4 min de lecture Alep

L'impuissance internationale face au massacre d'Alep

La presse s'insurge de l'impuissance de la communauté internationale à aider la population opprimée de la ville syrienne.

Revue de Presse - La Revue de Presse Amandine Bégot iTunes RSS
>
L'impuissance internationale face au massacre d'Alep Crédit Image : GEORGE OURFALIAN / AFP | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

C'est une visite qui a eu lieu dans le plus grand secret pendant 6 jours entre le 11 et le 16 novembre dernier. Une petite équipe d'enquêteurs européens sous escorte de l'armée irakienne a pu entrer dans 6 entrepôts de fabrique d'armes abandonnés par l'État islamique non loin de Mossoul. Ce qu'ils y ont vu les a stupéfaits. Ils avaient déjà eu accès par le passé à des ateliers de fabrication, notamment après la prise de Falloudjah mais rien à voir avec ça. Récit de Georges Malbrunot dans Le Figaro ce matin.

Cette fois les enquêteurs ont découvert un complexe militaire digne d'une véritable armée. Certains entrepôts faisaient plus d'un hectare. Ils ont pu remonter tout le fil de l'usinage d'une arme, et au cours de leur visite, ils ont fini par tomber sur une mystérieuse OSCQ, organisation pour la standardisation et le contrôle de qualité, dont la tache est notamment de publier les spécifications de chaque arme et des registres de production indiquant type d'arme, quantité, pièces rejetées à l'issue du contrôle qualité, blessures entraînées au cours de la production. 

Un souci de précision digne d'un embryon d'industrie militaire. D'autres éléments ont stupéfié les enquêteurs. La rapidité de la production, les moyens d'approvisionnement... Et puis au milieu d'un entrepôt abandonné, des paquets de faux sucre, qui servent à la propulsion, du Sorbitol produit en 2015 en France par la société Terreos. Les enquêteurs lui ont réclamé des explications sans la blâmer, Daesh a vraisemblablement utilisé un intermédiaire.

Et pendant ce temps à Alep

"Alep, autopsie d'un échec" titre le journal La Croix, avec en une la photo de ce vieil habitant d'Alep, keffieh rouge sur la tête, portant un bébé dans ses bras. Cette même photo fait aussi la une de Libération avec cette question lancinante : "Alep pourquoi a -t-on laissé faire ?"  La réponse est peut-être en une du Parisien-Aujourd'hui en France : "Comment Poutine nous impose sa loi". Dessin hilarant de cynisme de kak en une de L'Opinion, avec Poutine disant à Bachar "Les USA sont paralysés, la Chine et l'Inde s'en foutent". Bachar lui demande "Et l'Europe ?". Poutine lui répond "C'est pas bien de se moquer".

À lire aussi
Syrie: une centaine de cas de suffocation après une attaque aux "gaz toxiques" Alep
Syrie : des cas de suffocation après une attaque aux "gaz toxiques" à Alep

"Les hommes, les femmes, les enfants d'Alep peuvent crever, on ne lèvera pas un petit doigt pour leur venir en aide", s'insurge Laurent Joffrin dans Libération, qui pointe la responsabilité de Barack Obama dans ce "recul planétaire de la sensibilité humaine". C’est aussi ce qu'écrit Le Figaro sous la plume d'Isabelle Lasserre :  "Barack Obama portera sans doute comme une pierre l'agonie d'Alep et la destruction de la Syrie, ce sera la tache noire de son bilan de politique étrangère."

La primaire à gauche, aussi dans la presse

"Le père Noël est très populaire et en plus il revient chaque année. Il est le seul candidat qui peut faire ça et qui est sûr d'être choisi à Noel". Commentaire lâché par François Hollande et repris ce matin dans Le Figaro qui raconte comme le président prépare sa sortie de scène, alors que beaucoup à droite comme à gauche ont déjà rangé le sortant  dans la famille de ceux qui inaugurent les chrysanthèmes. François Hollande a prévu d'observer une diète médiatique jusqu’à ses vœux du 31 décembre. 

Il a demandé à ses conseillers de ne pas se prononcer sur la primaire de la gauche ou alors de quitter le palais. "Il regarde cette foire d'empoigne avec délectation", confie un proche. Sans doute lira -t-il aussi avec délectation l'article que Le Parisien consacre au début de campagne difficile de Manuel Valls. "Il y a un problème de rentrée dans l'atmosphère, mais ça va s'arranger", prédit un de ses proches. Dans son tout nouveau QG du 13e arrondissement, l'ancien Premier ministre a accroché au mur un tableau représentant un Minotaure sortant du dédale. Reste à remonter le bon fil d'Ariane...

Portable et selfie

Ce téléphone sans fil devenu notre fil à la patte, c'est le thème de la revue Le 1, cette semaine. Jamais sans mon smartphone, avec notamment une enquête sur le selfie. Une nouvelle coupe de cheveux ? Selfie. Sur une serviette à la plage ? Selfie. Sur un brancard la jambe cassée ? Selfie, mais avec l'urgentiste aux beaux yeux si possible.

Chaque seconde 1076 égoportraits sont pris à travers le monde. Ce n'est plus un effet de mode, c'est ce qu'on appelle un pic speech, un langage par l'image. Un langage intéressant, car il produit de la médiation, explique un sociologue. Bien que s'envoyer des autoportraits équivaille à s'échanger du vide, la pratique marque une communication forte. On envoie une photo de ses cheveux comme pour dire ça va. "C'est un narcissisme collectif, je n'existe que dans ma relation à l'autre", explique un sociologue.

Alors il y a ceux qui envoient des selfies et ceux qui préfèrent une bonne vieille lettre. Comme cette lettre que publie ce matin Paris-Match. Lettre datée du 13 décembre et reçue par Anne hidalgo et signée... du pape François. Il tient à la remercier pour son engagement dans l'accueil des réfugiés. "Je sais vos initiatives, vos batailles personnelles et les obstacles que vous devez surmonter. C'est pourquoi je souhaite vous exprimer mon admiration et ma gratitude." 

Mais surprise au moment de conclure, on découvre dans cette lettre une drôle de demande du pape à la maire de Paris : "Je vous prie de bien vouloir prier pour moi ou de penser à moi en bien et de m'envoyer une onde positive." Pourvu qu'elle ne lui envoie pas un selfie.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Alep Syrie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants