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Facebook a transmis à la police américaine les messages d'une femme accusée d'avortement illégal

VU DANS LA PRESSE - Au Nebraska, une jeune américaine est accusée d'enlèvement, dissimulation et abandon d'un corps humain, après un avortement illégal. Facebook a transmis ses conversations privées après une réquisition des autorités.

Le capitole, à Washington aux États-Unis
Le capitole, à Washington aux États-Unis
Crédit : Samuel Corum / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Robinson Hollanders

Au Nebraska, il est interdit d'avorter après 20 semaines de grossesses. Céleste Burgess, une jeune Américaine de 17 ans, avec la complicité de sa mère, Jessica Burgess, a décidé d'avorter à la 28ème semaine de sa grossesse. Elles sont désormais poursuivies par les autorités de l'Etat. Si ces accusations ont pu être portées, c'est avec la complicité de Facebook, qui a transmis aux autorités les conversations privées de la jeune fille, sur la base d'un mandat de perquisition. 

La mère, Jessica Burgess, 41 ans, est accusée de trois crimes, "pratiquer / tenter un avortement à plus de 20 semaines, pratiquer un avortement par un médecin non agréé et retirer / dissimuler un corps humain mort" comme le rappelle le site Vice qui a révélé les conversations privées transmises par Facebook. Céleste Burgess est accusé du crime d'enlèvements / dissimulation / abandon d'un corps humain mort et de deux délits : dissimulation de la mort d'une autre personne et fausse déclaration. 

"Tu te souviens on brûle les preuves"

C'est un détective de police de leur ville, Norfolk, qui a initié l'enquête fin avril. Le policier a débuté l'enquête suite à renseignement, comme le révèle le Lincoln Journal Star. La mère et la fille, avec la complicité présumée d'un homme de 22 ans, auraient brûlé la dépouille à quelques kilomètres au nord de la ville avant de l'enterrer. Elles auraient déclaré aux autorités avoir voulu cacher le corps suite à un accouchement inattendu de son bébé mort. 

Plus tard, après réception d'un mandat de perquisition envoyé par la police, Facebook livrera de nombreuses informations, notamment les conversations privées permettant de prouver le caractère intentionnel de l'avortement. Dans les conversations, on peut notamment y lire un message de Céleste à sa mère "tu te souviens, on brûle les preuves". 

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Un porte-parole de Facebook a répondu aux accusations en expliquant que dans le mandat d'arrêt, il n'était pas question d'avortement, mais "d'accusations liées à une enquête criminelle", sur l'enquête "d'un bébé mort-né qui a été brûlé et enterré, et non sur une décision d'avorter." 

Les conversations ne sont pas chiffrées par défaut sur Facebook

L'affaire a une résonance particulière dans un contexte particulièrement tendu depuis que la Cour suprême a révoqué le droit à l'avortement sur le sol américain. Elle met en lumière les obligations des plateformes vis-à-vis des autorités américaines et pourrait constituer un précédent important dans les États où le droit à l'avortement est supprimé ou sur le grill. 

Elle est aussi une nouvelle occasion de souligner la politique de confidentialité à deux vitesses de Meta, qui propose le chiffrement par défaut des conversations sur la messagerie WhatsApp - ce qui signifie qu'aucun tiers ne peut accéder aux informations, même sur une réquisition des autorités - mais pas sur Messenger, où les échanges sont par défaut conservés sur les serveurs de Facebook si l'utilisateur ne fait pas la démarche d'activer les conversations privées dans l'application. 

La fuite d'un document de travail du FBI publié par le magazine Rolling Stones l'an passé avait révélé la liste des applications les moins enclines à fournir des informations aux autorités dans le cadre de procédures. Les moins permisses étaient Signal et Telegram, tandis que WhatsApp apparaissait susceptible de livrer le détail de communications privées lorsqu'elles sont archivées dans le cloud.

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