1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Harcèlement scolaire : comment la Finlande lutte contre ce fléau ?
3 min de lecture

Harcèlement scolaire : comment la Finlande lutte contre ce fléau ?

REPORTAGE - En misant sur la prévention, la Finlande a réussi à faire chuter de 40% le nombre de cas de harcèlement dans les écoles.

Le palais présidentiel de Finlande
Le palais présidentiel de Finlande
Crédit : Emmi Korhonen / Lehtikuva / AFP
Comment la Finlande lutte contre le harcélement scolaire
04:23
Pierre Herbulot - édité par Victor Goury-Laffont

Ce jeudi 18 novembre, c'est la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école. Alors que la jeune Dinah, dans le Haut-Rhin, se suicidait il y a deux mois après s'être fait harceler, le gouvernement aujourd'hui à une méthode qui a fait ses preuves : le programme Kiva, développé en Finlande en 2006.

Des gilets jaunes fluo aux quatre coins de la cour de récréation portés par des enseignants et des animateurs pour les rendre bien visibles. Dessus, un logo représentant quatre enfants main dans la main et une mention : "KIVA". C’est le nom de ce programme anti-harcèlement adopté par 90% des établissements scolaires du pays, comme l’école primaire Rayacula à Vantaa, en banlieue d’Helsinki. 

Payebi Viliama, la directrice, garde un œil sur la chorale. Le fondement de la méthode Kiva, explique-t-elle, c’est la prévention : "pour prévenir le harcèlement, on enseigne les compétences sociales, les émotions et surtout l'interaction. Pourquoi on est triste, en colère, comment réagir, ce sont des choses qui s'apprennent. On fait ce type de cours tous les 15 jours, pour tous les élèves."

Un plan obligatoire

Des cours qui sont adaptés à l’âge des enfants. En primaire les élèves vont devoir par exemple reconnaître des cas de harcèlements sur des jeux de cartes. Plus grands, ce sera sur des films voire même des jeux vidéo. Cette sensibilisation est la clé de tout selon Elya Misukka, qui dirige le syndicat Finlandais de l’éducation. "Pour nous, chaque élève doit comprendre qu'il a un rôle à jouer, même ceux qui ne participent pas directement au harcèlement et qui n'en sont pas victimes", explique-t-elle. "Un enfant témoin qui ne dit rien, finalement, est complice du harceleur. C'est ce que nous leur apprenons"

À lire aussi

Mettre en place un plan de lutte contre le harcèlement est une obligation pour chaque école en Finlande. C’est marqué dans la loi. Kiva a démontré son efficacité : les cas baissent de 40% après 9 mois d’utilisation du programme. Une baisse, mais pas une disparition. C’est là que la deuxième phase du programme Kiva entre en jeu : la gestion du harcèlement pour limiter les cas de récidive. 

Une "police de l'école"

Le traitement des cas est très spécifique selon leur gravité. Quand c’est léger, une médiation est organisée entre élèves, avec un enseignant mais pas celui des classes concernées. Les parents sont également prévenus mais pas impliqués pour éviter d’envenimer les débats. Une deuxième réunion a lieu 15 jours plus tard. Pour les cas graves, une unité spéciale des forces de l’ordre est sollicitée, la "police de l’école". 

"Ce sont des policiers qui sont formés et spécialisés. C'est une personne référente dont c'est le métier", explique Matthias Quemener, le directeur des études au lycée franco finlandais d’Helsinki. "Pour nous, les établissements, c'est un soutien important. Ce n'est pas la police vue d'une manière répressive, mais une entité qui connaît les difficultés scolaires"

Bientôt le modèle en France ?

La méthode intéresse la France. À l’université de Turku, 170km à l’Ouest d’Helsinki, berceau du programme Kiva, un colloque est organisé sur les agressions. Celle qui pose les questions, c’est Nathalie Elimas, secrétaire d’État chargée de l’éducation prioritaire. Elle a fait le déplacement jusqu’en Finlande, pour renforcer la stratégie française

"Le travail fait avec la police est intéressant, comme celui sur les compétences émotionnelles, explique-t-elle. Je vais revenir avec ses idées que je veux faire connaître le plus vite possible. Il faut qu'il y ait des actions fortes et immédiates".

Un modèle Finlandais performant mais pas infaillible, notamment face au cyberharcèlement, quasi inexistant a la naissance de Kiva dans les années 2000. Les jeunes finlandais, très indépendants, ont aujourd’hui presque tous un téléphone portable dès l’âge de 7 ans. Mais déjà, un nouveau modèle émerge des terres froides de Laponie à Rovaniemi, encore plus axé sur la prévention et qui fait du harcèlement en ligne son cheval de bataille.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/