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Trahi par une relation amoureuse : les coulisses de la capture d'El Mencho, le leader du puissant cartel mexicain

L'armée mexicaine a abattu, dimanche 22 février, le baron de la drogue Nemesio Oseguera, alias "El Mencho", chef du puissant cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG). Une opération rendue possible par la traque sans relâche de son entourage, notamment ses partenaires amoureuses.

Des membres de la Garde nationale mènent une opération à Mexico, au Mexique, le 22 février 2026, après que les forces fédérales ont tué "El Mencho", chef du cartel Jalisco New Generation Cartel, à Guadalajara.

Crédit : Gerardo Vieyra / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Jérémy Descours

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La traque aura duré des années. Elle s'est jouée en quelques heures, dans les broussailles de Tapalpa, une ville située au sud du Mexique perchée à 1.950 mètres d'altitude. 

Dimanche 22 février, Nemesio Oseguera Cervantes, alias "El Muncho", chef redouté du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), est tombé au terme d'une opération éclair des forces spéciales mexicaines. 

L'homme le plus recherché du pays, cible d'une récompense américaine de 15 millions de dollars, est mort après son arrestation, ont annoncé les autorités.


Ironie du sort : c'est la surveillance d'une partenaire amoureuse qui aurait permis de refermer le piège. Selon le ministre de la Défense, le général Ricardo Trevilla, les services militaires suivaient depuis plusieurs jours un proche d'une compagne du narcotrafiquant, comme l'ont rapporté CBS News ou encore AP News

Vendredi, l'homme l'escorte jusqu'à Tapalpa, dans l'État de Jalisco, fief historique du CJNG, pour une rencontre discrète avec le chef. Des renseignements américains, qualifiés de "cruciaux", confirment le point de chute exact de ce rendez-vous romantique. 

Un affrontement très violent

Une fois la femme repartie, l'armée verrouille la zone grâce à un cordon terrestre de soldats et de la Garde nationale. Six hélicoptères, en alerte, sont positionnés non loin du site d'intervention.

En parallèle des forces spéciales sont placées dans les États voisins. À l'aube, le signal est donné. L'assaut commence. La présidente Claudia Sheinbaum, en déplacement dans le nord du pays, suit l'opération à distance en temps réel.

La riposte du cartel est immédiate et brutale. Huit hommes armés sont abattus dans les premiers échanges. "El Mencho" tente alors de fuir avec deux gardes du corps vers une zone boisée parsemée de cabanes, tandis qu'un commando lourdement armé couvre sa retraite. 

Parmi l'arsenal saisi : deux lance-roquettes, dont un modèle similaire à celui utilisé en 2015 pour abattre un hélicoptère militaire, une attaque qui avait marqué l'entrée du CJNG dans une guerre ouverte contre l'État.

"El Mencho" décède lors de son transfert à l'hôpital

Traqué dans les sous-bois, le chef du cartel est finalement localisé "caché dans les broussailles", selon les autorités mexicaines. Un nouvel échange de tirs éclate. 

Oseguera Cervantes et ses deux gardes sont blessés. Trois soldats sont également touchés. Héliporté vers un hôpital, "El Mencho" succombe durant son transfert vers la capitale de l'État de Jalisco, tout comme ses gardes du corps, déjà dans un état critique. 

Par mesure de sécurité, les autorités modifient le plan de vol et transfèrent les corps vers la capitale, Mexico, afin d'éviter toute tentative de récupération ou représailles immédiates.

Mais le bilan dépasse largement la seule chute du parrain mexicain. Plus de 70 personnes ont été tuées dans l'opération et les violences qui ont suivi. Dans le seul État de Jalisco, 25 membres de la Garde nationale ont péri, ainsi qu'un responsable pénitentiaire, un employé du parquet et une civile présumée. 

46 membres présumés du cartel ont également été abattus. Dans le Michoacán, état voisin de Jalisco, quatre autres tireurs ont été tués et quinze agents ont été blessés.

"Protéger toute la population"

Dans la foulée, un opérateur financier et logistique du CJNG, surnommé "El Tuli", aurait offert 20.000 pesos (un peu moins de 1.000 euros) pour chaque soldat tué.

Présenté comme le cerveau de barrages routiers, d'incendies criminels et d'attaques coordonnées contre des bâtiments publics, il a été traqué puis abattu par une brigade de parachutistes. Près de 1,4 million de dollars en devises ont été saisis durant l'assaut. 

Selon les médias outre-Atlantique, cette opération marque l'aboutissement d'une coopération américano-mexicaine renforcée ces derniers mois. Washington traquait "El Mencho" depuis des années et était considéré comme une priorité absolue de la DEA (agence fédérale américaine chargée de lutter contre le trafic et la distribution de drogues aux États-Unis).

Reste une question explosive : que va devenir le CJNG sans son fondateur ? L'histoire récente du Mexique montre qu'abattre un chef ne signifie pas forcément le démantèlement d'un cartel. Au contraire. 

Une chose est sûre, la priorité actuelle du gouvernement reste, selon ses dires, de "protéger toute la population" d'un pays qui sera co-hôte, cet été, de la Coupe du monde de football. 

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