2 min de lecture Espionnage américain

Espionnage américain : la France aurait aussi écouté des communications

Ce programme secret a été mis en place par Nicolas Sarkozy et légalisé par François Hollande, avec la complicité de la DGSE et de grandes entreprises françaises, selon "L'Obs".

François Hollande le 20 mars 2015 à Bruxelles (archive).
François Hollande le 20 mars 2015 à Bruxelles (archive). Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Selon L'Obs, tout cela "explique la surprenante modération (de Nicolas Sarkozy et François Hollande) après la révélation de leur mise sur écoute par la NSA (services secrets américains)". La France, cible d'écoutes américaines, espionnerait elle-même les communications entre l'Europe et le reste du monde transitant par les câbles sous-marins, affirme l'hebdomadaire ce mercredi 1er juillet. 

Début 2008, le président Nicolas Sarkozy a autorisé les services secrets de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à installer des stations clandestines sur les côtes françaises, pour "écouter" les câbles sous-marins, selon L'Obs, qui cite des "témoignages anonymes de plusieurs responsables actuels et passés". Son successeur François Hollande a ensuite autorisé la DGSE à étendre ses opérations et légalisé discrètement ces pratiques, via la toute nouvelle loi sur le renseignement, adoptée le 24 juin. 

Complicité d'Orange et Alcatel-Lucent

Un plan de 700 millions d’euros sur cinq ans (2008-2013) a été lancé par le service secret pour installer des stations d’interceptions à l’arrivée des câbles en France, notamment à Marseille, Penmarch (Finistère) et Saint-Valéry-en-Caux (Haute-Normandie), selon l'hebdomadaire. Ces écoutes se sont faites avec la complicité de grandes entreprises françaises. "Au moins cinq câbles majeurs ont été mis sur écoute pendant cette période avec l’aide de l’opérateur Orange et du groupe Alcatel-Lucent dont le TAT14 vers les États-Unis, le I-Me We vers l’Inde, le Sea-Me-We 4 vers l’Asie du Sud-Est et le ACE vers l'Afrique de l’Ouest", détaille L'Obs. La DGSE a aussi passé un accord secret de coopération avec le service de renseignement britannique GCHQ, dans le cadre du traité de défense de Lancaster House, signé en 2010 par Nicolas Sarkozy et le Premier ministre David Cameron

Les trois derniers présidents français ont été espionnés par les États-Unis, au moins de 2006 à 2012, selon des documents de WikiLeaks publiés le 24 juin par le site Mediapart et le quotidien LibérationLes services secrets américains ont aussi écouté deux ministres successifs de l'Économie - François Baroin et Pierre Moscovici - et pratiqué l'espionnage économique en France, selon plusieurs documents obtenus par Wikileaks et rendus publics soir par Libération et Médiapart.

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