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L'accord sur le nucléaire iranien en 4 questions

ÉCLAIRAGE - Que prévoit l'accord sur le nucléaire iranien que Donald Trump a décidé de quitter ? L'Iran le respecte-t-il ? Que reprochait Donald Trump à cet accord ? L'Iran en a-t-il profité économiquement ? Autant de questions qui méritent des réponses.

Donald Trump annonçant le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, le 8 mai 2018
Donald Trump annonçant le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, le 8 mai 2018 Crédit : AFP / SAUL LOEB
Éleonore de Marnhac
Éléonore De Marnhac
et AFP

L'annonce, certes attendue, a provoqué un séisme diplomatique mondial. Mardi 8 mai, Donald Trump a officialisé la sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, comme il l'avait promis lors de la campagne présidentielle. 

Signé le 14 juillet 2015 entre l'Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) et l'Allemagne, cet accord prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales imposées à l'Iran. En échange Téhéran doit garantir que l'Iran ne se dotera pas de l'arme atomique. 

Par cet accord, l'Iran s'engage à réduire ses capacités nucléaires (centrifugeuses, stock d'uranium enrichi...) pendant plusieurs années. Le but est de rendre quasiment impossible pour l'Iran la fabrication d'une bombe atomique, tout en assurant à Téhéran, qui dément toute visée militaire, le droit de développer une filière nucléaire civile. 

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1. Que prévoit l'accord ?

Conformément à ce qui est prévu par l'accord, l'Iran a réduit à 5.060 le nombre de ses centrifugeuses en activité servant à enrichir l'uranium (contre 10.200 au moment de la signature de l'accord) et s'engage à ne pas dépasser ce nombre pendant 10 ans

Téhéran a également accepté de modifier son réacteur à eau lourde d'Arak, sous le contrôle de la communauté internationale, de manière à rendre impossible la production de plutonium à usage militaire dans cette installation. 

Selon les termes de l'accord, ces différentes mesures font passer à un an ce que les spécialistes appellent le "breakout time" : le temps qu'il faudrait à Téhéran pour fabriquer une bombe atomique. Au moment de la signature de l'accord, cette durée était estimée à deux ou trois mois.                  

2. Que lui reprochait Trump ?

En octobre 2017, Donald Trump, qu'une loi oblige à se prononcer auprès des parlementaires tous les 90 jours, avait refusé de "certifier" que Téhéran respecte ses engagements. Il lui reprochait notamment de se limiter au nucléaire et de ne pas évoquer les missiles balistiques que l'Iran peut donc continuer à développer. 

Par ailleurs, les ambitions régionales de l'Iran et son ingérence notamment en Syrieau côté du régime de Damas, en Irak, au Liban avec son allié, le Hezbollah, et en partie au Yémen, sont perçus par les Américains comme une démonstration d'agressivité.

3. L'Iran le respecte-t-il ?

À priori, oui. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens, avec des prérogatives considérablement accrues. Ainsi, si Donald Trump estime que cet accord n'est pas efficace, dans son dernier rapport trimestriel, en février, comme dans les précédents, l'AIEA a indiqué que l"Iran respectait ses engagements".

Et la semaine dernière, après des accusations israéliennes faisant état d'un plan nucléaire secret iranien, l'Agence a réitéré n'avoir "aucune indication crédible d'activités en Iran liées au développement d'un engin nucléaire après 2009". 

4. L'Iran en profite-t-il économiquement ?

L'accord est entré en vigueur le 16 janvier 2016, ouvrant la voie à une levée partielle des sanctions internationales contre l'Iran. Nombre d'entre elles ont depuis été levées, ouvrant notamment la porte aux investissements étrangers. 

Par ailleurs, la reprise progressive des exportations de pétrole après trois ans d'embargo a boosté l'économie iranienne dont la croissance a atteint 12.5% en 2016. En 2017, elle s'était un peu essoufflé notamment à cause de la crainte des investisseurs sur la sortie des États-Unis de l'accord. Elle devrait toutefois dépassé les 4% en 2017 et 2018.

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2018-05-09 13:50:00
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