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"Gros con", "abrutis" : le journal intime très cru de Domenech à la Coupe du monde 2010 dévoilé dans le documentaire Netflix sur Knysna

Dans le documentaire "Le Bus : Les Bleus en grève" sur la scandaleuse Coupe du monde de l'équipe de France en Afrique du Sud il y a seize ans, le sélectionneur de l'époque Raymond Domenech dévoile ses sulfureuses notes dans son journal intime.

L'équipe de France de football attend dans son car après avoir quitté le terrain avant le début d'une séance d'entraînement au stade Fields of Dreams de Knysna, le 20 juin 2010, pendant la Coupe du monde.

Crédit : FRANCK FIFE / AFP

Grève des Bleus à Knysna en 2010 : Stephen Kamga est l'invité de Anne-Sophie Lapix

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Gabriel Joly & AFP

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Seize ans après, l'affaire de Knysna est toujours aussi sensible. Si les protagonistes du fiasco des Bleus à la Coupe du monde 2010 livrent leur vérité dans un documentaire visible sur Netflix depuis mercredi 13 mai, leurs versions restent toujours irréconciliables. "Ce qui m'a frappé, 16 ans après, c'est de voir qu'ils étaient encore marqués au fer par cet événement", souligne l'un des producteurs, Stephen Kamga, évoquant une "blessure pas du tout refermée".

À travers les témoignages du sélectionneur Raymond Domenech et de trois joueurs, le capitaine Patrice Evra, William Gallas et Bacary Sagna, le film Le Bus : Les Bleus en grève, fait revivre l'atmosphère irrespirable qui régnait au sein du groupe en Afrique du Sud. Une crise qui a connu son paroxysme quand les joueurs ont décidé de boycotter leur entraînement, devant les caméras du monde entier.

Pour l'occasion, Raymond Domenech a donné accès au journal intime qu'il tenait à l'époque et qui a inspiré un premier livre il y a des années, Tout seul. Un document personnel "où il balançait toutes ses émotions, toutes ses frustrations", décrit un autre producteur, Yoan Zerbit. Après la grève de ses joueurs, Raymond Domenech y écrit : "C'est votre meilleure action collective de tout le Mondial. Le suicide est commis ! Alléluia !"

"Thierry Henry est né le 17 août. Lion banal : il se regarde le nombril", peut-on encore lire. S'en prenant également aux autres internationaux, il note pêle-mêle : "Gourcuff, mais qu'il est con. Autiste léger d'abord et con ensuite", "Gallas fait toujours la gueule. Je ne supporterai pas longtemps", "Anelka qui est passé sans me regarder. Ce gros con !".

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Au milieu de ces propos peu gratifiants, le coach confie son désarroi. "Envie de disparaître loin de tout", "j'ai parfois des montées de haine envers ces abrutis", écrit-il au moment de la défaite contre le Mexique (0-2). Les joueurs et le coach reviennent d'ailleurs en détail sur l'altercation verbale qui oppose Raymond Domenech à Nicolas Anelka à la mi-temps de la rencontre, et dont la révélation à la "une" de L'Equipe -  "Va te faire enculer, sale fils de pute !" - va mettre le feu aux poudres et entraîner l'exclusion de l'attaquant.

À la recherche de la taupe

L'a-t-il traité de "fils de pute", comme l'a écrit le journal ? "Il ne me l'a jamais dit", réitère Raymond Domenech, "formel". Pourquoi ne pas avoir démenti ? "Parce que je m'en fous", lâche-t-il. Evra, Gallas et Sagna cherchent, eux, à livrer une autre vérité que celle de "caïds immatures", comme la ministre des Sports de l'époque, Roselyne Bachelot, avait qualifié certains joueurs sans les nommer.

Patrice Evra assure encore que Nicolas Anelka était prêt à s'excuser en interne mais qu'on ne lui en a pas laissé l'occasion. Le capitaine confie avoir abordé "fou de rage" la conférence de presse durant laquelle, le regard noir, il lâche que "le problème de l'équipe de France, c'est le traître qui est parmi nous", ayant fait fuiter l'info.

De même, après la grève et le scandale qu'elle provoque, l'ancien latéral voulait aussi faire amende honorable en conférence de presse mais son sélectionneur aurait refusé qu'il s'exprime. "Tu crois que je vais accepter de m'asseoir à côté de toi pour que tu t'excuses ?", se remémore-t-il.

Le documentaire se termine sur une thèse inattendue autour de l'éventuelle "taupe", un élément que Netflix a demandé aux médias de ne pas dévoiler. Des journalistes de L'Equipe, Sébastien Tarrago, Vincent Duluc, s'expriment également, ainsi que Roselyne Bachelot, le chef de presse des Bleus François Manardo et l'ancien préparateur physique Robert Duverne, en larmes.

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