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Kamel Daoud annonce avoir été condamné à trois ans de prison ferme en Algérie pour son roman "Houris"

Le roman, qui lui a valu le prix Goncourt 2024, évoque la guerre civile algérienne. "Dix ans de guerre, près de 200.000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… et un seul coupable : un écrivain", regrette-t-il.

L'écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud lors d'une conférence de presse à Paris, le 11 décembre 2024.

Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Il évoque "un fait unique dans l'histoire algérienne". L'écrivain Kamel Daoud annonce ce mercredi 22 avril avoir été condamné à trois ans de prison ferme en Algérie pour son roman Houris, "en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale".


"Houris", qui désigne dans la foi musulmane les jeunes filles promises au paradis, est un roman sombre se déroulant en partie à Oran sur le destin d'Aube, jeune femme muette depuis qu'un islamiste lui a tranché la gorge le 31 décembre 1999. "Dans un pays qui a voté des lois pour punir quiconque évoque la guerre civile, Aube décide de se rendre dans son village natal, où tout a débuté, et où les morts lui répondront peut-être", résume la présentation du livre.

Il ne peut pas être édité en Algérie car il tombe sous le coup d'une loi interdisant tout ouvrage sur la décennie noire entre 1992 et 2002, qui a fait au moins 200.000 morts, selon des chiffres officiels. "Dix ans de guerre, près de 200.000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… et un seul coupable : un écrivain", réagit Kamel Daoud sur son compte X.

"Exilé par la force des choses"

En novembre 2024, un tribunal algérien avait accepté une première plainte contre l'écrivain et son épouse psychiatre pour avoir dévoilé et utilisé l'histoire d'une patiente pour l'écriture de son roman Houris. Deux recours avaient alors été déposés contre Kamel Daoud et son épouse qui a soigné Saâda Arbane, rescapée d'un massacre pendant la décennie noire de guerre civile en Algérie. Le roman fait également l'objet d'une procédure devant la justice française pour non-respect de la vie privée.

À écouter aussi

En Algérie, "on m'attaque, car je ne suis ni communiste, ni décolonial encarté, ni antifrançais", disait cet "exilé par la force des choses" au Point, le magazine français où il est chroniqueur, en août 2024.

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