, le seul pays ou elle comptait encore un peu

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Georges Malbrunot - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Donald Trump a annoncé le soir du jeudi 16 avril 2026 un cessez-le-feu de 10 jours entre le Liban et Israël. Dans ces négociations, la France a été mise complètement hors-jeu. Une absence souhaitée par Israël et les États-Unis. Les deux nations alliées contre le Hezbollah pro-iranien au Liban cherchent depuis des années à en écarter l’ancienne puissance mandataire. 

Ce fut le cas en novembre 2024, lorsque la France ne composait pas le mécanisme de surveillance du précédent cessez-le-feu entre l’État hébreu et le Hezbollah. Les Américains ont tout fait pour marginaliser les militaires français. Pour Washington et Jérusalem, Paris est une empêcheuse de tourner en rond au Liban, dernier pays du Moyen-Orient où nous disposons encore d’une influence. 

La France, un témoin gênant des agissements israéliens

Alors qu’Américains et Israéliens veulent forcer le fragile gouvernement libanais, tiraillé entre les communautés, à démanteler militairement le Hezbollah, la France leur répond à juste titre que la seule voix militaire est une illusion. 

Nous dérangeons aussi parce que des soldats français sont au sud-Liban avec la Finul, la force des nations unies. Ils sont des témoins gênants des agissements de l’armée israélienne qui les prend parfois pour cible. Là-encore, Américains et Israéliens sont parvenus à leurs fins, puisque les soldats français et la Finul lèveront le camp à la fin de cette année 2026.

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L'influence hexagonale décroit aussi par la volonté locale. Le président de la République libanaise Joseph Aoun est plutôt proche des États-Unis, et parle beaucoup mieux anglais que français. Certains de ses conseillers regardent aussi davantage vers le Nouveau Continent. De plus, l’armée libanaise est équipée en quasi-totalité en matériels américains. Cette donnée est importante dans une armée où les plus hauts-gradés sont, eux aussi, plus pro-américains que pro-français. 

Pas définitivement hors-jeu

Il faut encore ajouter que le dialogue que la France entretient avec le Hezbollah est mal vu par certaines factions libanaises, comme les Forces libanaises chrétiennes hostiles à la milice pro-iranienne. 

Malgré le rôle subalterne qu'elle subit désormais, la France n'est pas définitivement hors-jeu au Liban. Le cessez-le-feu annoncé hier par Donald Trump demeure très fragile et rien ne dit qu'il tiendra. Comme il n’y aura pas de solution militaire pour désarmer le Hezbollah, il faudra bien envisager d’autres options, plus politiques. Et c’est là que la France, qui parle à tout le monde au Liban, pourrait être utile. 

Même s’ils s’opposent aux armes détenues par le Hezbollah, de nombreux Libanais rejettent surtout la méthode dure américano-israélienne, car elle pourrait déboucher sur des affrontements interconfessionnels. Personne à Beyrouth n’a envie de renouer avec les années noires de la guerre civile. 

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