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Guerre en Ukraine : au cœur de la fabrication française des canons Caesar

DOCUMENT RTL - La France a décidé de donner une dizaine de canons Caesar à l’armée ukrainienne, pour se défendre notamment dans le Donbass. RTL est entré dans le site secret-défense de Nexter Systems, l’un des fleurons de l’industrie française de l’armement, à Bourges (Cher), qui les fabrique.

Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges
Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges
Crédit : Crédit : Nexter
RTL Evenement du 16 mai 2022
00:04:41
Julien Fautrat - édité par Thomas Pierre

La canonnerie, où sont assemblés les canons Caesar, est une immense usine en plein centre-ville de Bourges, dans le Cher. Les machines y sont ultra-modernes, les canons ciselés au centième de millimètre et les ouvriers hyper-qualifiés. 

"On rentre vraiment dans la canonnerie", explique le directeur de l’établissement, Laurent Monzauge. C'est là où on fabrique le canon, l'affût, le tube". "L'ébauchée, la pièce initiale pèse environ trois tonnes et lorsque le canon sera terminé, il pèsera une 1,8 tonne", poursuit-il. 

C'est neuf mois de production pour un canon de 155 minimètres. Un objet rare. Il en sort à peine dix par an de l'usine. "Un obus de 155 mm, c'est entre 35 et 40 kilos en fonction de la version et on va l'envoyer à 40 kilomètres. Autant vous dire qu'à cet endroit-là, il y a quelques efforts qui se passent puisqu'au moment du départ de coups, on monte à 7.000 bar." 

Il faut ensuite environ "500 pièces pour faire un canon Caesar avec tout son système", estime Laurent Monzauge.

Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges
Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges
Crédit : Crédit Daniel Lutanie
Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges
Illustration de l'usinage des canons Caesar chez Nexter à Bourges
Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges
Illustration d'un canon Caesar
Illustration d'un canon Caesar
Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges Crédits : Crédit Daniel Lutanie
Illustration de l'usinage des canons Caesar chez Nexter à Bourges Crédits : Crédit : Nexter
Illustration de l'atelier d'assemblage des canons Caesar chez Nexter à Bourges Crédits : Crédit : Nexter
Illustration d'un canon Caesar Crédits : Crédit : Nexter
Illustration d'un canon Caesar Crédits : Crédit : Nexter
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Six obus à la minute

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Le Caesar apporte premièrement de la portée : il tire à 40 kilomètres. C'est une pièce d'artillerie qui est loin du front. Elle n'est donc pas menacée, mais elle a des effets sur le front. Deuxièmement, le canon français apporte de la densité : six obus à la minute sur le champ de bataille. Pour le dire pudiquement, ça "nettoie" environ un hectare en une minute. 

Troisièmement, il apporte de la précision. Quand l'obus est lancé pour aller à 40 kilomètres, il monte au puis redescend sur sa cible. Même si, bien sûr, il traverse une masse d'air qui peut connaître du vent et légèrement dévier l'obus. Enfin, le véhicule est léger, dimensionné pour être transporté dans les avions de l'armée française. Ce Caesar est l’armement principal aujourd’hui, et depuis les années 2000, des régiments d’artillerie. Il coûte environ cinq millions d’Euro.

Un canon très mobile

C'est une histoire de puissance et d'agilité, selon Alexandre Dupuis, ancien militaire qui travaille aujourd'hui chez Nexter. "En fait, quand on tire un obus, en face, il y a de plus en plus souvent des radars qui sont capables de voir l'obus arriver et d'en déduire les coordonnées du point de départ", explique-t-il. "Dès que (les forces ennemies) identifient les coordonnées du point de départ, (elles) identifient de fait la localisation du canon qui devient une cible".

Dès lors, pour ne pas devoir essuyer le feu ennemi, "il faut pouvoir se déplacer dès qu'on a tiré", poursuit  Alexandre Dupuis. "Une des forces du Caesar, c'est qu'étant très mobile, il est mobile à la fois pour se déplacer mais également pour se mettre en position de tir, tirer et dès qu'il a fini ses tirs, quitter sa position de tir et donc quitter l'emplacement qui est susceptible de devenir une cible", détaille-t-il encore. 

Quel intérêt en Ukraine ?

Il faut se figurer six camions en ligne qui tirent six coups par minute, soit 36 coups en une minute. Sur le champ de bataille, RTL avait rencontré le général Trinquant. Voilà, selon lui, l'intérêt d'avoir dans le Donbass aujourd'hui, une telle puissance de feu. 

"Aujourd'hui, les Russes qui étaient vers Izioum et qui voulaient enfermer complètement les forces ukrainiennes n'y arrivent pas", explique-t-il. "Donc ils vont faire de petits encerclements, c'est-à-dire qu'ils vont, poche par poche, entre une rivière et une ville, essayer d'encercler l'armée ukrainienne. Et donc ces pièces d'artillerie, elles peuvent empêcher ces encerclements". 

Quarante soldats ukrainiens sont venus en France. L'armée reste très discrète sur la question. Ils ont été entraînés dans le camp de Canjuers, dans le Var, pour se former à la maîtrise du Caesar. 

Une opportunité pour le Cher

Dans le département du Cher, où se trouvent ces industries de défense, la guerre représente une opportunité pour l'emploi. À Bourges plus particulièrement, où 10.000 emplois dans ce bassin de 100.000 habitants sont liés directement à l'industrie de l'armement. 

"On a, c'est vrai, un marché qui s'ouvre", reconnaît Yann Galut, le maire de Bourges. "Mais rappelons les fondamentaux de ce marché. Celles et ceux qui pensaient que la guerre était terminée, qu'il fallait carrément démanteler l'industrie de l'armement française il y a quelques années, sont aujourd'hui face à une réalité", explique-t-il. "On est partis pour malheureusement, une guerre très longue, mais ça veut dire qu'il va falloir bien sûr en tirer les conséquences". 

"Il y a un avant et un après 24 février", dit le PDG d'un grand groupe de l'industrie de défense, MBDA. Les Français, les Européens, les gouvernements ont conscience que, probablement, la guerre à haute intensité est de retour, et que toute une région, le Centre Centre-Val de Loire, peut, malgré les circonstances, en tirer profit. 

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