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Fabrice Aidan, le diplomate français cité dans les dossiers Epstein "conteste l'entièreté des accusations" contre lui

Selon son avocat, Fabrice Aidan dont le nom est apparu plus de 200 fois dans les millions de documents révélés par la Justice américaine, a "contesté l'entièreté des accusations" contre lui ce mercredi 11 février.

Le diplomate français Fabrice Aidan a été cité à plusieurs reprises dans les millions de documents révélés par la justice américaine.

Crédit : Véronique Tournier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

AFP & Yasmine Boutaba

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Le diplomate français, Fabrice Aidan, cité à plusieurs reprises dans les fichiers Epstein et visé par une enquête américaine pour consultation d'images pédopornographiques "conteste l'entièreté des accusations portées à son encontre", a affirmé ce mercredi 11 février son avocate dans un communiqué transmis à l'AFP. 

"Ce qui a pu être indiqué sur des prétendus faits de 2013 est totalement et purement faux. Il n'y a jamais eu la moindre consultation de sites à caractère pédopornographique. Le FBI a déjà enquêté sans qu'aucune poursuite n'ait jamais été engagée et les investigations menées en France sont arrivées à la même conclusion", écrit Me Jade Dousselin, en précisant que son client, Fabrice Aidan, "se tient à l'entière disposition de la justice pour répondre à ses questions". 

Un ministre "effaré" et une procédure enclenchée

Invité dans la matinale de RTL ce mercredi 11 février, Jean-Noël Barrot a assuré avoir découvert seulement ce mercredi 10 février l’existence de ces éléments, qui l’"indignent personnellement". "Quand j’ai pris connaissance de ces informations, j’ai été effaré et j’ai fait ce que chacun aurait fait à ma place", a-t-il déclaré, expliquant avoir signalé les faits à la justice et ordonné l’ouverture d’une enquête administrative assortie d’une procédure disciplinaire.

Le chef de la diplomatie française a indiqué attendre "des éléments étayés par l’enquête administrative" concernant l’enquête du FBI visant Fabrice Aidan en 2013, révélée par 20 Minutes et Mediapart. Il a par ailleurs défendu l’institution, appelant à ne pas "laisser entendre que cela éclabousserait les agents du ministère des Affaires étrangères".

Plus de 200 mentions dans les fichiers Epstein

La simple mention du nom d’une personne dans les dossiers Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori. Mais les documents rendus publics montrent, à tout le moins, des liens entre Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités citées.

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Selon des documents consultés par l’AFP, le nom de Fabrice Aidan est apparu plus de 200 fois dans des échanges avec le financier américain, dont les premiers remontent à 2010. À l’époque, il travaillait aux Nations unies, détaché par la France, et collaborait avec le diplomate norvégien Terje Rød-Larsen.
Ce dernier et son épouse Mona Juul font l’objet d’une enquête ouverte en Norvège respectivement pour "complicité de corruption aggravée" et "corruption aggravée", en raison de leurs liens avec Jeffrey Epstein, après la publication fin janvier de millions de nouveaux documents par la Justice américaine.

Fabrice Aidan, "secrétaire des Affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles" selon Jean-Noël Barrot, exerçait récemment au sein du groupe énergétique Engie, qui a annoncé ce mardi 10 février au soir à l’AFP l’avoir suspendu.

Une enquête du FBI en 2013

Un courriel de 2016 a particulièrement attiré l’attention : Jeffrey Epstein y a envoyé à Fabrice Aidan et à Terje Rød-Larsen un lien vers un article de blog intitulé Un scandale de pédophilie étouffé par le Quai d’Orsay. Le billet a renvoyé à un article du Journal du Dimanche (JDD) évoquant, sans le nommer, un diplomate français à l’ONU visé par une enquête du FBI pour consultation d’images pédopornographiques et qui aurait ensuite été renvoyé en France.

L’ancien représentant permanent de la France aux Nations unies entre 2009 et 2014, Gérard Araud, a confirmé à l’AFP avoir été informé à l’époque par le service de sécurité de l’ONU qu’un rapport du FBI indiquait que M. Aidan avait accédé à des sites pédopornographiques. Ce document faisait état d’une "liste de consultations, avec les horaires, les jours" et mentionnait des "consultations répétées".

"J’ai tout de suite appelé Paris et ordonné le renvoi de M. Aidan en France", a déclaré Gérard Araud. "Il n’a pas été exfiltré, il a été renvoyé en France pour être traité à la fois légalement et psychologiquement par le ministère des Affaires étrangères", a-t-il ajouté, précisant ignorer les suites données à l’époque.
Selon Mediapart, citant un porte-parole du Quai d’Orsay, aucune charge n’ayant été retenue par la justice américaine, aucune sanction n’avait alors été envisagée en France. Contacté par l’AFP, le ministère n’a pas fourni davantage de précisions.

Des liens étroits et des flux financiers évoqués

Entre 2018 et 2022, Fabrice Aidan aurait également travaillé à l’Unesco dans le cadre d’une mise à disposition par le Quai d’Orsay, un poste lui conférant une immunité diplomatique, selon une source ayant connaissance du dossier.

Les correspondances publiées dans les derniers fichiers Epstein ont révélé des échanges réguliers et étroits entre le financier et le diplomate, ce dernier lui transmettant notamment des documents et rapports onusiens. Certains mails ont aussi évoqué des questions financières. En 2014, il a ainsi été
question d’un possible achat par Jeffrey Epstein, pour plus de 27.000 dollars, d’un livre coécrit par Fabrice Aidan et Terje Rød-Larsen sur le conflit israélo-arabe. Un autre courriel, daté de décembre 2015, a mentionné un virement de 250.000 dollars sur le compte de Terje Rød-Larsen, dont les coordonnées bancaires sont transmises via Fabrice Aidan.

Le comportement du diplomate a également marqué certains de ses collègues. Une source diplomatique interrogée par l’AFP évoque une "personnalité étrange, très insistante et intrusive, quelqu’un qui faisait beaucoup d’entrisme et se prévalait de relations qu’il n’avait pas vraiment pour pénétrer certains cercles diplomatiques".

L’enquête administrative ouverte par le ministère des Affaires étrangères doit désormais déterminer les suites disciplinaires éventuelles, tandis que la justice est saisie pour examiner les faits.

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