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États-Unis : qui est Gina Haspel, la controversée nouvelle patronne de la CIA ?

ÉCLAIRAGE - L'ancienne numéro 2 du service de renseignement américain aurait contribué à mettre en place, après le 11 septembre 2001, des prisons secrètes où des méthodes de torture étaient employées.

Un drapeau américain (Illustration)
Un drapeau américain (Illustration) Crédit : AFP / Archives, MANDEL NGAN
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
et AFP

Pour la première fois de l'histoire, une femme prend les rênes du renseignement américain. Gina Haspel, 61 ans, a été nommée mardi 13 mars à la tête de la CIA. Décriée pour avoir diligenté des opérations clandestines dans les prisons secrètes où des détenus étaient torturés, elle pourrait voir sa tâche se compliquer pour diriger l'une des plus grandes agences de renseignement du monde.

Gina Haspel succède à Mike Pompeo, que Donald Trump a nommé chef de sa diplomatie ce mardi 13 mars, après le limogeage sans ménagement de Rex Tillerson. Espionne très expérimentée dans les opérations clandestines, Gina Haspel a rejoint la CIA en 1985 et servi dans plusieurs endroits du monde, notamment à Londres à la fin des années 2000. "Gina est une espionne exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de 30 ans d'expérience dans l'agence", déclarait Mike Pompeo en la nommant numéro 2 de l'agence en 2017.

Trois anciens directeurs de la CIA et d'autres responsables, dont James Clapper, ancien directeur du renseignement américain, avaient apporté leur soutien à Gina Haspel. En revanche, deux sénateurs démocrates avaient fait part de leurs réserves sur sa nomination dans une lettre au président Donald Trump. "Son parcours fait qu'elle n'est pas adaptée pour ce poste", estimaient Ron Wyden et Martin Heinrich.

Des techniques "d'interrogatoire poussé"

Nommée en 2013 à la tête du Service national clandestin de la CIA, Gina Haspel avait été remplacée après seulement quelques semaines, apparemment en raison de doutes sur sa responsabilité dans la mise en place après le 11 septembre 2001 de prisons secrètes à l'étranger, où des méthodes comme la simulation de noyade, assimilée à de la torture, étaient employées pour interroger les suspects. 

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Un suspect de terrorisme avait subi successivement 83 supplices de la baignoire, une torture dont Donald Trump a dit à plusieurs reprises pendant la présidentielle américaine qu’il souhaitait la rétablir. Le président américain n'a jamais procédé à ce rétablissement car le patron du Pentagone s'y oppose.

Le Washington Post affirmait également, à l'époque, que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques "d'interrogatoire poussé" appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande. Les avocats de ces détenus membres présumés d'Al-Qaïda souhaitaient récupérer ces vidéos pour les présenter devant les tribunaux. 

Un rapport secret sur ce programme de tortures de la CIA a été réalisé en 2014 par la commission du Renseignement du Sénat, mais le président actuel de cette commission, un Républicain, tente depuis plusieurs mois d'en rassembler les copies, assurant vouloir éviter des fuites.

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