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"La France n'est pas très loin d'une mise sous tutelle" : le budget 2027 est-il suffisant face à la crise de la dette ?

Le budget 2027 présenté par le gouvernement se veut celui du "redressement". Derrière cette formule, une réalité plus brutale : retraites gelées, aides au logement freinées, dépenses publiques sous pression. Ces efforts risquent pourtant de ne pas suffire à éviter une crise de confiance sur la dette française.

Le ministère de l'Économie et des Finances dans le quartier de Bercy à Paris. (Illustration)

Crédit : Ludovic Marin / AFP

Le budget potion amère mais pourtant très insuffisante

00:02:23

Le budget potion amère mais pourtant très insuffisante

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Christophe Jakubyszyn - édité par Alexian Giron

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Le projet de loi de finances pour 2027 a été présenté jeudi 1er octobre 2026 par le gouvernement. Manifestement, personne n'est épargnée. C'est le moins qu'on puisse dire. Le gouvernement parle même d'un budget de redressement. Cela fait penser aux maisons de redressement. Ainsi, les retraités qui pensent en être sortis depuis longtemps vont devoir y retourner. 

Concrètement, les retraites au-dessus de 1.260 euros seront ainsi gelées en 2027 et l'abattement de 10% sur les pensions pour le calcul de l'impôt sur le revenu encore revu. Même régime pour les allocations de logement, elles seront tout simplement gelées. Cela vaut pour l'aide personnalisée au logement (APL), l'allocation de logement familial, l'allocation de logement social... Cela concerne 2,7 millions de Français modestes. 

Pour les personnes plus aisées, les APL de leurs enfants étudiants seront supprimées. Ou alors, il faudra choisir entre l'APL et la demi-part supplémentaire de rattachement au foyer parental. Sans parler de la baisse du remboursement de certains médicaments ou du gel du point d'indice dans la fonction publique. 

Malgré les efforts, le déficit sera encore de 5% en 2027

Il s'agit donc de la feuille de route avant les débats parlementaires. Cela représente des efforts importants pour de nombreux Français. Mais ce sera largement insuffisant. Malgré les efforts, le déficit sera encore de 5% en 2027. C'est la sixième fois depuis 2020. Conséquence, nos créanciers commencent à en avoir assez et craignent qu'on ne les rembourse jamais. Ils augmentent donc les taux d'intérêt. 

Le jeudi 1ᵉʳ octobre 2026, le taux d'emprunt de l'État français à 10 ans diminuait. Il a flirté avec les 5%, c'est la première fois depuis 25 ans. Cela signifie que l'argent coûtera de plus en plus cher, y compris notamment pour les crédits immobiliers. Cela signifie également qu'on n'est plus très loin d'une crise financière. 

Le ou la future présidente risque de ne rien décider

Ce vendredi 2 octobre 2026 au matin, la France emprunte à un taux supérieur de 137 points, à celui de l'Allemagne. C'est le plus grand écart depuis la crise de la dette de 2012, avec notre voisin, avec qui, l'Hexagone partage la même monnaie, l'Euro. 

Le risque étant que l'âge du départ à la retraite, le montant des retraites, le niveau des impôts comme la TVA, les réductions d'effectifs dans la fonction publique ou encore les privatisations, ne soient pas le ou la future présidente de la République qui le décide, mais le FMI, la Banque Centrale Européenne ou la Commission Européenne. En clair, à moins d'un sursaut, la France n'est pas très loin d'une mise sous tutelle. 

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