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La Coupe du monde 2026 sous la menace des cartels ? Le Mexique assure qu'il n'y a "aucun risque" pour les fans de foot : comment le pays veut relever le défi de la sécurité

À quelques semaines de la Coupe du monde 2026, le Mexique - qui doit accueillir 13 matchs - veut rassurer sur la sécurité du tournoi, malgré les violences liées aux cartels. Entre Guadalajara, Mexico et Monterrey, les autorités promettent un dispositif massif.

Des policiers de l'État de Jalisco participent à un exercice de maintien de l'ordre lors d'événements sportifs, en prévision de la Coupe du monde 2026 à Guadalajara, au Mexique, le 8 mai 2026.

Crédit : ULISES RUIZ / AFP

Juliette Vignaud

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Un enjeu crucial. Co-hôte de la Coupe du monde de football avec les États-Unis et le Canada, le Mexique - qui doit accueillir treize rencontres - est tenu d'offrir des garanties en matière de sécurité. Le défi est immense pour le pays, où des tirs sur le site archéologique des pyramides de Teotihuacan ont tué une Canadienne et blessé 13 autres touristes, le 20 avril dernier.

Cette attaque mortelle a poussé la présidente Claudia Sheinbaum à exiger un renforcement des contrôles afin d'empêcher l'introduction "d'armes à feu sur un site archéologique ou touristique". "Il est évident que nous devons renforcer la sécurité", a-t-elle concédé alors que Mexico accueillera le match d'ouverture du Mondial le 11 juin, et s'apprête à recevoir plus de 5,5 millions de visiteurs durant la compétition.

Pour les autorités mexicaines, l'enjeu est aussi diplomatique et économique, avec 3 milliards de dollars de retombées attendues. Il s'agit ainsi d'éviter que la guerre des cartels ne ternisse l'image du pays pendant l'un des événements sportifs les plus suivis au monde.

"Aucun risque" pour Claudia Sheinbaum

La sécurité s'impose donc comme un enjeu majeur, notamment à Guadalajara où une flambée de violences a suivi la mort d'un des barons de la drogue début mars. Le chef du cartel le plus recherché au Mexique, Nemesio Oseguera Cervantes, alias El Mencho, a été tué le 22 février lors d'une opération militaire. Son organisation, le puissant Jalisco Nueva Generación (CJNG), a réagi violemment, mettant notamment en place des barrages routiers à quelques kilomètres seulement du stade Akron, l'un des trois sites désignés pour accueillir des matchs de la Coupe du monde. Des véhicules et des commerces ont aussi été incendiés.

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Si cette vague de violences a ravivé les craintes pour le Mondial - avec environ 3 millions de visiteurs attendus à Guadalajara, où quatre matchs doivent se tenir - Claudia Sheinbaum a assuré qu'il n'existait "aucun risque" pour la sécurité du tournoi. "Toutes les garanties" seraient réunies, a-t-elle déclaré, deux jours après la mort d'El Mencho, selon des propos rapportés par El País. Gianni Infantino, le président de la Fifa, s'était aussi dit "très tranquille" au sujet de la tenue des matchs.

L'assassinat du maire d'Uruapan, Carlos Manzo, en novembre 2025 avait suscité des inquiétudes similaires. Là encore, la Fifa s'était dit "très sûre, très confiante" en vue des protocoles sécuritaires durant le Mondial.

"Redorer l'image du Mexique"

Sur place, les footballeurs affichent aussi une certaine sérénité. Sébastien Salles-Lamonge, joueur français de 30 ans à l'Atlético de San Luis, club du championnat mexicain, affirme que lui et ses coéquipiers ne sont pas spécialement inquiets.  "En février, ça a fait énormément de bruit parce qu'ils (les cartels) ont coupé des routes pour se faire entendre", assure-t-il à RTL.fr, en référence aux violences qui ont suivi la mort d'El Mencho. "Évidemment, ça a posé des questions par rapport au Mondial. Mais les Mexicains sont habitués et ils ne sont pas plus préoccupés que cela."

"On en a parlé en février, mais depuis, non, on ne parle jamais de ça", ajoute-t-il. "Il n'y a pas du tout d'histoires liées à ça tous les jours : ce n'est pas quelque chose que tu vois au quotidien."

De mon point de vue personnel, non, je n'ai pas été si inquiet que ça.

Sébastien Salles-Lamonge, joueur français à l'Atlético de San Luis, à RTL.fr

Sébastien Salles-Lamonge l'assure : les Mexicains, "amoureux du ballon", ont "hâte de donner une bonne image" pendant la Coupe du monde. "C'est vraiment un pays très accueillant." Pour le site d'informations local La Silla Rota, le Mondial 2026 apparaît aussi comme "l'occasion unique de redorer l'image du Mexique, souvent considéré comme violent et dangereux" et ainsi de proposer un événement "irréprochable en termes de sécurité".

100.000 forces de sécurité déployées

Face à ce défi sécuritaire, les villes hôtes ont constitué leurs propres équipes en coordination avec les autorités locales, rapporte Gabriela Cuevas, responsable de la coordination du Mondial au Mexique. Ces délégations travaillent depuis trois ans à une stratégie commune de sécurité et de logistique, qui comprend – outre les stades – 13 camps de base, 10 villes et 17 camps d'entraînement. Les autorités mexicaines travaillent aussi avec leurs homologues américains et canadiens sur les enjeux de sécurité, de transports et de circulation des supporters durant la compétition.

Les autorités mexicaines ont également annoncé, début mars, que près de 100.000 membres des forces de sécurité seront déployés pendant la compétition. L'essentiel de ce dispositif sera composé de 20.000 militaires, dont des membres de la Garde nationale, et de 55.000 policiers, en plus de membres de sociétés privées de sécurité, a précisé le général Román Villalvazo Barrios, chef du centre de coordination pour la Coupe du monde 2026.

"Cela nous donne un total de légèrement plus de 99.000 effectifs", a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, selon des propos rapportés par l'Agence France-Presse. Le dispositif de sécurité sera complété par le déploiement de près de 2.500 véhicules militaires et civils, 24 aéronefs, des systèmes antidrones et des chiens renifleurs. Les fan zones, les transports et les abords des stades feront notamment l'objet d'une surveillance renforcée durant toute la compétition.

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