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États-Unis : la nouvelle boss de la CIA opposée à la torture

Nommée par Donald Trump, Gina Haspel a annoncé que l'agence renoncera au programme d'interrogatoires poussés introduit après le 11 septembre.

Gina Haspel devant le Sénat américain
Gina Haspel devant le Sénat américain Crédit : ALEX BRANDON / POOL / AFP
Caroline Drzewinski
Caroline Drzewinski
et AFP

Une volte-face inattendue. Reçue mercredi 9 mai par le Congrès américain, Gina Haspel a déclaré que la CIA ne reprendra pas le programme d'interrogatoires poussés, assimilés à de la torture. Et ce même si le président le lui ordonnait. 

"Je peux vous assurer de mon engagement personnel et sans réserve, que sous ma direction la CIA ne reprendra pas un tel programme de détention et d'interrogatoire (...). Mon code moral est solide. Je ne permettrais pas à la CIA de poursuivre des activités que j'estimerais immorales, même si elles étaient techniquement légales", a-t-elle assuré à la commission sénatoriale du renseignement, chargé de valider sa candidature. 

Introduit après les attentats du 11 septembre 2001, ce programme s'appuie sur l'utilisation de techniques d'interrogation coercitives comme les simulacres de noyade ("waterboarding"), illégales selon le code militaire. Utilisées dans les prisons secrètes de l'agence, elles étaient "autorisées par les plus hautes autorités judiciaires et aussi par le président" George W. Bush avant d'être bannies par Barack Obama

Des accusations de recours à la torture

"Nous étions chargés de nous assurer que le pays ne soit plus attaqué (...). Mes collègues et moi au sein de l'antiterrorisme avons travaillé aussi dur que possible avec les outils à notre disposition pour nous assurer que notre mission serait couronnée de succès", a souligné la numéro deux de la CIA. Elle a toutefois défendu ce programme, assurant qu'il avait fourni "des informations de valeur" pour empêcher d'autres attentats

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Âgée de 61 ans, Gina Haspel a fait valoir son impressionnante carrière au sein de services clandestins de la CIA, qu'elle dit connaître "sur le bout des doigts". Elle avait été nommée directrice adjointe des opérations clandestines mondiales, puis directrice-adjointe de la CIA en 2017. 

Seule ombre au tableau : Gina Haspel a supervisé en 2002 un centre de détention clandestin en Thaïlande. Une prison secrète où les détenus soupçonnés d’appartenir à Al-Qaïda étaient torturés, comme l'attestaient des enregistrements détruits depuis. Interrogée sur la question, elle a mis en avant sa "boussole morale" qui lui permet de "distinguer le bien et le mal". 

Soutenue par Donald Trump

Soutenue par la communauté du renseignement, Gina Haspel bénéfie du soutien indéfectible de Donald Trump. Dans un tweet, le président américain a affirmé qu'elle est "sous le feu des critiques parce qu'elle a été trop dure avec les Terroristes. Dire que, dans des temps aussi dangereux, nous avons la personne la plus qualifiée, une femme, dont les Démocrates ne veulent pas parce qu'elle est trop dure contre le terrorisme". 

D'après les informations du Washington Post, Donald Trump l'aurait même pousser à ne pas retirer sa candidature à la tête de l'agence. Bien que sa protégée affirme que "la torture ne marche pas"le président américain, lui, a souvent plaidé pour l'utilisation de méthodes d'interrogatoire poussées. Interrogé le 25 janvier par la chaîne ABC, le milliardaire a soutenu qu'il avait "parlé à d’autres personnes du renseignement, et ils croient beaucoup par exemple au simulacre de noyade, parce qu’ils disent que ça marche, ça marche". 

Bénéficiant de la majorité des Républicains au sénat, Gina Hasley a peiné à convaincre certains membres démocrates ou affiliés, sceptiques sur sa capacité à accomplir sa mission en toute indépendance. La décision de la commission pourrait être annoncée la semaine prochaine.

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