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États-Unis : Bill Clinton critiqué pour ses commentaires sur Monica Lewinsky

Vingt ans après, l'ancien président Bill Clinton ne regrette rien de sa gestion de l'affaire Monica Lewinsky, malgré le #MeToo, ce qui lui a valu une pluie de critiques.

L'ancien président des États-unis Bill Clinton, mardi 24 septembre
L'ancien président des États-unis Bill Clinton, mardi 24 septembre Crédit : AFP / Mehdi Taamallah
Martin Planques
Martin Planques et AFP

Ce qui devait être une paisible tournée de promotion pour la sortie du premier roman de Bill Clinton, "The President is Missing" (Le président a disparu) s'est transformé en polémique nationale à la faveur d'une interview diffusée par la chaîne NBC. Vingt ans après le scandale autour de sa relation extra-conjugale avec Monica Levinsky, l'ancien président américain ne regrette rien de sa gestion de l'affaire, malgré le #MeToo, ce qui lui a valu lundi une pluie de critiques.

Interrogé sur Monica Lewinsky, qui fut son amante en 1995 et 1996 alors qu'elle était stagiaire à la Maison Blanche, Bill Clinton a ainsi révélé ne jamais s'être excusé personnellement auprès d'elle et ne pas avoir l'intention de le faire. En février, Monica Lewinsky a écrit un témoignage, publié dans le magazine Vanity Fair, expliquant notamment qu'elle avait souffert de stress post-traumatique, lié à la médiatisation de sa liaison et à l'enquête du procureur spécial Kenneth Starr. 

Après avoir longtemps affirmé que la relation était consentie, elle a expliqué que sa jeunesse à l'époque (22 ans) et la différence de statut entre elle et Bill Clinton, rendaient l'idée même du consentement "discutable"

Bill Clinton pas totalement conquis par le mouvement #MeToo

"J'ai dit plus d'une fois publiquement que j'étais désolé", a déclaré Bill Clinton, visiblement mal à l'aise alors qu'il est communément considéré comme un tribun d'exception. "C'est très différent. Les excuses étaient publiques". 

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"Ca fait 20 ans, allons!" a dit James Patterson, co-auteur du livre, présent avec Bill Clinton pour l'interview, pour tenter de couper court. "Parlons de JFK. Parlons de LBJ", en référence aux anciens présidents John F. Kennedy et Lyndon B. Johnson, connus pour avoir eu de nombreuses liaisons extra-maritales.

"J'apprécie le mouvement #MeToo", a néanmoins déclaré le démocrate de 71 ans, estimant même qu'il "aurait dû arriver avant". Pour autant, "cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec tout. Je m'interroge sur certaines décisions qui ont été prises", a-t-il ajouté, sans plus de précisions. Lors de l'entretien, Bill Clinton a affirmé que, s'il avait été président aujourd'hui, en pleine ère #MeToo, il n'aurait pas réagi différemment à la révélation de sa liaison et aux accusations de l'époque, qui l'avaient mené tout près de la destitution. 

Un personnage toujours controversé en 2018

"Personne ne pense que je m'en suis sorti indemne. J'ai quitté la Maison Blanche avec 16 millions de dollars de dettes", a déclaré celui qui fut chef de l'État de 1993 à 2001, vraisemblablement en référence aux frais de justice qu'il a dû engager pour sa défense, même s'il ne le précise pas. Dans un tweet ironique, Donald Trump Jr, fils du président actuel, a salué les déclarations de Bill Clinton, "le premier homme à se poser en victime pour ses actions contre les femmes. Osé! Stupide... mais osé!!!" 

Bill Clinton, un ancien avocat, a également été tancé pour s'être présenté, durant l'interview, comme un acteur de l'avancement des femmes dans le milieu professionnel. Il a notamment rappelé qu'il avait mis en place des règles anti-harcèlement lorsqu'il était gouverneur de l'Arkansas (sud), durant les années 80. "Bill Clinton est précisément l'une des raisons pour lesquelles nous avons besoin du #MeToo", a commenté la journaliste et éditorialiste Courtney Enlow, également sur Twitter, où le mari d'Hillary Clinton était vertement critiqué. 

Nul n'a mentionné durant l'interview l'action en justice intentée par Paula Jones en 1994 pour des faits supposés de harcèlement sexuel remontant à 1991. En 1998, l'ancienne employée de l'Etat d'Arkansas avait renoncé à son action en échange du versement de 850.000 dollars par celui qui était alors président des États-Unis. 

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