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Haïti : une guerre de gangs pousse à l'exil des centaines d'habitants à Port-au-Prince

Des gangs armés ont pris possession du quartier de Martissant au sud-ouest de la capitale ces derniers jours. Les forces de police peinent à ramener l'ordre.

Une voiture de police à Port-au-Prince (illustration)
Une voiture de police à Port-au-Prince (illustration)
Crédit : VALERIE BAERISWYL / AFP
Louis Chahuneau & AFP

La situation est critique à Port-au-Prince, capitale de Haïti, depuis le 1er juin. Des gangs armés s'affrontent dans le quartier de Martissant, dans le sud-ouest de la capitale, forçant des centaines d'habitants à fuir. Ces derniers jours des tirs d'armes automatiques ont résonné et plusieurs maisons ont été incendiées.

"J’ai vu des gens de mon quartier tomber sous les balles. Les assaillants ont incendié ma maison. J’ai dû m’enfuir avec ma belle-fille et son jumeau d’un an et deux mois", a témoigné une habitante du quartier au journal local Le Nouvelliste. "C'est toute la population de Martissant qui ne peut pas rentrer chez elle et qui, par conséquent, est obligée de se réfugier sur les places publiques", a déploré Marie Rosy Auguste Ducéna, de l'association Réseau national de défense des droits humains.

La protection civile a recensé "562 déplacés internes", parmi lesquels 69 enfants et cinq femmes enceintes, réfugiés dans une église d'une commune voisine, précise le communiqué de l'institution qui a aidé à leur "distribuer, ces dernières heures, de la nourriture, de l'eau et des kits d'hygiène".

Des postes de police ont également été attaqués et au moins un policier a trouvé la mort dans ces attaques, comme l'a confirmé le ministre de la Justice Rockfeller Vincent sur Twitter : "J’ai appris avec consternation l’assassinat de l’Inspecteur divisionnaire Adolphe Miradel survenu hier, au poste de Police de Drouillard, en plein exercice. J’adresse mes condoléances à sa famille et à ses frère d’armes. Ce crime ne restera pas impuni." Plusieurs armes de gros calibre ont été dérobées lors de ces attaques.

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Le quartier de Martissant, où les autorités publiques sont peu présentes alors qu'il est situé à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, est aujourd'hui largement contrôlé par des bandes armées. Dimanche 6 juin, le Premier ministre par intérim, Claude Joseph, a sillonné avec la police la 3e circonscription de Port-au-Prince, en proie à la violence, pour tenter de rassurer la population, avec plus ou moins de réussite.

Ce n'est pas la première fois que la capitale d'Haïti est prise en otage par les gangs armés. Située à proximité des États-Unis, l'île est l'un des principaux points de passage de la drogue et 500.000 armes à feu y circuleraient illégalement. Cette guerre de gangs, que les autorités ne parviennent pas à contrôler, se déroule sur fond de résurgence de l'épidémie due à la covid-19 à Haïti. Selon la chaîne de télévision la première, les hôpitaux n'acceptent plus de patients infectés par le coronavirus depuis plusieurs jours à cause de la saturation des services. Le 2 juin, deux millions de doses de vaccin ont été livrées dans l'île.

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